EN FAVEUR DE LA RÉFORME
(Voir diap. XXVIIi, p. 96.)
Le texte de ce document se trouce au tome r* de la Reforma de los DescaLsos, lih. IV, cap, xxztiii. La Fuente l'a donné au tome de la Correspon" dtmce, Apéndices, Secc. tereera, nT 10.
Sacrée, Catholique et Royale Majesté,
Moi, Philippe, évéque de Plaisance, nonce apostolique dans ces royaumes de Votre Majesté, sachant avec quelle sollicitude et quel zèle pour le service de Dieu Votre Majesté s'attache à procurer le bien et i'ohaervance des ordres religieux ; comprenant d'ailleurs combien il importe pour cela que les religieux animés de saints désirs et ayant à cœur la perfection de leur état, soient soutenus et protégés, et qu'ils aient des supérieurs qui les encoun^ent, j'ai dû, dans le but d'apaiser des discussions, des partis et des troubles, qui s'étûent élevés dans l'ordre du Carmel entre les religieux Mitigés et les Déchaussés, m'enquérir de l'observance et manière de vivre des dits Déchaussés, afin' de pouvoir informer Votre Majesté de ce qu'il convient de taire relativement à leur gouvernement, et juger s'il est expédient de les constituer en province séparée des Mitigés, avec un provincial de leur règle, ainsi qu'ils le demandent.
Pour juger de l'opportunité de cette mesure et comprendre la différence qui existe entre les Déchaussés et les autres, il est utile de savMr qu'à l'origine la vie de l'ordre de Notre-Dame du Mont-Garmel était extrèmnnent rigoureuse et pénitente. Plus tard, pour certains motifs
particuliers, la règle du dit ordre fut mitigée par Eugène IV, d*heiireii8e mémoire, lequel dispensa les religieux relativement à Tabstinenoe perpétuelle de viande, au jeûne et à plusieurs autres observances. Mais, vers Tan 1568, quelques religieux de ces royaumes de Votre Majesté, appartenant au dit ordre, fervents et animés de saints désirs, commencèrent, avec la permission de leur général, qui se trouvait pour lors en Espagne, à fonder dans la province de GastiUe quelques couvents de récollection d'hommes et de femmes, où Ton devait observer la r^le de Tordre dans toute la rigueur de Tobservance primitive, sous Tobédience du provincial des Mitigés ; de telle sorte que les fondateurs de ces monastères et ceux qu'on y recevait ensuite renonçaient à la Mitigation, et, après une année de probation, vouaient et professaient la règle primitive, et faisaient leur profession, en s'engageant à l'observer. U en était de même des séculiers qu'on admettait à l'habit pour ce genre de vie plus parfait, avec la permission du général et celle d'un vicaire Mitigé, que celui-ci avait laissé en Gastille et auquel il avait, spécialement confié le soin des religieuses Déchaussées. Et ensuite, avec l'approbation des visiteurs apostoliques établis sur le dit ordre, les religieux ont gardé, dès le commencement de leur fondation, certaines observances de grande mortification et de grande édification pour les fidèles, comme de marcher les pieds nus, de porter des vêtements de bure, de coucher sur des planches, de vivre de leur travail, de s'adonner beaucoup à l'oraison, et de réciter l'office divin à l'unisson et sans notes. Témoins de la grande ferveur et régularité de ces religieux, les visiteurs apostoliques appartenant à l'ordre de Saint-Dominique, établis sur les couvents de Gastille et d'Andalousie, ont favorisé leur extension ; de façon qu'il existe aujourd'hui vingt-deux couvents, tant de religieux que de religieuses, professant la règle primitive et comprenant environ trois cents religieux et près de deux cents religieuses. Les couvents situés en Andalousie ont été fondés sous l'obéissance du visiteur apostolique de l'ordre des Prêcheurs et du visiteur Déchaussé qui leur avait été donné, mais toutefois sans la permission du général. Au omtraire,deux ou trois couvents de religieux qui se trouvent en Gastille, et tous ceux de religieuses, ont été érigés avec l'autorisationdu général. Depuis l'époque où les religieux de l'ordre des Prêcheurs ont cessé de faire la visite, tous les religieux et toutes les religieuses de la réforme ont été gouvernés par un religieux Déchaussé, de leur observance et de leur règle, délégué par autorité apostolique. De sorte que, depuis qu'ils
ont un certain nombre de couvents, ils n'ont jamais été sous la dépendance des provinciaux des MiUgés, sauf an début et le peu de temps qui s'est écoulé depuis le retrait des pouvoirs du dernier visiteur déchaussé jusqu'à la nomination du père Ange de Salazar, carme Mitigé, comme vicaire général, lequel les gouverne aujourd'hui provisoirement et jusqu'à ce qu'on leur donne le supérieur ordinaire qui conviendra.
