‹ Œuvres complètes de Saint-François de Sales (volume 3)Chapitre 57 sur 185 · CD · texte numérisé non relu

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S. François de Sales, à Madame de Chantai.

L'hiimlllW est ta vorlu propro aux ïcufïea ; en ijuo)' alla toneira. — AppllcaHnn et pmttfqne. — IL Ml itBi- utile de méditer bdt II vId ec te xaon de ï^oalre Seigueur. — Remède uu lenutloiu coDtrB U fa;. — Adyla car l'eierclce dei TerCii».

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Mon Dieu! que j'ay de cœur et de passion au service de vostre esprit 1 Vous ne le sçauriez assez croire, ma chère sœur : je m'en Ireuve tant, que cela seul suffit pour me persuader que c'est de la part de Nostre Seigneur; car il n'est pas possible, ce me semble, que tout lemonde ensemblem'en peust tant donner; au moins je n'en ay jamais tant apperceu chez luy.

C'estaujourd'huy la Feste de tous les Saincts ; et faysant l'ofiice à nos matines solemnelles, voyant que Nostre Seigneur commence les béatitudes par la pauvreté d'esprit, que S. Augustin interpreste de la saincte et tres-desirable vertu d'humilité, je

11] Chaloir, iinportt'i-. — [i) Les filles de Madonie de Chanlal.

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me suis ressouveau que vous m'aviez demandé que je vous envoyasse quelque chose d'icelle; et il m'est ad vis que je ne l'ay pas fait dans ma dernière lettre, quoyque bien ample, et peutestre trop longue. Sur cela Dieu m'a donné tant de choses pour vous venir escrire , que, si j'avois assez de loysir, il m'est ad vis que je dirois merveilles.

Premièrement, ma chère sœur, il m'est venu en mémoire que les docteurs donnent aux veufves pour leur propre vertu la saincte humilité : les Vierges ont la leur, après les Martyrs, les Docteurs et les Pasteurs, chacun la sienne, comme l'ordre de leur chevalerie : et tous doivent avoir eu l'humilité, car ils rCaurotent pas eUé exaltez s' ils nese fussent humiliez (Luc. 14). Mais aux veufves appartient surtout l'humilité ; car qui peut enfler la veufve d'orgueil? elle n'a plus son intégrité (laquelle neantmoins peut estre contre-eschangée par une grande humilité viduale, cela est bien mieux, d'estre veufve avec force huyle en lampe, en ne désirant rien que l'humilité avec charité, que d'estre vierge sans huyle, ou avec peu d'huyle), ny ce qui donne le plus haut prix à ce sexe selon l'estime du monde; elle n'a plus son mary, qui estoit son honneur, et duquel elle à prins le nom. Que luy reste-t-il plus pour se glorifier, sinon Dieu! 0 bienheureu3e gloire ! ô couronne précieuse ! Au jardin de l'Eglise , les veufves sont comparées aux violettes, petites fleurs et basses, de couleur non guère esclatante, ny d'odeur trop picquante, mais souëfves à merveille. 0 que c'est une belle fleur, que la veufve chrestienne, petite et basse par humihté! Elle n'est guère esclatante aux yeux du monde; car elle les fuit, et ne se pare plus pour les attirer sur soy : et pourquoy desireroit-elle les yeux de ceux de qui elle ne désire plus le cœur?

L'Apostre commande à son cher disciple qu'il honnore les veufves qui sont vray entent veufves (ii. Tim. 5). Mais quelles sont ces vrayes veufves, sinon celles qui le sont de cœur et d'esprit; c'est-à-dire, qui n'ont leur cœur maryé à aucune créature? Nostre Seigneur ne dit pas aujourd'huy : Bien-heureux ceux qui sont nets de corps, mais de cœur, et ne loue pas les pauvres, mais les pauvres d'esprit. Les veufves sont honnorables quand elles sont veufves de cœur et d'esprit; qu'est-ce à dire, veufve, sinon destituée et privée, c'est-à-dire, misérable, pauvre et chetive? Celles donc qui sont pauvres, misérables et chetivesen leur esprit et en leur cœur, sont louables. Tout cela veut dire, celles qui sont humbles , desquelles Nostre-Seigneur est le protecteur.

Mais qu'est-ce que l'humilité? Est-ce la cognoissance de ceste misère et pauvreté? Ouy, dit nostre sainct Bernard; mais c'est Thumilité morale et humaine. Qu'est-ce donc que l'humilité chrestienne? c'est l'amour de ceste pauvreté et abjection en contemplation de celle de Nostre Seigneur. Cognoissez-vous que vous estes une pauvre chetive veufve? aymez ceste chetive condition , glorifiez-vous de n'estre rien ; soyez-en bien ayse, puisque vostre misère sert d'object à la bonté de Dieu pour exercer sa miséricorde.

