‹ Œuvres complètes de Saint-François de Sales (volume 3)Chapitre 7 sur 185 · François de Sales , à wie Dame · texte numérisé non relu

François de Sales , à wie Dame

Le Sainct s'excuse de ne pouvoir respondre par l'occasion que d'une manière tres-succincte : il donne des nouvelles de la santé d'une cousine, qui est meilleure, et d'une autre personne qui est en danger. Il fait la recherche d'un prédicateur pour Rumilly.

S6 janvier 1616

Il faut respondre courtement, ma tres-chere fille, puisque ce porteur m'a prins entre plusieurs affaires que je ne puis laisser. Je m'estois mis en chemin pour aller voir la chère cousine, mais il ne me fut possible de passer outre les bornes en ce tems , à cause de la nouvelle neige qui y estoit tombée. Or, maintenant elle est du tout hors de danger, à ce que m'escrivit avant hier M. de Vallon. Dieu en soit loué, à la gloire duquel je m'asseure qu'elle destinera encor plus ardemment le reste de sa vie. Je me resjouy aussi beaucoup de ce que vous me dites de la chère nièce, car tout en est bon, etcroy bien que M. du Chastolard aura plus de peine de s'eschapper. Nous nous verrons quand il playra à N. S. nous en donner la commodité, et à moi ceste particulière consolation. Je suis en peine de treuver un prédicateur à propos pour Rumilly, puisque nos Pères Capucins n'en ont point, et qu'on y est un peu délicat. Je ne sçay si nous pourrions avoir quelque jésuite de Chambery. J'en escriray demain un mot au P. Recteur. Si moins, nous en prendrons icy quelqu'un, car nous en avons d'assez bons , pourveu qu'on fust pas si douillet comme l'on est en ce tems, auquel tant de gens sçavent bien dire et fort peu bien faire. Vivez tous à Dieu, ma treschere fille, et chérissez tousjours fortement mon arae, qui vous est toute dédiée, comme je suis sans fin votre plus humble tout affectionné serviteur et comp''^ — François, ev. de Genève.

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