‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 4 sur 185 · CHAPITRE XXII. ~ BEAS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII. ~ BEAS

Klle leur permit inèiiie de se livrer à une occupation qui, pourôtre très méritoire, n'en était pas moins fort au-dessous de leur rang : celle d'enseigner le travail a Taiguille et la lecture aux petites filles, sans rien recevoir en retour, mais uniquement pour avoir l'occasion de leur apprendre leurs prières et la doctrine chrétienne. Il en résultait un lûeii considéralde, car les enfants venaient à elles en trrand noml>re, et leur conduite montre aujourd'hui la valeur des leçons qu'elles ont reçues dans leurs premières années. Malheureusement cet état de choses ne dura pas longtemps : le démon, jaloux de cette bonne œuvre, suggéra aux parents que c'était une honte pour eux de laisser instruire leurs filles gratuitement. Ceci, joint aux maladies qui commençaicTit à s'appesantir sur elle, força Catherine de s'arrêter.

Cinq ans après la mort de leur père, les deux sœurs perdirent aussi leur mère (1). Doua Catherine, qui avait toujours eu vocation pour la vie religieuse et n'avait été retenue que par l'opposition de ses parents, voulut aussitôt s'éloigner pour trouver un couvent, car il n'y en avait pas à Veas. Les personnes de sa famille lui représentèrent qu'elle et sa sœur ayant assez de fortune pour en fonder un, elles feraient bien de l'établir dans leur ville natale, et procureraient ainsi plus de gloire à Xotre-Seigneur. CiOmme Veas dépend de lacommanderiede Saint- Jacques, il fallait l'autorisation du (Conseil des Ordres (2). Cathe-

(1) Kn 1565.

(i) n y avait en KspaKiir r|iiiiU*o onlrrs militai n's approuvL's du Saiiil- Siègo : cr»ox de Sain t-Jac<i nos, de Galatrava, d\Vlcaiitara et do Montesa. I^ Conseil des Ordres était un tribunal supi'ème, composé d'un président cl de six elicvaliei-s, ]»ris dans les divers onlivs. Il avait la même autorité

10 LES FOUDATIQNS.

rine se mit doue en devoir de la demander. La chose fat extrêmement difficile à obtenir. Quatre années s'écoulèrent, pendant lesquelles ni peines, ui dépenses ne furent épargnées, et cela sans succès, jusqu'au jour où Yoa dressa une supplique qui fut présentée au roi lui-même. Voici comment la chose arriva. Voyant dépareilles diffi* cultes^ les parents de Catherine lui disaient que c'était folie de persister dans son entreprise et qu'elle devait y renoncer; qu'aussi bien, retenue presque eoutinuellement au lit par les grandes maladies dont il a été parlé, elle ne trouverait aucun monastère qui consentit à la i*eeevotu\ Elle répondit que si dans un mois Notre-Seigneur loi rendait la santé, ils devraient reconnaître que tel était son bon plaisir : dans ce cas, elle irait elle-même à la cour faire les démarches nécessaires (1). Quand elle tenait ce langage, il y avait plus de six mois qu' elle ne se levait point du lit, et près de huit ans qu'elle ne le quittait guère. II y en avait huit également qu'elle souffrait d'une fièvre continue, qu'elle était atteinte de consomption, de phtisie et d'hydropisie, enfin consumée d'un tel feu dans le fûe, que la chaleur se faisait sentir à travers ses couvertures et brillait même sa chemise. Ceci parait incroyable, et pourtant, je l'ai appris du médecin qui Ta

<lont jofiîâsaient autrefois W Maiti-es de cp:* ordres. Une n)iiro!».'*ion un i>ap«' Adrien Vl lo réunit à \m covromLe, mois cette condition «(Hr le roi, administrateur perpétuel des ordres, ne pouri'ait cependant accomplir par luimême aucnn acte concernant le spiritorl, mais en chargerait des membrf*s de ces nit^mes ordres. La juridiction de ce Conseil, qui ne formait avec le roi qu'un seul tribunal, était ecclésiastique et réguliéii», bien qnVxen^iV par des laie». £Ue était sovreraine et s'étendait à toulr^ les causes concernant les peraoïraes et les bten« des onlres, ainsi qae le^ IwJntaata de Icagrs territoires, (i) On était en décembre 1573.

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