CHAPITRE VII
Des Traites.
Quand elles étaient à la porte de toutes les villes du royaume, le peuple français était, par rapport au fisc, ce '>^
que les nations étrangères sont par rapport à lui, depuis que les traites ont été reculées aux frontières.
Il viendra peut être un temps où Ton ne verra point du tout de traites, et où les peuples comme les individus concevront aussi qu'ils sont frères.
Alors les nations ne seront plus rivales, il n'y aura plus qu'un droit commun dans l'univers; de même (lu'il n'y a plus parmi nous que des Français, il n'y aura plus dans le monde que des humains. Les noms des nations seront confondus, la terre sera libre.
Mais alors aussi los hommes seront devenus si simples et si sages qu'ils nous regarderont, tout philosophes que nous sommes, de Toeil dont aujourd'hui nous voyons les peuples de rOrient, ou les Vandales et les Huns; car dans le xnonde, quelque confus qu'il paraisse, on remarque toujours un dessein de perfection, et il me paraît inévitable, qu'après une longue suite de révolutions, le genre humain, à force de lumières, ne revienne à la sagesse et à la simplicité.