CHAPITRE XXIX. — PALENCIA
fit si bien les choses, que non content de nous tenir Ifei maison libre, il nous prépara des lits et nous combla dl» bien d'autres attentions. Ce n'était pas sans besoin. Il faisait grand froid et la journée avait été très pénible, par suite d'un* épais brouillard qui nous empêchait presque de nous voir les uns les autres. Je dois l'avouer cependant, nous primes peu de repos: il fallait bien préparer une pièce où l'on pût dire la messe le lendemain, avant que notre arrivée fût connue. L'expérience m*a montré que c'est la ligne de conduite à tenir dans les fondations, car si Ton attend que chacun dise son mot, le démon brouille les choses, et lors même qu'il ne vient pas à bout de son dessein, il réussit du moins à inquiéter. Dès le lendemain matin donc;, prescpie au point du jour, un ecclésiastique grand serviteur de Dieu, nommé Porras, célébra la messe. Il nous avait accompagnées avec Augustin dé Vîtoria, un autre ami des carmélites de Valladolid (1),
calcaire les représente tous deux à genoux dans l'attitude de la priera L'épitaphe du chanoine Reinoso est la suivante :
HimOKTMO DB RbIHOBO TBAHQUIU JkHIlU YIRO MODKSTISe. DiTlHIS 08FICII8 ÀTTBRTIflS» ■CCLBSIASTIOiB DISCIPLUIA 0B8EBYAJCT188. ORATIOXI PHITATJI DBDITO. M. A. DS SaUIIAI IH CUBA PAUPXBCM IKOITIDUO COMITI HUJ. ECCI.. GUkKOKICO PLAKB PBEABTTBBO QUBII PSCQ- LIARIB. nOJI0RIFICBRTI8S«Q* EXBQOHft [XIII KaL. JaIUAAII ARHI MDG GaPITULCM UOSOÊr TATIT SCU8 J* A. DB COBDCBA AlfflAS DBT AlABABÇA P08CIT. S. T. CflBL. S.
A Jérâme de JReinoso, homme pacifique autant que modeste, très assidu aux offices divins, très fidèle observateur de la discipline eeclésiastique, en son- particulier fort adonné à Voraisony inséparable oonipstgnon de Martin- Alphonse de Salinas dans le soin des pauvres, chanoine vraiment prêtre de cette église, que le chapitre honora, le XIII des Calendes- de Janvier de l'an MDC, de funérailles spéciales et réellement splendides. Son ami Jean Alphonse de Cordoba, abbé d'Alabança, a érigé ce monument» Il implore pour lui le salut étemel.
(1) Voici le texte de sainte Térèse : Luego de mafUina casi en mnaneciendo, dijô misa un clerigo que iba con nosotras, llamado Porras, harto siervo de
qui m'avait même prêté de Fargent pour aménager la maison et avait eu pour nous toutes sortes d'attentions durant le voyage.
Nous étions cinq religieuses, moi comprise, plus une sœur qui, depuis un certain temps, m'accompagnait dans tous mes voyages. Elle est. converse, mais si grande servante de Dieu et si prudente, qu'elle peut m'aider plus que bien d'autres qui sont religieuses de chœur (1).
Malgré les fatigues que le temps pluvieux nous avait occasionnées en route, nous dormîmes peu cette nuit-là. J'étais charmée que la fondation eût lieu • le jour où
Dios, y oiro amigo de las monjas de Valladolid, llamado Agustin de Viioria, Non seulement les traducteurs de sainte Térèse, mais beaucoup de ses historiens, en sa propre langue, ont cru qu'Augustin de Vitoria, comme Porras, dit la messe à Palencia le jour de la prise de possession du monastère, et par conséquent qu'il était prêtre comme lui. Le père Bouix, de même, fait dire h, la sainte : « La seconde messe fut dite immédiatement après, par un autre ecclésiastique, appelé Augustin de Victoria, etc... » Aysmt pu constater, par un extrait du registre des professions du monastère de Valladolid, qu'une des religieuses qui s'y trouvent mentionnées était fille d'Augustin de Vitoria, nous avons demandé de plus amples renseignements aux mères de ce couvent. Elles nous ont assuré qu'Augustin ne fut jamais prêtre. C'était un gentilhomme de Valladolid, marié à doua Isabelle de Castro et père de plusieurs enfants. Riche des biens de ce monde et plus encore de vertus, il s'attacha extrêmement à sainte Térèse et à ses religieuses, et devint grand bienfaiteur du couvent de Valladolid. L'une de ses filles y prit le voile, avec le nom de Marie de Sain tr Augustin, l'année même où mourut sainte Térèse. Voir tome précédent, p. 114.
(1) Les religieuses que mentionne d'abord la sainte étaient : la mère Agnès de Jésus et les sœurs CaUierine du Saint-Esprit, Marie de Saint- Bernard et Jeanne de Saint-François. (Cfr. Ribera, lib. UI, cap. x.) Elle allait bientôt appeler de Salamanque les sœurs Isabelle de Jésus et Béatrix de Jésus, pour les établir prieure et sous-pricure de la nouvelle fondation. Quant à sa compagne de voyage, c'était la vénérable Anne de Saint-Barthélémy. Trois ans auparavant, sainte Térèse s'était fracturé le bras gauche, en tombant du haut d'un escalier dans son couvent d'Avila (Veille de Noël 1577). Depuis lors, elle ne se servait plus que très difficilement de ce bras, et la sœur Anne devait l'aider à se vêtir et à se dévêtir. A partir de 1579, la pieuse converse suivit la sainte dans ses voyages. Celle-ci, qui estimait beaucoup sa