C'est pourquoi, après avoir entendu à différentes reprises les religieux, tant Biitigés que Déchaussés, sur la question : à savoir, s'il est plus expédient qu'ils ne forment tous qu'une seule province, ou s'il est préférable qu'ils soient partagés en provinces distinctes ; après avoir discuté et mûrement pesé une et plusieurs fois les raisons et motifs qui militent en faveur de la séparation, avec don Louis Manrique, grand aumônier de Votre Majesté, les Maîtres Fr. Laurent de Villavicencio et Fr. Ferdinand del Gastillo, prédicateurs de Votre Majesté, et Fr. Pierre Fernandez, ancien provincial de la province de Gastille de l'ordre des Prêcheurs, et antérieurement visiteur apostolique des religieux et religieuses, tant déchaussés que mitigés, du dit ordre du Garmel dans la province de Gastille, soumettant notre jugement à celui de Votre Majesté, nous avons jugé, d'un commun accord et consentement, qu'il convient pour le service de Dieu, pour l'intérêt de l'observance régulière, le repos et la régularité des religieux, tant Déchaussés que Mitigés, que Votre Majesté adresse une supplique à Sa Sainteté, à l'effet qu'il lui plaise ordonner que tous les religieux et religieuses professant la règle primitive du dit ordre soient constitués en une province séparée des Mitigés et qui comprendrait la Gastille et l'Andalousie, laquelle province serait, comme les autres, soumise au général, mais aurait un provincial particulier, choisi parmi les Déchaussés, élu par la cfite province, en la manière que les provinciaux des autres provinces sont élus canoniquement, suivant les prescriptions du concile ; demandant en outre que Sa Sainteté daigne confirmer les sahites et religieuses observances qu'ils ont établies au commencement de leur fondation, et ce pour les raisons suivantes que nous avons cru utile de consigner ici, signées de nos noms, afin que Votre Majesté puisse plus sûrement et plus facilement persuader à Sa Sainteté d'accorder cette faveur pour les fins susdites.
La première raison qui nous touche. Sacrée, Gatholique et Royale Majesté, c'est que les religieux Déchaussés professent la pramièra règle, confirmée par beaucoup de souverains pontifes et se recommandant
(BUVBI8. — IV. 29
d'un grand nombre de saints qui Tout pratiquée, et qu'Us se pn^osent de ramemer à son origine, avec rautorisation iégitime, Tobservance du dit ordre, en embrassant Tantique rigueur de la règle et en s'adonnant, à l'exemple des andens pères, imitateurs d'Élie, à Texereiee eontinnel de Toraison et de la oownuaieation avec Dieu. Or, pour se maintenir dans ce pieux dessein et rester constamment fidèles à cette obaervanee, ils ont besoin d'un guide et d'un supérieur qui' les gouverne tn spiriiu et virttUe Elix (i), afin que boa exemple et la sainteté de sa vie servent d'encouragem^it aux jeunes religieux ; que, semblable à un vaillant capitaine et à un maître exercé dans toutes lee vertus et dans la discipline régulière, il soit continuellement à leur tète, qu'il anime et excite ses disciples ut xmuientur temper chartsmÊkn melioru (2). L'élat religieux, en effet, est une école où le maître ddt instruire par les ceuvres en pratiquant tout ce qu'il easetgoe. Le supérieur est le cbef qui doit influer la vie dans les membres, et ptr oonséquent, il a besoin de posséder plus de vertu que les autres et d'être plus parfait dans l'observanœ. D faut qu'il marche d'un pas ptos rapide et plus vif, afin de pouvoir entraîner, comme premier mobile, toujs les autres après lui. Il faut, suivani la comparaison de saint Grégoire, que le supérieur l'emporte autant sur ses sujets que k maître sur Télève, le pasteur sur ses brebis. Gela étant, comm^it on provincial mitigé pourrait-il être supérieur des religieux de la r^ primitive, puisqu'il l'observe d'une manière moins parfaite et qnll s'y lie par des liais moins étroits ? Gomment poorr»-t-il par sqd exemple faire aimer et pratiquer persévéramment à ses inférieurs cette règle avec ses rigueurs, quand lui-même l'a délaissée, qu'il a recalé devant elle ? Les deserêorta militix (3) sont indignes des prééminenees que l'on décerne aux soldats qui ont persévéramment combattu.
