EXTRAIT DU REGISTRE CONVENTUEL DU COUVENT DE SÉVILLE
(Voir chap. XXV, p. 55.)
Ce registre porte le titre suivant : • Livre conventuel où doivent être consignés a fondation, la dotation, les élections des prieures, sous-prieures et clavières, la copie des actes des biens-fonds, les actes des chapitres provinciaux, et autres statuts perpétuels. De ce couvent de Saint-Joseph, des carmélites déchaussées de Séville. F, H. G. a M. D. P. (Fratcr Hieronymus Gratianus a Matre Dei, Provincialis). i583. •
Jésus-Marib
L'année de la naissance de Notre-Seignenr 1575, le jour de la très sainte Trinité, notre très saint Père Grégoire XIII étant pasteur universel de rÉglise ; le roi très catholique don Philippe Second gouvernant ces royaumes d'Espagne ; le très révérend père Jean-Baptiste Rubeo de Ravenne étant général de tout l'ordre de Notre-Dame do Mont-Garmel; le très révérend père Jérôme Gratien de la Mère de Dieu étant commissaire et visiteur apostolique d'Andalousie : à l'honneur et gloire de Dieu, de Notre-Dame, la Vierge Marie du Mont-Carmel, et de notre glorieux père saint Joseph, a été fondé notre couvent du glorieux saint Joseph de la ville de Séville. La fondation a été accomplie par la très révérende mère Térèse de Jésus, fondatrice des Déchaussées da dit ordre. Elle amena avec elle la révérende mère Marie de Saint-Josepb, née en la ville de Tolède, fille de Sébastien de Salazar et de dofia Marie de Torrès ; la sœur Isabelle de Saint-Jérôme, née en la ville de Valence, fille de Michel de Urena et de Marie de Bacea ; Anne de Saint-Albert, née à Malagon, fille d'Alphonse de Avila et d'Anne de Saloedo; Éléonore de Saint-Gabriel, née à Ciudad-Real, fille de Jean de Mena et de Marine Alphonse ; Marie du Saint-Esprit, née à Tembleque, fille du
docteur Gordovès et de doua Marie de Pavia ; la sœar Isabelle de Saint- Flrançois, née à Villacastin, fille de Pierre Narro et d'Anne de Yega. L'autorisation de faire la dite fondation a été donnée par rillustrissime et révérendissime seigneur don Gliristophe de Rojas, archevêque de Séville, qui a placé de ses propres mains le très saint Sacrement. La dite mère Térèse de Jésus était autorisée à fonder parle révérendissime général et par le très révérend père Jérôme Gratien de la Mère de Dieu, visiteur. Le couvent fut d'abord établi dans la rue de las Armas Les religieuses y restèrent un an. Elles passèrent ensuite dans le local où elles sont actuellement, sur la paroisse Santa Maria la Mayor, lequel local a été vendu par le prébende Pero Pablo et ses frères au prix de six mille ducats, plus le droit royal. Plaise à Notre-Seigneur que ce couvent prospère !
J^sus-Marib
Le bien que possède ce couvent de Saint-Joseph, des carmélites déchaussées de cette ville de Séville, est le suivant :
Premièrement cette maison où est établi le dit couvent, laquelle nous a été vendue par le prébende Pero Pablo, au nom de ses frères, six mille ducats, libre de tous droits de vente pour le vendeur, ainsi qu'il appert de l'acte passé devant Louis Porras, notaire public de Séville, le 5 avril 1576. Le droit de vente a été payé à Ange de Brunengo, courtier de la Lonja, en vertu d'une procuration de Paul Gomez, fermier royai. Gent-soixante-dix ducats ont été rachetés sur les quatre cents à payer pour l'hypothèque. Il resta dû deux-cent-trente ducats au denier-quatorze, lesquels ont été rachetés le 6 février 1577, par acte passé par le prébende Pero Pablo devant Jean de Porras, notaire public de Séville.
Le 13 mai 1586 le couvent s'est transporté, du quartier de la Pajeria où il se trouvait, à celui de Santa Cruz, dans la Barceguineria, où il se trouve actuellement. Les bâtiments nous ont été vendus par Alphonse de Paz. Ils ont coûté treize mille ducats. La somme est entièrement payée. Quelques droits dont la maison était grevée ont été rachetés. Il n'en est resté qu'un seul, qui est perpétuel et ne peut disparaître ; il se paie à un chapelain de San Pedro et monte à soixante*treize réaux pai*an.