‹ Œuvres complètes de Saint-François de Sales (volume 3)Chapitre 81 sur 185 · VII · texte numérisé non relu

VII

A ^ontieur U baron de Villelie, eotueiller -T Estai , et maiiÀre dhostel de Son Aluste Rnyiie.

MonSTErR mon oncle, je vous remercie tres-bombleina loyqae plus lanJ que je ne devoia , de la faveur de voslre lettre. e M. de Oie, mon cousin, m'apporta, entre (^eâte înEinie mulide d'occupations que dos grands pardon» me donaerent. Je e doublois point q^ue S. A. ne vous regardasl comme les grands rincer ont accoustamé de voir leurs grands fidelles serviteurs; Mëu vueille que ses maûià vous soient aussi libérales que ses IX. Il aeroil bien raysonoable que comme les princes s'esfiil les soleils de ce bas monde, ils rendissent les rayons de wrs regards effectifs, ainsi que ceux du soleil le sont sur la srre.

Nous avons eu la bonne Madame de Beaume, que mon cousin I, etluy Btune petite harangue sur iesubjet de sa maïslresse, ja'elie aggrea extrêmement, et me dit que si elle hiy pouvoit tendre quelque sorte de bon ofBce en ses amours, elle le feroit *B tout son cœur, m'asseurant que cesle demoiselle, dont il est [uestion, estoit une perle en bon naturel, en bonne humeur et s vertu, qui me fait d'autant plus louer le choix que vous an ivez fait, pour la consolation de vostre vieillesse future; et vou- ' ; bien pouvoir contribuer quelque service à ce dessein , ne aussi à tous les autres qui regarderont vostre contente-

Et à ce propos, hyer ma chère petite cousine me vint voir qui m'expliqua sou intention, pour le regard de la vocation, religieuse , et ma dit son petit cas si honoestemeot et gentillemeat que j'en demeuray fort édifié et consolé. Ce fut qu'elle desiremit bien d'avoir la volonté d'eslre religieuse à la Visitafion, nuis qu'elle ne pouvoit s'y résoudre, parce qu'elle ne pouvtHt SK ranger li une si grande perfeclinn, et ne luy estoit pas advi» qu'elle la puisse entreprendre. Mais parce qu'elle me dit qu'elle vous en avoit escrit fort amplement, je ne vous diray point le reste de nos discours, desquels la conclusion fut qu'elle me prloit de vous l'aire aggreer de la supporter en son imperfection. Je croy bien que la pauvre petite ne pense nullement au mar-

LE FONDATEUR d'oRDRE. 403

ryage,, et qu'elle s'accommoderoit à une autre sorte de vie, pourveu qu'on n'observast pas une régie si absolue comm^ on fait à la Visiliatiott. Certes, je* la treu.ve si bonne fille, que je ne puis: m 'empescher d'espérer que de telcosté qu'elle se treuve, elle ne vous donne de la satisfaction.

Pour moy, priant Nostre Seigneur qu'il vous conserve à longues années pour les vostres et pour moy qui suis le plus humble, je demeure, Monsieur mon oncle, vostre tres-affectionné , fidelle serviteur et nepveu. — François, evesque de Genève.

CDXGVIÏU S'. Français de Sales, à Madame de Chantai,

Grands tesmoignages d'affection h ceste dame, à qui il cnppelle la mémoire de son sacve.

Vë» le ade€Mni>ce 1619.

Jt'ay bien veu au sermon nostre- bien-aymée fille Françoise (i), maisj^ n'ay pasoséluy demander eojaaraent ma tres-chere Mère, se portoit; car il y avoit trop de gens qiîi m'eussent oûy, et eussent esté en peyne de curiosité pour sçavoir qujelle estoit ceste ti?es-«ehere^MeFe , autre que Dieu ,, ses anges , ses saincts et nostre? cœuF ne. sçachant combien l'affection qui me rend père, fils^ et une mesme ame avec vous est suffisante et pluis que suffisante pour feire cela.

Je donne donc la charge à ce petit billet de vous demander Testai de vostre- santé, et à nostre chère petite fille de vous re*dice quelque chose du siermon, lequel j'ay fait hardy ment, et passioaaemeiit; et', entire autres choses, ayant différé hyer de parier de mon sacre, à cause qu'au demeurant j'aurois plus de gens, j'ay dit qu'il y avoit dix ans que j'avois esté consacré (2), c^est-àdire que Dieu m'avoit esté à moy-mesme pour me prendre à luy , et puis me donner au peuple, c'est-à-dire qu'il m'avoit converty de ce que j'estoia pour moy en ce que je fusse pour eux.

Mais pour ce qui nous regarde, vous sçavez que Dieu m'a esté à moy-mesme, non pas pour me donner à vous, mais pour me rendre vous-mesme. Ainsi puisse*-t-il advenir qu'estez à nousmesmes nous soyons convoFtis en luy-mesme par la souveraine perfection de son sainct amour! Amen, Bonsoir ma tres-chere Mère et plus que mère; le bonsodr à nos filles.

(1) Mademoiselle Françoise de Rabulin-Chantal.

(2) £e 8< décembre 10^.

40 i LETTIKES.

Xoo, ce fi'esl pas le Père Archange da Tillel , c'est le Père Coostaottri de Cbamberi^ qai sera Qostre prédicateur le retste de ceât Adrent ; et rno v je serar soaTeat cela j- de nos chères sceors. Car ce n'est pas souvent, fors toajoarSr que je scds le^ etc.

CDXCIX.

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