‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 41 sur 185 · CHAPITRE XXVn. — CAHAVACA · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVn. — CAHAVACA

qui était nécessaire, et accompagnées de deux de nos pères carmes déchaussés (1), car, depuis quelque temps déjà, le père Julien d'Avila et Antoine Gaytan étaient retournés chez eux. La distance étant considérable et le temps très mauvais — on se trouvait à la fin de décembre, — je no voulus pas les faire revenir. Les religieuses, à leur arrivée (2), furent reçues avec une grande joie par les habitants, mais surtout par les jeunes filles qui vivaient retirées dans leur clôture. On plaça le très saint Sacrement le

t'*crit pour lui rendra obéissance, comme aussi pour lui témoigner leur filiale affection : c'est la mèi-e Marie de Sain,t-Joseph elle-même qui nous rapprend dans son Lihro de las Becreaciones (Recreac. IX). Mais la sainte crut devoir changer de résolution. Elle nomma Marie de Saint-Joseph prieure de la future fondation de Séville, et arrêta son chois sur Anne de Saint-Albert comme fondatrice de Garavaca. Cependant, cette dernière fondation se trouvant ajournée, clic conduisit Anne de Saint-.Ubert à Séville, et ce fut de là que, vers la fin de Tannée, elle la dirigea sur Garavaca, munie d'une instruction détaillée sur diverses obligations de la clôture et plusieurs formalités & remplir. Cette instruction se trouve aux Actes et MémoireSy n^ô. Anne de Saint-Albert se rendit de Séville & Malagon, d'où elle partit avec quatre religieuses : Barbe du Saint-Esprit, Anne de rincarnation, Jeanne de Saint^Jérôme et Catherine de T Assomption, converse. Le monastère de Caravaca garde encore les deux Patentes, datées de Séville, que le père Grhtien donna à la mère Anne de Sain tr Albert et à la mère Barbe du Saint-Esprit (22 novembre 1575), pour remplir les fonctions de prieure et de sous-prieure. On les trouvera aux Docum. 39 et 4(). La mère Anne de SaintrAlbert gouverna le monastère jusqu'en 1581, en vertu de la nomination du père Gratien. A cette époque, des élections canoniques, présidée^ i^ar saint Jean de la Croix, la maintinrent à la tète de la communauté. L'acte de ces élections se conserve au monastère de Caravaca. Nous en donnerons la traduction sous le titre de Document 41, d'après une transcription qui nous a éUî envoyée du monastère. Nous avons donné au tome précédent, p. 369, quelques détails biographiques sur .Vnne de Saint-Albert.

(1) Le père Ambroise de SaintrPierrc, sous-prieur et vicaire du couvent d'Almodovar, et un compagnon dont on ne sait pas le nom. On trouvera & la fin du volume, Docum. 42, la Patente par laquelle le père Gratien chargea le père Ambroise de diriger la fondation de Caravaca.

(2) Le jour de rExpectation de la sainte Vierge, 18 décembre 1575.

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jour du saint Nom de Jésus de Tannée 1576 (1), et le monastère se trouva fondé (2).

Deux des postulantes prirent Thabit sans délai. La troisième était fortement atteinte de mélancolie et, apparemment, elle ne se trouvait pas bien de la clôture. Qu'eût-elle fait sous une règle aussi sévère et aussi pénitente que la nôtre? Elle se décida donc à rentrer chez elle, pour y vivre avec une de ses sœurs. Admirez ici, mes filles, les jugements de Dieu, et voyez combien nous sommes obligées de le servir, nous qui avons eu la grâce de persévérer jusqu'à la profession et de nous fixer pour toujours dans sa demeure, en qualité de filles de la Vierge. Notre- Seignem' s'est servi des désii*s et de la dot de cette jeune personne pour établir le monastère, et au moment où elle

(1) G'estrà-dire ie i*' janvier, la tète de la Girooncision et celle du sainl >om de Jésus n'ayant formé longtemps qu'une seule et même fête.

(à) Quelques mois plus tard, la communauté se transfera hors de la ville. G^est là qu'habitent encore les oannélites, mais par suite de l'extension de Caravaca, le monastère a maintenant sa façade sur la CaKe mayor. Des cellules du premier étage, les religieuses jouissent d'une vue splendide. Au delà des deux jardins du monastère et des beaux champs qui occupent la vega, elles voient serpenter comme un ruban d'argent la rivière Argos, affluent de la Segura. A l'horizon, dans la direction du sud-est, s'étendent les trois chaînes des sierras \ à l'ouest, entre deux gorges, s'ouxtc une nouvelle plaine, et dans une seconde perspective, on aperçoit la petite ville de Gehegin, distante d'une lieue. Un ciel d'une limpidité et d'un axur incom- (larables vient compléter ce délicieux imnorama, qui faisait dire à sainte Térèse : • Pour avoir des eaux et une vue semblables, je donnerais aUlours im prix bien plus élevé. » (Iiettre à Rodrigue de Moya, 19 féA-rier 4576.) Le couvent, tout en pierre, est solide et régulier. L^ patio contient de grandes urnes, remplies de terre, où se conservent les racines dïmmeuses jasmins, vraie merveille en leur genre, qui grimpent le long des murs, jusqu'à la hauteur du troisième étage, el embaument les cloiti-es de leur parfum. Le premier jardin, ofi les religieuses cultivent quelc[ues fleurs, est remarquable par deux cyprès gigantesques, qui datent do la fondation el dominent de beaucoup la toiture du couvent. Hs s'aperçoivent de fort loin et ser>'ent à distinguer le monastère. Le second jardin, réuni dans la suite à Tenclos par un mur de clôture, sert de potager et de verger.

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