‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 155 sur 185 · VOYAGE DE PALENCIA A SORIA ET RETOUR A AVILA · texte numérisé non relu

VOYAGE DE PALENCIA A SORIA ET RETOUR A AVILA

RÉCIT DB LA véffâRABLB ARNB DI SÀHVT-BAETBiLBIlY

(Voir chap. XXX, p. 160.)

Ce document est emprunté à la Relation inédite de la vénérable Aymé de Saint-Barthélémy y déjà citée.

Nous nons rendions à nnc fondation (1), et il se trouvait qu'on avait grand besoin d'eau dans le pays. Ceux [qui escortaient là mère la supplièrent itistamment de prier Notre-Seigiieur qu'il leur envoyât delà pluie. Elle dit aux sœurs qui raccompagnaient de réciter les litanies, et toate:> se mirent en devoir de le faire. Elles n'avaient pas encore achevé qu'il se mit à pleuvoir, et toute la nuit la pluie continua à tomber abondamment. La mère fit aussitôt réciter un Te Deum, pour rendre grftoes à Notre-Seigneur de la faveur qu'il nous avait faite en accordant la pluie. Nos compagnons de route furent touchés d'une telle dévotion en voyant comment la sainte leur avait obtenu si promptement l'effet de leur demande, qu'ils en versaient des larmes. Du reste, ce fait et bien d'autres analogues qui lui arrivaient, ne lui inspiraient pas la moindre vaine gloire. Je lui ai même entendu dire que jamais en toute sa vie elle n'avait eu à se confesser de semblable péché.

Qu'on juge à présent combien le monde est divers en ses appréciations. Un autre jour, comme nous approchions d'un village, il en sortit des gens qui dirent : c Oh I les pauvres malheureuses I voilà qu'on les mène prisonnières à l'Inquisition ! » Ils parlaient ainsi parce que

(1) Celle de Soria. La narratrice la nommera plus loin.

parmi ceux qui escortaient la mère dans ce voyage, il y avait un alguazil avec sa verge, que Tévéque d'Osma avait envoyé pour accompagner la sainte mère jusqu'à la fondation de Soria. A son arrivée, révéque se trouvait à une fenêtre, attendant son passage. Il nous donna de là sa bénédiction. Mais comme la sainte mère a écrit elle-même cette fondation de Soria, je n'en dirai rien ici. Elle revint ensuite à notre couvent de SaintnJoseph'd'Avila.

Notre sainte mère Térèse de Jésus arriva en ce monastère de Saint- Joseph au commencement du mois de septembre 1581, revenant de la fondation du monastère de Soria. Et comme ce couvent de Saint- Joseph désirait toujours Favoir pour prieure, dès notre arrivée les religieuses arrangèrent les choses pour cela. Celle qui remplissait cette charge obtint du père provincial de se démettre de son office, afin qu'on pût sans délai élire notre sainte mère, ce qui eut lieu. Ce couvent se trouvait alors en extrême nécessité au point de vue temporel, et ce qui est admirable, c'est qu'à pariir de ce jour, jamais le nécessaire ne lui a fait défaut. Ses affaires se sont même teUement améliorées, que malgré les dettes considérables dont il était chargé, non seulement, par la providence de Dieu, eUes se trouvent couvertes, mais la communauté a de quoi vivre, et cela, sans les soucis et les difficultés qui pesaient sur elle auparavant. Si j'avais maintenant à parler dn spirituel, il y aurait bien à dire; mais ceci regarde les supérieurs, qui sont mieux au courant des choses. Pour moi, je n'ai qu'à écrire cette relation dont notre père provincial m*a chargée. ••

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