‹ Œuvres complètes de Saint-François de Sales (volume 3)Chapitre 8 sur 185 · CCXXXVII · texte numérisé non relu

CCXXXVII

Project de S, François de Sales pour la conversion des hérétiques à la foy catholique,

EssENDO l'anno passato nel Me trouvant l'année dernière

paese de' Vallesani con occa- dans le pays des Valaisans, à

sione délia consecratione di l'occasion de la consécration

Monsignore vescovo e principe de Monseigneur l'evesque et

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prince (le Sion, et ayant fait la prédication aolemnelle par ordre de ces Révère ndissimes qui y célébrèrent l'office, j'ay prins pour texte la succession apostolique dans le Sainct- Siege, etj'ayextiorté te peuple, dont une partie est lieretique, mais qui, dans le concours, vint par curiosité, à l'amour de la saincteté, de l'unité et succession de lasaincte Eglise.

Quelques-uns se sentirent esmus, un entre autres vint auprès de moy, et au retour, comme député du pays, il accompaigna Monseigneur l'archevesquo de Vienne , consecrateur, et moy qui retournions de ce costé , jusqu'à l'exlremité de Testât du Valais, Dans le chemin d parla presque tousjours avec moy, entre autres choses, il me dit : « Monsieur, vous avez fait une ctiose qui, depuis beaucoup d'années, ne s'estoit pas faite dans ta ville de Sion, parce que jamais on n"a permis aux prédicateurs catholiques de traitler aucune controverse dans les chaires.

Mais la feste et vostre qualité ont fait prendre en bonne part vostre sermon, et je croy qu'il sera utile à beaucoup de catholiques qui sont restez plus confirmez dansleurs sentimens.

.Mais vous avez exhorté les autres à se reunyr au sein de l'Eglise. Cela est bon pour tes particuliers, mais à l'esgard des villes el des respubliques

di Sion {Sedunensis) e avendo io fatto la predica solenne per ordine di qaellt reverendissimi elle ivi fecero l'officio, è Irattato délia successione apostolica nella snnta Chiesa con essortare il popolo, del quale parte è heretica , ma che ivi in quel concorso venue per curiositâ, ail' amore délia santità, unità e successione délia santa Chiesa. Alcunisisentirono coramossi, e uno fra gli altri venne da me, e al ritorno, essendo eglideputato del paese, accompagni Monsignore arcivescovo di Vienna consecratore e me chè ritorvamo in qiieste bande sino air estremitjl del stalo de' Vallesani, e per la strada quasi sempre parlo meco , e fra l'al- Ire cose mi disse : Signore, voi avete fatto cosa clie da moltissimianni in qiià non s'era fatta nella ciltà di Sione, perché mai fu permesso aUi predicatori catolici di trattare cosa veruna délie controversie in pulpito. Ma ta festa e la qnahtà vostra ha fatto pigliare in buona parte il vostro sermone, e credo chè sarâ utile a molti cattolici, chè resteranno molto coofirmati : ma voi avete esortati gli altri a riunirsi al grembo délia Chiesa. questo è buono per i particolari; e fra lanto délie città e repubbliche intiere nelle quali non « lecito a predicatori catolici di predicare, né stare, ne parlare, chè rimedio cioè di riurnirie alla

fede? Perché hormai fra noi altri Squizzeri e in tatta la Germania e in molti luoghi di Francia ci sono ciltà intiere heretiche, e l'heresia passa in ragione di stato, ne si vede no anco un tantino di speranza délia conversione loro, e le cose passano tanto innanzi chè Theretici non hanno più disturbo nessuno, e sono senza rimedio.

Queste parole entrarano nel cuor mio, e mai è stato possibile di cavarle dal mio pensiero, e in somma mi venne questo concetto.

