‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 13 sur 185 · CHAPITRE XlIU. — SÉVILLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XlIU. — SÉVILLE

<}uc les moyens dont se sert la divine Majesté sont admirables ! Si ce père, en quittant Alcala, avait eu dessein d'aller prendre Thabit, tant de gens se seraient rencontrés pour l'en détourner, que peut-êire il ne leût jamais fait. Mais la Vierge Notre Dame, pour laquelle il professe le culte le plus tendre, voulut Fen récompenser en lui donnant son habit. Ce fut elle, j'en suis pei^suadée, qui lui servit de médiatrice auprès de Dieu pour l'obtention de cette grâce, «et, s'il prit Thabit, s'il s'aifectionna à ce point à notre ordre, c'est que cette glorieuse Vierge ne voulut pas laisser sans occasion de la servir celui qui brûlait de se dépenser pour elle. Et en effet, elle ne manque jamais -de favoriser ceux qui se mettent sous sa protection.

 Madrid, étant jeune homme, il allait fréquemment visiter une image de Notre-Dame, à laquelle il portait une ^aude dévotion ; je ne me souviens plus où elle était. Il l'appelait sa Bien-Aimée et allait très assidûment lui rendre hommage. Sans doute, cette glorieuse Vierge lui obtint de son Fils la pureté dans laquelle il a toujours vécu. Il raconte que parfois il lui semblait voir les yeux de cette divine Mère tout gonflés des larmes que lui faisaient répandre tant d'offenses conunises contre son Fils. De là, chez lui, ces désii's embrasés du salut des âmes et cette vive douleur des offenses conunises contre Dieu. Ce zèle pour le bien des Âmes est même si grand, que toute peine lui parait légère dès qu'il croit pouvoir leur èti*e

père Gratien nouvellement revêtu du sacerdoce lui ouvrit les yeux, tourna sm regards vers la vie très parfaite qne menaient les cannélit4>9 déchaussées et tint à lui assurerpar lui-même rentrée d'un de leurs monastères. Barbe del CastiUo porta dans le Carmel le nom de Barbe du Saint- Esprit. Voir txMoe précédent, p. Wù.

utile. C'est ce que j'ai remarqué moi-même au milieu des épreuves si nombreuses qu'il a eues à porter.

C'était donc comme trompé par un artifice de la Vierge qu'il arrivait à Pastrana. Lui, croyait s'y rendre pour négocier la prise d'habit d'une postulante, et le Seigneur l'y conduisait pour le lui donner à lui-même. 0 secrets de Dieu ! Comme il sait nous disposer, même contre notre volonté, à recevoir ses faveurs! Et qu'il récompensa magnifiquement cette âme de tant de bonnes œuvres accomplies, de si excellents exemples constamment donnés, enfin des désirs qui l'animaient pour l'honneur de sa glorieuse Mère ! A de tels services, sa Majesté, sans aucun doute, réserve toujours de grandes récompenses.

A son arrivée à Pastrana, il alla trouver la prieure pour lui parler de la réception de la postulante, ou plutôt, ce semble, pour lui voir négocier avec Notre-Seigneur sa propre réception. Dès que la prieure l'eut vu, elle en resta charmée. Et, par le fait, sa conversation a tant d'agrément, qu'il gagne l'affection de presque tous ceux qui traitent avec lui : c'est une grâce que Notre-Seigneur lui accorde. Aussi est-il extrêmement aimé des religieux et des religieuses soumis à son autorité. Ce n'est pas qu'il laisse aucune faute impunie — il a, au contraire, un zèle extrême pour la perfection de l'état monastique, — mais il accompagne la correction d'une suavité si attrayante, que personne n'a sujet de se plaindre de lui.

11 arriva donc à la prieure de Pastrana ce qui arrive aux autres, et elle sentit naître en elle un vif désir de le voir entrer dans notre ordre. Elle en parla aux sœurs, leur représentant tout l'avantage qui leur en reviendrait.

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