Une des conditionfi les plus essentielles pour gouverner les Ames, c'est que le supérieur ait un amour tendre pour ses sujets, qu'il soitaffe^ tienne à leur r^e, à leur état, à leurs observances. G'est là, suivant la remarque d'un grave docteur, ce qu'entend saint Paul quand il derosade de l'évèque qu'il soit rem{di de bénignité. < Magna etum p&n prmUii »t esae bonorum amalorem ; magna emm félicita* subéùomm baoêntm
(1) Dans l'esprit et la vertu d*Élie. (Luc, I, 17.)
(2) A reoherclier sans cesse des dons plus ^evés. (I Cor., m, JM.)
(3) Les déserteurs de la milice.
amari ab eo qui prxtidet ; nom qwm pullulmUes germinant boni tc6t amantur (1). » Cet amour suppose toujours la bénignité et Taffection. Qr, il est diff icite que ces deux qualités se renoontrent lorsqu'il y «i diversité d'observance, d'appréoiations et d'obligations, ainsi qu'il arrive entre religieux Mitigés et Décluuissés. Et c'est, ^fectivement, œ qn'oift démontré les troubles et les inqûétudes dtmton a ététémain dorant le peu de teiape que les proviaciaux Mitigés ont gouverné les Déchaussés, l'opposition d'idées ijui existait entre les ans et les autres, et le peu d'estime que les Mitigés professaient pour l'observanoe et ki maaière de vie des I>éckaussés. La vertu n'offre pas tellement de douceurs aux commençants et aux ànies encore imparfaites, qu'ils n'aient nn très grand besoin d^ôtre assistés et consolés par leurs supérieurs, encouragés dans leurs bons desseins, léfioifeés de leurs pieux désirs, soutenus par l'exemple : towles dioses qn'un supérieur mitigé, ne professant pas la règle primitiTe, ne pourra faire qae difficilement.
U est également d'une grande importance que les inférieurs aiment leurs supérieurs. Or, rien ne contribue davantage à faire naître en eux cette affecti<Bi, que de voir leur supérieur soumifi à la môme règle «t aux mêmes observances qu'eux, partageant les mêmes travaux. Un auteur a dit : ùetborum societas et pericuhrum commerdo rectoribus subdàos amon devincit et ad obediendum acritar impeltit (2). Le Fïls de IHeu, le Bon Pasteur et le Supérieur par excellence, pour se concilier notre amour, a voulu se faire semblable à nous. Il a commencé par faire, puis il a enseigné.
Si les reMgieux Déchaussés formaioat une même province avec les Chaussés et s'ils communiqpiaient ensemble sous l'obéissance d'un même provincial, comme les observances sont diflérentes, il n'y aucmt pas d'entente possible, parce que chacun cherchant à faire prévaloir sa façon de faire et son genre de vie, il en résulterait des difficultés, fvds des dissensions et la rupture de la paix.
D'aoitre part, comme le relâchement s'insinue bien pins facilement
(1) Ce qui constitue en grande partie la perfection d'nn supérieur, c^est qa'il aime ceux qui sont bons, car les sujets vertaeiax trouvent un grand bonheur à être aimés de odhn qm les gouverne, et les bons geormeat et se ■Hdtiplient là où ils sont aines.
(â) La conunuDauté de fatigues, la ponticipatioii aux mêmes dangers, attachent les inférleors à ceux qui les gouvernent et les portent efficacement à obéir.
que la vertu, ces rapports mutuels mettraient les Déchaussés en péril de se refroidir, de relâcher de leur austérité et de déchoir de cette ferveur avec laquelle ils ont commencé : ce qu*il importe extrêmement de prévoir, suivant ce conseil de Tapât re : Spiriium nolite extinguere (i). Car si, comme renseigne saint Jean Ghrysostôme: Mullorum ordini unius nocei dissolutio (2), il y aurait pour les bons un danger plus grand encore de se dérégler, s*il y en avait beaucoup, et parmi eux le supérieur, à donner dans le relâchement. Moïse oonsidérait comme très préjudiciable la présence dans Tarmée d'un soldat timide et poltron : Quis est homo formidolosus et corde pavidus ? Vadai el rêver talur in damum suam, ne pavere faciat corda fratrum suorum,ncui ipse timoré perterritus est (S). » Or, si la timidité d*un seul combattant peut avoir pour les autres de si graves conséquences, que n*auTa-t-oa pas à redouter, s'il s'en rencontre plusieurs de ce caractère, si surloot le capitaine est du nombre ? Ainsi, c'est avec beaucoup de raison que dans celte milice de l'état religieux, on se croit obligé de séparer les religieux Mitigés de ceux qui professent l'observance de la règle primitive, dans la crainte que les premiers ne nuisent à la ferveur des seconds et ne les portent à se relâcher dans leur observance.