E verro chè se si lasciano cosi quelli Squizzeri di Zuricht, Basilea, Berna ed altri cantoni e l'istesso si puô dire dell' Inghilterra ed altri paesi loro, mai si convertiranno , anzi giungendolaloro religione al stato, stabiliranno Tuno nell' altro, e comme ab assuetisnon fît passio, cosi con la vecchiaia queir heresia vitra quidem non proficiet, ma quelle chè importa, xdira etiam non deficiet; ma starà in quelle nobilissime parti deir Europa comme una paralesia incurabile. Hora che rimedio? lo ho considerato molto cose e non ho trovato se non questo : chè il Santissimo nostro Padre e Signore, o vero la

entières dans lesquelles il n'est pas permis à des prédicateurs catholiques de prescher, de demeurer, ny de parler, quel moyen y a-t-il de les ramener à la foy? Désormais, parmy nous autres Suisses, dans toute TAllemaigne et dans beaucoup d'endroicts en France, il y a des villes entières hérétiques. L'heresie est devenue rayson d'Estat, on ne void pas la plus légère espérance de leur conversion. Les choses vont si avant, que les hérétiques n'ont plus aucun embarras, et c'est sans remède. »

Ces parolles entrèrent dans mon cœur, et il ne m'a jamais esté possible de les arracher de ma pensée, et enfin il me vint ceste idée :

Il est vrayquesi onlaisseainsi ces Suisses de Zurich, Basle, Berne, et autres cantons, et l'on peut dire, de l'Angleterre et d'autres pays, ils ne se convertiront jamais; au contraire, leur religion entrant dans l'Estat, ils establiront l'une dans Tautre, et comme ab assuetis non fit passio, ainsi, avec l'aage, ceste hérésie ne fera pas de progrez; mais, ce qui auroit importé, elle ne deffaillira pas, et elle restera, dans ces nobles parties de l'Europe, comme une paralysie incurable.

Actuellement, quel remède?

J'ai considéré beaucoup de moyens, et je n'ay veu que

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celuy-cy : 11 faudroit que nostre tres-saiocl Père et Seigneur, ou plutost le Saincl-Siege , excitast tous les princes catholiques et toutes les respubliques, non pas aux armes extérieures, mais aux armes intérieures, c'est-à-dire, à proposer la reuayoD des hérétiques à la saincte Eglise. Il faudroit que cesta proposition se lîst dans le rnesme lems par tous et avec des argumens des esloges et l'explication des avantages du bien public du Christianisme. Par le moyen de ceste division, il est fort affoibli, et, par le moyen de l'unyon, il seroit beaucoup fortifié contre le Turc et autres.

Ainsi on establiroit une ligue et croisade entre les catholiques, non pas, comme j'ay dit, pour courir aux armes , mais pour concourir avec zèle à presser ceste unyon.

Il faut actuellement proposer le moyen de faire l'unyon et la manière de l'acheminer. H m'a paru que le moyen suivant seroit très-utile :

r Que les princes assemblassent un concile national, un en France et un en Allemaigne, pour cet effecC seulement. Ils feroient ensuite, à tout prix, leurs efforts pour qu'il s'y treuvast des députez des princes et des respubUques hérétiques, affin de cognoistre i propositions que l'on feroit [pour l'unyon, non pour dis-

Sanla Sede apostolica muovesse tutti ii principi cattoiici e tutte le repoJjbliche non già air armi esteriori, ma ail' îqteriori , cioé a proporre la reunione dell' herelici alla santa Chiesa, e chè questa proposizione si facesse nell' islesso tempo da tutti e con argumenti sodi .speciosi del ben publico del christianesimo, il quale per mezzo délia divisione è molto indebolito, et per mezzo dell' unione sarebbe molto fortilicato contra W Turco e altri, e cosi procurare una lega e cruciata fra li cattoiici non già per correre ail' armi come ho delto, ma per concorrere in questo zelo di sollecîtare detta unione.

Resta da proporre il modo di far l'unione, e la via d'incaminarla, e m'è parso chè questo seguente sarebbe utilissimo.

1° Chè li principi procurassero un concilie nationale cioè uno in Francia, e uno in Alemagna ad hune effeclum lantiim, e chè con ognis orzo possibile procurassero chè in quelle si trovassero deputatî da principi e repubbliche heretiche, per sentir le proposizioni che si farebbono per l'unione, e non per disputare o argumenta-

re, ma solo per conferire del modo délia reunione.

2** E in questi concîli non vi fosse Tauthorità apostolica antécédente , ma solamente conseguente, cioè chè non si facessero a nome délia Santa Sede per non impegnarla, ma solamente elle i concili promettessero ratifîcamenlo délie risolutioni chè si pigliarebbono.

3° E acciô chè questa ratificazione si potesse sicuramente promettere, sarebbe necessario chè la Santa Sede fosse di quando in quando avertita délie proposizioni, e sempre in prociato di rispondere presto, o vero chè inanzi si havessero memoriali de agendis.

