‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 40 sur 185 · CHAPITRE XXVII. — CLVRAVACA · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII. — CLVRAVACA

rendus sur les lieux et s'ils n'avaient pris tous les arranjfeinents, j'étais, pour ma pai't,. prête à y renoncer.

Mon but, en renvoyant Antoine Gaytaii àC^aravaica, était ile faire placer un tour et des friiUes à la maison destinée à servir pour la prise de possession et à lo^er ensuite les reli,irieuses, en attendant qu'on leur trouvât nue habitation convenable. Il resta, à cet effet, assez longtemps à l'ara vaca. O fut liodrigue de ^ïoya, père, comme je Taidit, de Tiuie dos jeunes filles, qui, de très grand cœur, nous céda inie pai'tie de sa demeure.

L'autorisation était accordée et j'allais me mettre en route pour (-aravaca, (juand j'appris qu'une clause pla<;ait le monastère sous la dépendance des conmiandeurs et les religieuses sous leur ol>éissaiice. Je ne pouvais aecepter pareille chose, puisqu'il s'af[2;issait d'un couvent de Tordis de Notre-Dame du ^font-Carmel. Il fallut demander nste nouvelle autorisation. Sans doute on l'etit refusée, comme il était arrivé pour Veas. Mais j'écrivis au roi don Philippe, qui eut aussitôt l'extrême bienveillance d'ordonner ({u'on l'expédiAt (1). Disposé comme il l'est à protéger les religieux qu'il sait fidèles à leur profession, connaissant^ de plus, le genre de vie de ces monastères et sachant qu'on y observe la règle primitive, il nous favorisa en tout. Je

{i) La soconilo Païen le, accordrc pur Philippe II rouformémeut aux 4é»iri!; île sainte Tér^sc, est ilatôe du 9 Juin lovo. Elle se volt encore *« tôle du Registre conventuel du monaslère de Caravaca. Les religieuses dr cette communauté ont bien voulu, au prix d'un long travail, en exécuter pour nous une transcription parfaitement fidèle. .Nous repTOduisons eu grande partie, Docum. 38, oetle curieuse pièce, émanée de la cfaanoeUorie ^le Pkilipipe U et portant la signature du monarque. Elle contient d'intéressante détails, tant sur les fondatrices que sur les formalités offîcioUes auxquelies les n^ligieuses avaient à se soumette n 1 epard de l'ordi-e de SaiH't-Jacques.

VOUS le demande donc avec instance, mes filles, qu'on continue toujours à prier très spécialement pour Sa Majesté, ainsi que nous le faisons à présent.

Comme il fallait demander une nouvelle autorisation, je pris le chemin de Se ville, par ordre du père maître Jérôme Gratien de la Mère de Dieu, qui, je l'aï dit déjà, était alors provincial et Test encore aujourd'hui (1). Les pauvres demoiselles demeurèrent renfermées jusqu'au l*"" janvier de Tannée suivante, et le message envoyé par elles à Avila remontait déjà au mois de février. L'autorisation arriva trèspromptement. Mais, me trouvant si loin et aux prises avec toutes sortes de difficultés, je ne pouvais m'occuper d'elles. Elles me faisaient cependant une profonde pitié, car dans leurs lettres, qui étaient fréquentes, elles me disaient tout leur chagrin. On ne pouvait les laisser davantage en pareille situation.

Me rendre moi-même sur les lieux, il n'y fallait pas songer, soit à cause de la distance, soit parce que la fondation dont je m'occupais n'était pas achevée. Le père maître Jérôme Gratien qui, on le sait, était visiteur apostolique, régla que les religieuses destinées à la fondation de Caravaca iraient la faire sans moi. Elles se trouvaient alors à Saint-Joseph de Malagon. J'eus soin de désigner ime prieure que je croyais capable de remplir à merveille cette mission, et par le fait, elle est bien meilleure que moi (2). Les religieuses partirent, munies de tout ce

(1) Nous avons dit p. 20, note 1, que le nonce Ormaneto, dans son bref du 3 août 1573, avait donné au père Gratien le titre de provincial des Déchaussés.

(2) Sainte Térèse avait d*abord désigné comme prieure de Garavaca la mère Marie de Saint-Joseph (de Salozar), et déjt\ les fondatrices lui avaient

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