Entre les gueux, ceux qui sont les plus misérables, et desquels les playes sont plus grandes et effroyables, se tiennent pour les meilleurs gueux, et plus propres à attirer l'aumosne : nous ne sommes que des gueux; les plus misérables sont de meilleure condition; la miséricorde de Dieu les regarde volontiers.

Flumilions-nous, je vous supplie, et ne preschons que nos playes et misères à la porte du temple de la pieté divine; mais ressouvenez-vous de les prescher avec joye, vous consolant d'estre toute vuide et toute veufve, afQn que Nostre Seigneur vous remplisse de son royaume. Soyez ilouce et affable avec un chacun, hormis à ceux qui voudront vous oster vostre gloire qui est vostre misère et vostre vuiduité parfaicte : Je me glorifie en mes infirmitez, dit l'Apostre ; et il m! est mieux de mourir que de perdre ma gloire. Voyez- vous, il aimeroit mieux mourir que de perdre ses infirmitez qui sont sa gloire.

Il faut bien garder vostre misère et vostre vilité ; car Dieu la regarde , comme il fit celle de la Vierge sacrée. Les hommes regardent ce qui est dehors, mais Dieu regarde le cœur (i. Reg. 26). S'il voit nostre bassesse dans nostre cœur, il nous fera de grandes grâces. Ceste humilité conserve la chasteté; c'est pourquoy, aux Cantiques, ceste belle ame est appellée le lys des vallées. Tenez- vous donc joyeusement humble devant Dieu; mais tenez-vous esgalement joyeuse et humble devant le monde. Soyez bien ayse que les hommes ne tiennent point compte de vous : s'ils vous estiment, mocquez-vous-en joyeusement, et ryez de leur jugement et de vostre misère qui le reçoit; s'ils ne vous estiment pas, consolez-vous joyeusement de quoy au moins en cela le monde suit la vérité.

Four l'extérieur, n'affectez pas l'humilité visible, mais ne la fuyez pas aussi : embrassez-la, mais tousjours joyeusement. J'appreuve que l'on s'abbaisse quelquesfois à des bas services, mesme à Tendroict des inférieurs et superbes, à Tendroict des malades et pauvres, à l'endroict des siens en la mayson, et

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dehors : mais que ce soit tousjours naïfvement et joyeusement. Je le répète souvent, parce que c'est la clef de ce mystère pour vous et pour moy. J'auray plustost dit charitablement; car la charité, dit saint Bernard, est joyeuse, et c'est après S. Paul. Les offices humbles et d'humilité extérieure ne sont que l'escorce , mais elle conserve le fruict.

Continuez vos communions et exercices, ainsi que je vous ay escrit. Tenez- vous ceste année bien ferme en la méditation de la vie et mort de Nostre Seigneur : c'est la porte du ciel. Si vous vous playsezàle hanter, vous apprendrez ses contenances. Ayez le courage grand et de longue haïeyne; ne le perdez pas pour le bruict, et surtout es tentations de la foy. Nostre ennemy est un grand clabaudeur, ne vous en mettez nullement en peine ; car il ne vous sçauroit nuyré, je le sçay bien. Mocquez-vous de luy, et le laissez faire. Ne contestez point, faites-luy la nicque; car tout cela n'est rien. Il a bien crié autour des saincts, et fait plusieurs tintamarres; mais quoy? pour cela les voilà logez à la place qu'il a perdue, le misérable!

Je désire que vous voyiez le Chapitre XLI du Chemi?i de perfection de la bien-heureuse Mère Thérèse : car il vous aydera à bien entendre le mot que je vous ay dit si souvent, qu'il ne faut point trop pointiller en l'exercice des vertus; qu'il y faut aller rondement, franchement, naïfvement, à la vieille françoise, avec liberté, à la bonne foy, grosso modo. C'est que je crains l'esprit de contraincte et de melancholie. Non , ma chère fille ; je désire que vous ayez un cœur large et grand au chemin de Nostre Seigneur, mais humble, doux, et sans dissolution.

Je me recommande aux petites mais pénétrantes prières de nostre Celse-Benigne : et si Aymée commence à me donner quelques petits souhaicts, je les tiendray pour tres-chers. Je vous donne, et vostre cœur de veufve, et vos enfans, tous les jours à Nostre Seigneur, en luy offrant son Fils. Priez pour moy, ma chère fille, affin qu'un jour nous puissions nous voir avec tous les saincts en paradis : mon désir de vous aymer et d'estre aymé de vous n'a point de moindre mesure que l'éternité. Le doux Jésus nous la veuille donner en son amour et dilection! Amen. Je suis donc et veux estre éternellement tout entièrement vostre en Jesus-Christ.

CDI.

S. François de Sales, à Madame de Chantai,

Il faut porter Jesus-Ghriat dans son ame.

16 novembre 1605.