4° Si potrebbe poi sommamente facilitare la reunione a la santa Chiesa lasciando li béni ecclesiastici, o tutti o in buona parte, a quelh che si occupano , e contentandosi chè da quelU fosse ministrato il vitto e vestito alli sacerdoti, chè s'introdurebbono.

Item, 0 vero lasciando la nominatione de' benefici , o maggiori o di tutti, alli principi e repubbhche in quel modo chè al Re di Francia si lascia quella de benefici maggiori, ne in questo pare chè debba esser maggior pericolo di mala consequenza chè in quel, chè s' usa in Francia.

S** Chè a ministri heretici si

puter et argumenter, mais seulement pour conférer sur les moyens de reunyon.

2** Dans ces conciles, Tauthorité apostolique ne seroit pas antécédente y mais seulement conséquente, c'est-à-dire qu'on n'agiroit pas au nom du Sainct- Siege, on ne doit pas l'engager; mais seulement les conciles promettroient la ratification des resolutions qu'on y prendroit.

3** Affin que cette ratification se pust seurement promettre, il seroit nécessaire que le Sainct- Siege fust de tems en tems averti des propositions, et tousjours en mesure de respondre promptement, ou bien que l'on eust des mémoriaux de agendis,

ht" On pourroit faciliter beaucoup la reunyon à la saincte EgUse, en laissant les biens ecclésiastiques , en totalité ou en partie , à ceux qui les possèdent, et en se contentant de faire procurer la nourriture et les vestemens aux prestres que Ton introduiroit.

Ou bien en laissant la nomination de la pluspartdes grands bénéfices ou de tous aux princes et respubliques, de la mesme manière que l'on laisse au roy de France la nomination des plus grands bénéfices; et certes il n'y auroit pas plus de danger qu'il n'y en a aujourd'huy.

0° Aux ministres hérétiques

on promettroil le mesme Irailtement qu'ils ont, pour leurs familles et pour leur commodité temporelle; car en vérité la plus grande partie d'entre eux ne reste dans Theresie que pour ce peu de pain. A Tesgard des ministres apostats, on les dispenseroit du vœu de continence, surtout s'ils avoient femme et enfans; d'ailleurs ils ne seroient plus admis à Texecution de leurs ordres , tout en portant encore Thabit clérical; il y auroit d'autres propositions semblables pour destruire les obstacles.

6° Si par contre il paroissoit que les conciles nationaux ne fussent pas à propos, les princes pourroient convoquer seule- • ment quelques prélats et hommes de jugement, pour traitter et raysonner de ceste saincte affaire. En aucune manière il ne faudroit argumenter, mais seulement proposer les expedienS;, de façon que tous pussent bien recognoistre que , sauf la foy catholique, la saincte Eglise est préparée à respandre les revenus et autres choses qui seront propres à haster ceste reunyon. Quand ce remède n'auroit pas d'autre efifect que d'esmouvoir ces cervelles, et ne seroit qu'une citation pour empescher la prescription de la possession qu'ont les hérétiques de n'estre pas appelez et intimez à resipicences , l'advantage qu'on en

promettesse l'istessa mercede che hann,o, per le loro famiglie, anzi prôcommodità temporale; chè in vero la maggior parte per quelle poco pane stanno neir heresia. E quanto a ministri apostatati, chè si dispensasse con loro nel voto délia continenza, massime avessero donne proie, senza perù ammetterU più ail' esecutione dell' ordini loro, ma ail' habite cléricale, e simili altre tah proposizioni, che levassero gh ostacoli.

6° E se per sorte paresse , chè i conciU nationali non fossero a proposito , potrebbano i principi convocare solamente alcuni prelati e uomini di senne, per trattar e propore di tutto questo santo negozio, ne bisognerebbe in modo veruno argomentare , ma solamente proporre gh espedienti , in modo chè vedessero tutti chè, salva la fede cattolica, la santa Chiesa è apparecchiata di spargere V entrate e altre cose che saranno a proposito per far questa riunione ; e quando mai questo rimedio non fosse per oprare altro, chè la commotione di quelh cervelli, e fosse come una citatione per impedire la prescrittione del possesso che hanno gU heretici,' di non esser chiamati e iotimati a resipiscenza, non sarebbe poco l'utile che ne riuscirebbe.

7° Ma se non si Irovasse a proposito di far quesf impressa per tutti li paesi scommunicati e divisi, o separali délia S.

