DES DÉCHAUSSÉS
(Voir chap. XXVÎII, p. 103.)
Le texte de cette pièce ne troure au tome /* de la Reforma de ïos DescaUos, lib. IV, cap. ixzTii. La Fuente l'a donné au tome de la Correspondance , Apéndices, Secc. tercera, n* 9.
Nous, Philippe Sega, par la grâce de Dieu et de la sainte Église romaine, évèque de Plaisance, nonce apostolique en ces royaumes d'Espagne^ pour notre très saint père Grégoire, par la divine Providence, Pape XIU« du nom, avec les pouvoirs de légat a lalere, etc. A vous, maître Frère Jean Gutierrez de la Madeleine, et Frère Diego de Cardenas, provinciaux des provinces de Cas tille et d'Andalousie, de Tordre de Notre- Dame du Mont-Carmel, et à vous, maître Frère Ange de Salazar, prieur du couvent des cannes de Valladolid, de la province de Castille du dit ordre, ainsi qu'à tous les prieurs et prieures, à tous les autres religieux et religieuses des couvents et monastères des Primitifs, ordinairement appelés Déchaussés, du dit ordre du Mont-Carmel, à tous et chacun de vous que nos présentes lettres et provision concerneront en tout ou en partie, et à qui elles seront montrées : salut en Notre^Seigneur Jésus-Christ et accroissement de piété et d'obéissance à nos ordres ci-inclus, que nous pourrions plus véritablement appeler paroles apostoliques.
Vous savez comment, pofur de justes raisons et motifs, nous avions
soumis les religieux et religieuses de la règle primitive de Notre-Dame du Mont-Garmel aux gouvernement et obéissance des dits provinciaux des provinces de Gastille et d'Andalousie, chacun pour son district respectif, et les avions assujettis à leur juridiction, comme il constc des Lettres expédiées par nous de Madrid, le 16 octobre de Tannée dernière 157â. Maintenant, désirant avec une affection paternelle la paix, la tranquillité et ravanccment des dits religieux et religieuses de la règle primitive, et constatant que les dits pères provinciaux sont suffisamment occupés par le gouvernement des autres religieux dont ils ont la charge, enfin pour bien d'autres motifs encore, qui demandent que les dits Primitifs aient présentement pour les gouverner une personne particulière qui soit libre de tout office de ce genre, nous avons trouvé bon de révoquer, comme de fait, en vertu de Tautorité apostolique à nous conférée, nous révoquons, cassons, annulons par les présentes, la dite soumission des religieux et religieuses de la première règle à Tobédience des dits pères provinciaux, et nous voulons et ordonnons que dès maintenant elle soit privée de tout effet, force et vigueur, et exemptons et affranchissons tous les dits religieux et religieuses de la règle primitive qui sont dans les provinces de Gastille et d'Andalousie, tant présents qu'à venir, tous leurs couvents et toute autre chose à eux appartenant, de l'obéissance et sujétion aux dits pères provinciaux et à toute autre personne quelconque, députée par eux et investie de leur autorité. Et nous ordonnons aux dits provinciaux et à chacnn d'eux, tant présents qu'à venir, en vertu de la sainte obéissance et sous peine d'excommunication majeure latx sententiœ, à encourir après une monition tenant lieu des trois canoniques, que dès qu'ils auront connaissance de nos présentes Lettres, ils se désistent et démettent de la supériorité et juridiction qu'ils possèdent sur les dits religieux et religieuses de la règle primitive, et que dorénavant ils n'exercent sar eux, ni par eux-mêmes ni par tierce personne, directement ou indirectement, aucun acte de juridiction, et qu'ils laissent toute affaire quelconque ou cause commencée en l'état où elle se trouvera quand nos présentes Lettres arriveront à leur connaissance. Et sous la dite peine d'excommunication, nous ordonnons qu'ils remettent toutes les pièces concernant les causes des religieux et religieuses de la règle primitive, qui auraient été rédigées durant la visite ou hors d'elle, au dit père maître Frère Ange de Salazar, et nous ordonnons sous la dite peine aux dits religieux et religieuses de la règle primitive de ne point reconnaître
les dits pères provinciaux pour leurs supérieurs et de ne point leur obéir. Et parce que, bien informé de la piété et sainte vie du dit père maître Frère Ange de Salazar, nous avons la confiance qu'il répondra .au dessein et aux pieux désirs des religieux Primitifs, qu'il fera revivre parmi eux Tesprit et la pénitence des anciens pères qui ont marché sur les traces d'Élie, en les gouvernant inspirilu et virlule Elue convertendoque corda patrum in filiis (4), et que par ses exemples et ses enseignements restituet et exultationem Cannelo (2), en vertu de l'autorité à nous conférée, nous vous instituons, nommons et faisons, vous, père maître Fr. Ange de Salazar, supérieur et vicaire général — et quant à ce, indépendant de quelque provincial que ce soit — de tous les couvents et maisons de religieux et religieuses de la règle primitive de Notre-Dame du Mont-Carmel, qui existent et existeront, soit dans le ressort de la province de Castille, soit dans celui de l'Andalousie, et de tous les religieux et religieuses, tam in capitibns quam in membris (3), vous donnant tous les pouvoirs nécessaires pour gouverner, visiter, corriger, châtier, confirmer et déposer les prieurs et prieures, présenter les confesseurs aux révérendissimes Ordinaires, promouvoir ad sacra ordinis prœvio tamen examine et condttione requisitis a sacro Tridentino Concilio (4), avec tous les autres pouvoirs dont ont coutume de jouir les provinciaux du dit ordre dans leurs provinces, lesquels pouvoirs dureront tout le temps qu'il nous plaira. Et vous vous conformerez exactement h tout ce qui sera contenu dans une instruction ou mémoire qui vous sera remis avec les présentes, muni de notre signature et de celles du très Ulustre seigneur don Louis Manrique, grand aumônier de Sa Majesté, et des révérends pères Laurent de Villavicencio, Ferdinand del Gastillo et Pierre Femandez. Et vous ordonnons, en vertu de la sainte obéissance, et sous peine de rébellion et d'excommunication majeure, d'accepter la présente nomination de vicaire général et d'en exercer les fonctions. J'impose, sous le même précepte et
(1) Dans Tesprit et la vertu d'Elie, et en ramenant le cœur des pères vers leurs enfants. (Luc, i, 17.)
(2) Il rendra Tallégresse au Garmel. Le prophète Isaïe avait dit : « Et auferetur Ixiitia et exuUatio de Carmelo, La joie et l'allégresse seront bannies du Garmel. • (XVI, 10.)
(3) Tant supérieurs que sujets.
(i) Aux saints ordres, ce néanmoins après que les ordinands auront subi Texamen cl rempli les conditions ordonnées par le saint concile de Trente.
sous la même peine de rébellion et de censare, à tous les religieux et à toutes les religieuses de la règle primitive présents et à venir, de vous recevoir pour leur supérieur et leur vicaire général, et de vous obéir en cette qualité. In nomitie Patris,€t Filii, et Spiritus sancW. Anten, Donné à Madnd, le 1«' avril 1579.
PhIUPPB, ÊVÊQUB DI PlâI8à1ICE| Konoe aposloliQM.