Ma chère fille, je reçoy une particulière consolation à vous parler en ce langage muet, après que tout le jour j'ay tant parlé à tant d'autres en langage parlant. Or sus , si faut-il vous dire ce que je fay; car je ne sçay presque rien autre; et encore ne sçay-je guère bien ce que je fay.

Je viens de Torayson, où, m'enquerant de la cause pour laquelle nous sommes en ce monde, j'ai apprins que nous n'y sommes que pour recevoir et porter le doux Jésus, sur la langue en l'annonçant, sur les bras en faysant de bonnes œuvres, sur nos espaules en supportant son joug, ses seicheresses et sterilitez; et ainsi en nos sens intérieurs et extérieurs. 0 que bienheureux sont ceux qui le portent doucement et constamment!

Je l'ay vrayement porté tous ces jours sur ma langue et l'ay porté en Egypte, ce me semble, puisqu'au sacrement de confession j'ay ouy grande quantité de penitens, qui se sont, avec une extrême confiance, addressez à moy, pour le recevoir en leurs âmes pécheresses. Oh! Dieu l'y veuille bien conserver?

J'y ay encore apprins une prattique de la présence de Dieu, laquelle, en passant, j'ay resserrée en un coing de ma mémoire, pour vous la communiquer sitost que j'auray leu le traitté qu'en a fait le Père Arias.

Ayez un grand cœur, ma chère fille , et estendez-le fort sous la volonté de nostre Dieu. Sçavez-vous ce que je dis, estendant vostre corporal pour la consécration? Ainsi, dis-je, puisse bien estre estendu le cœur de celle qui me l'a envoyé, sous les sacrées influences de la volonté du Sauveur! Courage, ma fille, tenez-vous bien serrée auprès de vostre saincte Abbesse , et la supplyez sans fin que nous puissions vivre, mourir et revivre en l'amour de son cher Enfant. Vive Jésus, qui m'a rendu tout vostre, et plus que je ne puis dire! La paix du doux Jésus règne en vostre cœur!

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CDU.

S. François de Sales, à Madame de Chantai.

Il lay donne des advis sur sa conduitte à Tesgard des malades contagieux, et envers les meurtriers de son mary ; 11 luy prescrit diverses règles sur les exercices de pieté.

Le joar de Sainct-André. 30 novembre 1605.

Ne voyez- vous pas un estrange fait, ma chère Glle? Il y a uq mois que je n'ay sceu vous escrire, ny peu ny prou, parce que j'estois engagé dans nos montaignes, du tout hors de chemin ; et je tiens en ma main sept de vos lettres dont la dernière est du 9 de ce mois, auxquelles il me semble que je n'ay pas encore respondu qu'à trois, et neantmoins je ne puis maintenant vous escrire qu'en courant. C'est tout un ; encore vaut-il mieux vous escrire peu que rien.

Pour le papier des cinq mille francs, je ne puis vous en donner resolution que vous ne me marquiez à qui Tinterest en pourroit revenir, c'est-à-dire qui en pourroit souffrir perte si vous le gardiez; car de là despend le jugement que j'en dois faire. Mais ne vous inquiétiez point pour cela, car ayant le propos de vous conduire par mon advis en cela, vostre ame n'en peut estre coupable.

Il ne faut pas laisser de servir les malades es maux contagieux; mais il les faut servir prudemment sans bazarder sa santé, que le moins qu'il se peut, et surtout quand avec nostre danger celuy de nostre famille se trouve conjoinct ; et partant, vous pourrez prudemment cesser de faire les visites personnelles, ésquelles il y auroit une juste apparence de danger de contagion.

J'ay esté consolé au récit que vous me faites des traicts de vertu qui parurent en l'âme de feu Monsieur vostre mary, sur le poinct de son despart de ce monde, signes es vidons de son bon fonds, et de la présence de la grâce de Dieu. Et vous voyez donc que s'il vous pouvoit parler, il vous diroit ce que je vous ay dit pour l'entreveuë de celuy qui luy fît le coup de son trèspas (1).

Or sus, ma chère fîlle, haut le cœur; ce vous est (et à moy par conséquent) un extrême contentement de sçavoir que ce chevalier estoit bon , doux et gracieux à ceux qui l'avoient blessé ou offensé. Maintenant il en aura bien à voir que nous en voulons faire de mesme.

(1) Le baron de Chautal fut tué à la chasse.

Maisquediray-jede nostre Espoux moderne (1)? Quelle douceur exerça-t-il à Tendroict de ceux qui le tuèrent et non pas par disgrâce et mesgarde, mais par une pleine malice. Ah! qu'il aura bien aggreable que nous en fassions de mesme! C'est nostre Espoux moderne, ma chère fille, car non-seulement la mort ne dissout point nostre maryage avec luy, ains elle la parfaict, elle le consomme.