Chiesa, sarebbe almanco conveniente di farla per Squizzeri heretici, che si potrebbe fare adoptando Tauthorità di Spagna, deir Imperatore , delF Re di Francia, del Senerissimo signore Duca di Savoia loro vicino, et Topra e industria delli cantoni cattolici, e anco de Vallesani, e se fosse di bisogno spargere un poco di danari , si potrebbe fare con un poco di décima da pigliarsi sopra li benefici opulenti.

8* E quanto a Ginevra, chi volesse stringerli a la sciar almanco liberté di conscienza, e stabilire in uno o due luoglii Tessercitio , e li sermoni cattolici , battarebbe Tauthorità e interventione del Serenissimo Duca nostro et delli Squizzeri cattolici con propositione di lasciarli Y entrate ecclesiastiche, 0 vero dargliene altrettanto e spargere fra loro un poco di denari, ei ad summum bastarebbe, se a questi due s'aggiungesse ilRe di Francia, e chè persévérasse in premere il negocio.

9"* Hora sarebbe forsi difficile cosa unir i cuori de principi cattolici, chè tante tentationi

retireroit ne seroit pas de peu d'importance.

7° Si on ne treuvoit pas convenable de faire ceste entreprinse dans tous les pays excommuniez et divisez, ou séparez de la saincte Eglise, il seroit au moins convenable de la faire pour les Suisses hérétiques : on y parviendroit avec Tauthorité de l'Espagne, de l'Empereur, du Roy de France, du serenissime seigneur duc de Savoye, leur voysin, ainsi qu'avec la coopération et les soings des cantons catholiques, et des Valaisans ; s'il estoit besoin de respandre un peu d'argent, on le treuveroit en prenant un peu de dixme sur les bénéfices opulens.

8° A l'esgard de Genève, si l'on vouloit la contraindre à laisser au moins la liberté de conscience, à establir dans un ou deux endroicts l'exercice et les sermons catholiques, il suffiroit d'employer l'authorité et l'intervention de nostre serenissime Duc et des Suisses catholiques. On proposeroit à Genève de luy laisser les revenus ecclesiafetiques ou de luy en donner autant: on respandroit parmy eux un peu d'argent, et au plus il sut firoit qu'à ces deux puissances se joignist le Roy de France qui persevereroit à suivre Fentreprinse.

9° Actuellement ce seroit peut-estre une chose difficile que d'unir les cœurs des princes

catholiques, que nous voyons livrez à tant de tentations et si fortement en proie à la division; cependant on pourroit, peut-estre, par des prières au Seigneur Dieu, et par la main sacrée du Prince Pontife, sincèrement employées, obtenir ce miracle. Autrefois on a entreprins les Croisades; c'estoit d'autres entreprinses guerrières et périlleuses, cellecy n'est que pacifique et sans danger.

Telles sont mes pensées ; me voyant icy au milieu de tant d'heretiques, et dotant de respubliques hérétiques, je ne puis empescher mon esprit d'y revenir souvent, et de compastir à tant de désolation , nonseulement présente, mais future. Avec le progrez du tems, on s'est veu oublyant ces ennemys de l'Eglise qui ont esté anciennement ses fils; ils naissent successivement dans ces respubliques où on ne parle de la saincte Eglise qu'avec exécration ! Que Dieu nous envoyé un secours de son sanctuaire, et que le Seigneur es tende au loing les tentes d'Israël,

veggiamo, tanto dati in preda alla divisione, tuttavia si potrebbe forsi impetrare con orationi dal Signore Dio , e la sacra mano del Beatissimo Padre adoprandosi sinceramente potrebhe for questo miracolo, siccome anticamente si fecero le cruciate, e altre impresse belliche e pericolose, questa non essendo , se non pacifica e senza pericolo.

Questi sono i miei pensieri, giacchè essendo qui appresso tanti heretici , e tante repubbliche heretiche, non posso impedir 1' animo mio da pensar spesso, e compatire a tanta desolatione, non solo présente, mafutura, mentre col progresse del tempo si vanno smenticando questi nemici délia Chiesa, che sono stati anticamente figliuoli di essa, nascendo nelle repubbliche, dove non si traita délia santa Chiesa, se non con esecrazione. Mittat nobis Doi(ninus auxilium de sancto, et dilatentur a Domino tentoria Israelis.

L EYESQUE.

SI

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