Nous passons sous silence bien d*aulres inconvénients qu'aurait la réunion, inconvénients que l'expérience a démontrés, et qui disparaîtront tous dès le moment que les Déchaussés auront nn provincial particulier.
Un fait qui témoigne puissamment en faveur de la mesure demandée, c'est la pratique constante des ordres religieux. Toutes les fois que certains couvents veulent embrasser un genre de vie plus réformé sans l'agrément et le consentement des autres, ces monastères d'observance plus rigoureuse sont soustraits à la juridiction du provincial des autres couvents. L'ordre dont il est question nous en fournit lui-même des exemples frappants. Lorsque Eugène IV accorda la mitigation et permit des adoucissements à l'austérité antique, les couvents qui voulurent continuer à pratiquer leur première règle' dans toute sa rigueur ne
(1) N'éteignez pas l'Esprit. (I Thess., ▼, 19.)
(2) Le dérèglement d'un seul nuit à la régularité d'un grand nombre.
(3) Y a-tril quelqu'un qui soit timide et dont le cœur soit pris de frayeur* Qu'il s'en aille et qu'il retourne dans sa maison, de peur qu'il no jette la crainte dans le cœur de ses frères, comme il est lui-même tout sai5i d'effroi. (Deut., xx, 8.)
farent point assujettis par lai au gouvernement des Mitigés, témoin un couvent qui subsiste aujourd'hui encore à Gônes, et qui, après avoir été longtemps sous la dépendance immédiate du Saint-Siège, est aujourd'iiui sous celle du général. Le Souverain Pontife jugeait qu'il n'était pas juste que ceux qui persévéraient dans leur observance, qui voulaient garder la règle primitive dans toute sa rigueur et demeurer fidèles et constants dans leurs engagements, fussent soumis à ceux qui, par faiblesse et par inconstance, reculaient devant les obligations de leur premier état et de leur premier dessein. Et en effet, l'exemple d'un religieux Mitigé qu'avait effrayé la rigueur de la règle primitive pouvait-il engager les autres à y persévérer ? Il n'était pas raisonnable que ceux qui se maintenaient dans une observance et une manière de vie plus parfaites fussent soumis aux Mitigés qui en étaient déchus, puisque le supérieur doit être, par sa fidélité à la discipline, comme une ville b&tie sur une montagne et comme un flambeau placé sur le chandelier. Or, si déjà à cette époque il y avait de justes motifs pour exempter les primitifs de la juridiction des Mitigés, alors néanmoins que probablement l'observance avait subi quelque atteinte aussi parmi les Primitifs, puisque la plupart des religieux avaient demandé la mitigation et qu'au contraire, avec non moins de probabilité, les Mitigés, se trouvant plus voisins de leur première institution, étaient plus observants, à combien plus forte raison les Primitifs doivent-ils être exempts du gouvernement du provincial des Mitigés, maintenant que ceux-ci sont plus éloignés de la perfection originaire, au lieu que les Déchaussés sont encore dans toute la ferveur de leur retour à leur première origine? C'est pour cela que quelques couvents du même ordre, situés aux environs de Mantoue, où la règle mitigée se garde avec plus de perfection que dans les autres maisons, ont des supérieurs de leur observance et ne sont point soumis au provincial de la province.
On retrouve le même fait dans tous les ordres. Dans l'ordre très ancien et très religieux de Saint-Benoit, la même chose eut lieu, d'abord au temps des Cisterciens, et plus tard, lorsque se forma la Congrégation de Sainte-Justine de Padoue. Dans l'ordre de Saint- François, les religieux Déchaussés et les Capucins ont des provinces séparées. De même, dans les autres ordres, on a établi des vicaires généraux et des congrégations munies de supérieurs particuliers. C'est donc ce qui s'est pratiqué tout récemment encore dans cet ordre et dans les autres, que l'on déclare utile de faire par rapport aux
sa DOCUMENTS RELATIFS A SAINTE TÉRÈSE
DéehanâséSy em les constîtiiaiit en proyince séparée et en leur donjumt uni provincial particulier, éltt parmi enx, qui les conserve dans la rijpieur de leur oèservanee, en la gardant tottt le premier.