J'ay escrit cecy parmy un grand tracas, et ne sçay pas pourquoy, mais il n'iinporte. Il ne se passe jour que je ne prie pour le bien de Tame de Monsieur vostre premier espoux, et je pense que vous m'en avez voulu souvenir par ces deux récits que vous m'en avez faits qui m'ont esté fort aggreables.

Je loue Dieu de tout mon cœur de la santé de Messieurs nos père, oncle et frère.

La partie inférieure est pesante, tousjours quelques mauvaises inclinations, quelques respugnances au bien. Mais il n'y a remède, il faut user des frictions et bains chauds pour, petite petit, dissiper l'humeur qui nous allentit et engage nos jambes.

La méditation de la Passion, nos petits exercices de mortification et de charité feront merveilles. Dieu aydant. Voyez- vous bien ceste chère sœur que j'ayme infiniment; elle est guérie, Dieu mercy', mais encore un peu de fluxion dessus ses jambes la font aller lentement à la clausure de sa mayson; encore un peu de respect aux volontez des frères , des pères , des mères , que sçay-je, moy? 0 mon Dieu! que bien-heureux sont ceux qui, en semblables occasions , disent à leurs pères et frères : Je ne sçay qui vous estes, je ne vous cognois point.

Mais bien petit à petit tout se fera.

Non, je vous prie, ma fille, ne violentez point vostre teste pour la faire franchir les barrières. Demeurez tranquille en vostre orayson; et quand les distractions vous attaqueront, detournez-les tout bellement si vous pouvez; sinon tenez la meilleure contenance que vous pourrez, et laissez que les mousches vous importunent tant qu'elles voudront; pendant que vous parlez à vostre Roy, il ne prend pas garde à cela. Vous pourrez les esmouscher avec un mouvement civil et tranquille, mais non pas avec un efl'roy ny impatience qui vous fasse perdre contenance.

Que je suis ayse que nostre Dijon ait receules bonnes Carmélites de la Mère Thérèse ! Nostre bon Dieu les fasse fructifier à sa

(1) Notre SeigQeur.

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gloire. Je suis bien content que Madame Brulart, nostre bonne sœur, les gouverne, pourveu que cest objet ne tire point son cœur à des vains désirs de ceste vie-là, pendant qu elle en doit cultiver une autre. C'est merveille, ma fille, comme mon esprit est ferme en cest advis , de ne point semer au champ de nostre voysin pour beau qu'il soit, pendant que le nostre en a besoin. La distraction du cœur esttousjours dangereuse. Avoir son cœur en un lieu et son devoir à l'autre, n'est pas à propos. Mais je sçay bien qu'elle ne gouverne pas tant les filles , qu'elle ne se laisse gouverner à la mère, laquelle, eu un lieu de ses œuvres, dit presque comme moy.

Je dis que pour nostre petite, il sera mieux, en la faysant instruire le plus chrestiennement qu'il sera possible, d'attendre encore un peu à la mettre au Puys-d'Orbe. Et voilà donc M. de Sainct-Ange qui vous arrivera fort à propos.

Pour ma sœur, je suis de vostre advis, non que je ne voulusse bien qu'elle fust auprès de vous, puisqu'elle n'a pas son cœur contourné à la religion, mais pour condescendre à l'amitié de Madame l'Abbesse qui mérite bien qu'on ne la contre-eschange pas de desplaysir en ses faveurs ; je luy veux escrire touchant le confesseur que le bon Père Recteur juge propre pour sa mayson, afftn qu'elle le recherche et pour cela et pour son assistance. Mon Dieu, que de destours prend-on, avant que d'arriver au logis, quand on n'est pas guidé!

J'attendray que ceste autre sœur m'escrive sur le subjet pour lequel vous luy laissastes Tarticle que j'avois escrit dans vostre livre. Que Satan est mauvais! Jusqu'où va-t-il se fourrer? mais ne vous estonnez pas, les choses spirituelles luy sont fort accessibles, parce qu'il est esprit; il ne luy faut pas beaucoup d'ouverture pour se glisser es amitiez des mortels; mais je voy nostre bon Dieu qui permet tout pour le mieux, et je l'en beny de tout mon cœur.

0 Dieu! quel grand bien à une ame, de toucher au doigt son imbécillité! cela la fortifie et establit pour tout le reste de sa vie : Celuy qui n'a pas essayé, que peut-il sçavoir, dit la saincte Escriture? Mon Dieu! que je desirerois pouvoir me confondre moy-mesme !

Vous pourrez refaire encore pour un an vos petits vœux, sinon que la charge d'iceux vous pressast trop. Pour le Caresme, il y a du loysir à vous parler, pour l'Advent il n'est plus tems. N'adjoustez gueres de peynes corporelles à celles du jeusne de l'Eglise; mais puisqu'on Caresme on jeusno, et que l'on n'emploie

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