‹ Œuvres complètes de Saint-François de Sales (volume 3)Chapitre 41 sur 185 · CCCLVIII · texte numérisé non relu

CCCLVIII

S. François de Sales , au cardinal de Saincte-Suzanne,

Mesme subjét.

Tarin, 21 juin 1622.

Monseigneur Illustrissime, puisque je cognois Taffection particulière dont le sainct zèle de Vostre Seigneurie Illustrissime a tousjours embrassé et procuré les interests et Tadvancement de la Congrégation des Pères Feuillans, il m'a semblé estre de mon devoir de luy donner advis sur le succez de leur dernier Chapitre gênerai, auquel, comme sçayt Vostre Seigneurie Illustrissime^ Sa Saincteté m'a donné ordre d'assister en qualité de président.

J'asseure donc Vostre Seigneurie Illustrissime que toutes choses s'y sont passées avec une si estroicte unyon d'esprit, de paix et de pieté, que ces nobles qualitez n'y pou voient pas estre désirées en un plus excellent degré; de sorte que je puis dire ma présence y avoir esté inutile, n'ayant eu autre exercice pendant cest employ, sinon de gouster en moy-mesme la douceur et la consolation , en la veuë de tant de modestie et de tant de vertu.

Le gênerai a esté eslu avec un tres-general consentement de tous : car de trente-cinq suffrages, les trente luy ont esté donnez; et quand son eslection a esté publiée, l'approbation de tous a esté recogneuë dans la commune allégresse qu'ils ont tesmoignée.

Et pour moy, je ne trouve en tout cecy qu'une chose à redire : c'est qu'il me semble que ce n'est pas un détriment de peu d'importance au public, qu'un personnage d'une condition si eminente, et qui a escrit tres-elegamraent pour le service de l'Eglise, se trouve neantmoins maintenant occupé es affaires qu'apporte la charge et la supériorité qu'on luy a imposée; encore que ceste charge soit sur des personnes religieuses, et qui font profession de la perfection monastique : car il me semble que luy ayant réussi d'escrire avec l'heur et la grâce qu'on remarque es traductions du grec en latin et en françois

qu'il a données au public, et en réfutant les hérésies de ce tems, il ponvoit rendre un plus grand et plus important service à la saincte Eglise, en la continuation de cesl employ. Toutesfois, puisque la divine Providence l'a ainsi ordonné, il est à espérer qu'elle se veut servir de sa promotion au generalat, pour faire reiissir par "ce moyen quelque grand fruict à son Ordre et à la saincte Eglise catholique. Je bayse les mains de Vostre Seigneurie Illustrissime avec une trcs-profonde révérence, et souhaitle de Dieu en sa faveur toute sorte de saincte félicité, comme estant. Monseigneur Illustrissime , voslre tres-humble, etc.

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