De plus, les religieux Déchansséft, aujourd'hui existants en ce royaume, ont presque tous été fondés et gouvernés sous la protectioo des visiteurs apostoliques. Témoins de leur tervenr et de leur vie édlMante, convaincus d'ailleurs qu'il ne ienr était pas possible de se maintenir dans la perfection de leur état s'ils dépendaient des Mitigés, ils les prirent sous leur protection ; puis, quand leurs pouvoirs furent e3q>iré8, le nonce apostolique d'alors désigna un religieux Déchaussé sons l'obéissance duquel ils ont récit, exempts des provinciaux Mitigés et donnant à tous de grands exemples de vertu, à l'édification du peuple. AIdh, les établir aujourd'hui en province séparée, avec un provineial de leur observance, ne saurait être considéré comme une nonveanté : œ serait simplement fixer leur situation et leur accorder le droit, si nécessaire pour leur gouvernement et le maintien de leur observance, d'élire un supérieur particulier, lequel supérieur particulier ils n'ont en jusqu'ici qu'en vertu d'une commission spéciale. De là, du reste, il ne saurait résulter nul inconvénient sérieux, ni du côté de l'institot qu'ils professent, puisqu'il est approuvé par l'Églifie, ni du cùbê de kvr généra), ni d'ailleurs : au lien que placer les Déchanssés sous la d^enidance des Mitigés, entraîne les inconvénients indiqués plus haut, et beaucoup d'antres qu'on ne signale pas id, mais dont la cemnàssion est bien an fait
Pour ces motifs et d'autres encore, le saint concile de Trente a réglé qne les supérieurs des religieux professeraient la même règle que leurs siqets. D'où semble résulter la nécessité absolue que le provincial des r^igieux Primitifs ait comme ses sujets professé la règle primitive, afin qu'en vertu de ses vœux et de son état, il soit astreint aux mêmes obligatioas qu'eux, et que la tâte et les membres, le supérieur el ses subordonnés, soient unis par une communauté parfaite de devoîffs et d'observance. Tontes les raiscms susdites conserveraient déjà leur valeur et leur opportunité dans le cas même où les religieux Mitigés observeraient leur règle mitigée avec la perfection qu'elle exige ; mais elles acquerraient beaucoup plus de force encore s'ils ne gardaient pas cette règle et s'ils ne vivaient pas avec ht réforme qu'elle comporte, parce qu'alors le très granre ineonvénienÉ qu'U j anraîl i soumettre les religieux Déchanssés aux religienx Mitigés en serait
beaucoup plus évident et plus certain. Il est hors de doute, en effet, que si les supérieurs ne savent pas gouverner leurs propres maisons comme il convient, bien moins encore pourront-ils s'acquitter de ce devoir vis-à-vis des couvents qu'ils ne regardent pas comme leur appartenant de si près, et dont pourtant le gouvernement réclamerait plus de soins et d'attention. (Test ce que déclare l'Apôtre quand il énumère les qualités d'un bon évoque. Entre autres choses il dit : Siquis domui suxbene prxesse nescii, qucmodo Ecclesix Dei diligentiam habebil (1) ? Ce ne peut être qu'au grave détriment de la vertu, qui perdra de son crédit, et au grand scandale de ceux qui cherchent à l'acquérir, qu'on voie confier la prélature et le magistère de la vie religieuse et réformée à ceux qui n'ont pas su s'acquitter convenablement de la vie mitigée, et que ceux qui ont embrassé la réforme et une observance rigoureuse soient soumis à des supérieurs qui ne s'y sont point essayés et qui sauront moins encore l'apprendre aux autres. Le Sage regarde comme un grand désordre que le serviteur commande et que le prince soit sujet (3), que l'esclave aille à cheval et que le maître marche à pied (3). Le désordre est le même quand ceux qui mènent une vie facile et rdàchée, et qui auraient besoin d'être guidés et formés à l'observance, sont mis à la tête de ceux qui la gardent dans toute sa rigueur et professent une vie plus parfaite. Le disciple ne doit pas être au-dessus du maître ni le serviteur au-dessus de son seigneur.
Phiuppi, ivÊQui DB Plaisanci, nonce de Sa Sainteté. — Don Louis Manriqub. — Fr. Fbrdinard dbl Gastillo. — Fr. Lacrbnt db Viua- YiCBNGio. — Fr. Pibrrb Fbrnajidbz.
Tout ce qui précède a été convenu à Madrid le i5 juillet 1579, par devant moi, notaire soussigné. lia est.
Laurbmt Bautista,
Notaire apostolique.
(1) Si quelqu'un ne sait pas gouverner convenablement sa maison, comment pouira-t-il administrer sagement l'Église de Dieu ? (I Tim., m, 5.)
(2) Prov., XII, 10.
(3) Eccl., X, 7.