LETTRE DE DON LOUIS MANRIQUE AU PÈRE GRATIEN
(Voir chap. XXIX, p. 152.)
Don Louis Manrique^ grand aumônier de Philippe II, acait été en f57ù du nombre des assesseurs donnés par le monarque an nonce Sega^ en rue de régler le différend survenu entre les Mitigés et les Déchaussés, Il s'était montre tout dévoué aux intérêts de la réforme, Atf texte de cette lettre nous a été conservé par le père François de Sainte-Marie, au tome /«*• de la Reforma de lo« Descalzos, lib. V, cap, vm. La Fuente Va placé aux Ap*»nilice3 de t£'pistt>laire, Secc. tercera, Cartas y Documentos, n* 11.
Mon très révérend Père,
La dépèche qu'on attendait de Rome pour Theureuse exécution do bref reçu il y a quelque temps, est arrivée ici avant-hier. Elle désigne le père Pierre Fernandez, nommé d'ici par Sa Majesté. A lui iDCombf le devoir de convoquer un chapitre au lieu qu'il trouvera bon, de l»* présider et de s'occuper des constitutions qui seront ti faire. Et pour montrer qu'il faut agir promptement. Sa Majesté a ordonné d'écrire sur-le-champ au nonce et de lui envoyer copie de la dépèche, afin qu'il soit instruit du commandement de Sa Sainteté, et qu'il dise sa pensée relativement au premier bref et à celui-ci. Le premier lui a été envoyé aussitôt sa réception. Mais comme le nonce a été malade, il n'a pas répondu. Cette fois, il répondra certainement à tout, et il est hors de doute qu'il sera satisfait. Sa Majesté a trouvé bon de rendre compte des choses au seigneur nonce, cette déférence étant de tout point convenable.
Il est à désirer que Votre Révérence se rende sans retard à Sala-
manque, parce que le père Pierre Femandez aura besoin d'être renseigné sur certains points. Il faudra parler des constitutions ettftcherquc tout soit parfaitement réglé, afin qu'il n'y ait pas lieu de retarder le chapitre. Sa Majesté serait très contrariée s'il se produisait de ce côté quelque obstacle ou difficulté, qui fit traîner l'affaire en longueur. Votre Révérence s'assurera aussi si tous les empêchements provenant des sentences rendues par le seigneur nonce sont levés, ce qui est indispensable ; elle voudra bien m'en donner avis, ainsi que de tout ce que j'aurai besoin de savoir.
Sa Majesté va bien ; il y a trois jours qu'Elle se lève l'après-midi. Elle est en pleine convalescence. Que Vos Révérences demandent à Notre-Seigneur de lui donner la santé et la prolongation de vie dont nous avons tous besoin. Demandez-lui aussi d'achever de sa sainte main l'arrangement et l'affermissement des affaires de Portugal, de la manière qui sera la plus avantageuse à sa gloire, et au bien, tant spirituel que temporel, de ces royaumes et de toute la chrétienté.
Que Notre-Seigneur garde en son saint service la très religieuse personne de Votre Révérence et la comble de félicitO.
Badajoz, 11 octobre 1580.
Le serviteur de Votre Révérence, qui vous baise les mains,
Don Louis Manrique.