VII
nompareils; espérant que par la publicque invocation de son secours nous obtiendrons la fin de tant d'afflictions, de pestes et tempestes, desquelles, depuis quelques années, il a pieu à Dieu de visiter ce peuple.
Vostre Altesse, Monseigneur, a pour le partage de la splendeur héréditaire et tousjours croissante de sa serenissime origine, la gloire des œuvres de sa douce et immortelle pieté : et pour cela, comme elle est l'un des fleurons de la couronne de Monseigneur son père, elle est aussi l'une des plus précieuses colomnes du temple de Dieu le Père éternel.
Donc, pour l'une et l'autre qualitez, je prens la confiance d'implorer la bonté de Vostre Altesse en toutes les occurrences qui regardent les aflaires de la saincte religion catholique, entre lesquelles celle de l'ampUfication de ces bons Pères Barnabites , et le restabUssement du service divin en tous les monastères de deçà estant l'un des plus importans, jele recommande tres-humblement au zèle de Vostre Altesse, à laquelle je fay tres-humblement révérence, ne cessant point de luy souhaitter le comble des faveurs célestes; et demeure. Monseigneur, vostre, eic.
S. François de Sales, à M. Jean- François de Sales, son frère, alors chanoine de la cathédrale de Sainct-Pierre de Genève (1).
Le Sainct luy annonce qu'il l'a choisy pour estre son grand-vicaire.
Thonon , 8 septembre 1615.
J'ay regretté dés hier au soir la perte que nous avons faite, mon cher frère, de nostre bon Monsieur le vicaire ; car j'en sçeus la nouvelle par une lettre de Monsieur le premier président. L'amitié fraternelle que ce pauvre defîunct nous portoit à tous , m'obligera à jamais de chérir et honnorer sa mémoire, et de prier souvent pour son âme, comme j'ay fait dés aujourd'huy. Il y a long-tems que je prevoyois cest accident , en la mauvaise conduitte qu'il tenoit pour sa santé, et ayant pensé, depuis que
(1) M. Jean-François de Sales, frère du saint évéque, qui était d'une humeur austère, se jeta dans l'ordre des Capucins, et porta leur habit plus de dix mois ; mais sa santé ne lui permit pas d'y rester. En étant sorti , il fut fait chanoine de Saint-Pierre de Genève. Puis S. François de Sales le nomma son grand-vicaire.
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j'ay sçeu plus particulièrement qu'il estoit en estât de nous quitter bientost, qui je pourrois rendre successeur en sa charge; enfin, après plusieurs considérations, j'ay résolu de vous y appeller, et ce seul motif vous suffira pour Taccepter, et à tout le monde pour l'approuver, que de ceste charge despend une grande partie du bien de ce diocèse et de mon honneur, dont vostre proximité vous pressera d'avoir plus de soing et de jalousie que nul autre n'en sçauroit prendre; ny vous ne devez pas alléguer au contraire que vous n'avez pas la cognoissance des choses des procez, car c'est la moindre des fonctions du grand- vicaire , et pour le bon succez de laquelle il suffit qu'il aytde la vigilance et du zèle, pour faire que les autres officiers fassent bien leurs devoirs, et qu'il establisse un bon substitut et des bons assesseurs. Mais de cela, nous en parlerons à mon retour, Dieu aydant : cependant, faites pour moy comme si desjà vous estiez establi , et sera bon de mettre la cure de Boussi au concours au plus tost. Je pense partir d'aujourd'huy en huict jours, et d'arrester trois ou quatre jours en chemin, estant prié par Monsieur d'Angeville de passer à la Roche, pour voir certain différend qu'il a avec ses chanoines.
La contagion ne fait nul progrez, grâces à Nostre-Seigneur, sinon dans Genève, où elle moissonne rudement. Dieu vous bénisse et je suis tout en luy vostre, etc.