‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 67 sur 185 · CHAPITRE XXIX. — PALENCIA · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX. — PALENCIA

gation couuiie dans la réforme, et personne ne nous empêche de servir Notre-Seigneur. Puisqu'il a si bien exaucé vos prières, à Tœuvre maintenant, mes frères et mes sœurs ! Hàtons-nous de servir la divine Majesté!

Que les religieux d'aujourd'hui, témoins oculaires de tout ce qui s'est passé, considèrent les gi*àces que Dieu nous a faites, les tribulations, les troubles dont il nous a délivré^. (Juant à ceux qui nous suivront et qui trouveront les obstacles aplanis, je le leur demande, pour

ôtemel. ITapivï» la mt'inc ivligieuse, eUc aumil eu ru vélaUon que sa demande «itaii exaucép. On Ut, en effet, dans la 1'* déposition juridique de la m^ro Isabelle pour la canonisaUon de la sainte : « En ce temps-là, une religieuse (Isabelle de Saint-Dominique elle-même) lui parlant de ce qui concernait son àme, lui dit ceci : " Ma mère, je ne sais comment cela se fait, mais à l'oraison et à la communion la pensée d'une certaine personne se pivsento pres^iue continuellement à moi. Une fois, après avoir communié, j'aurais voulu ne point penser à autre chose. Je dis donc : Seigneur, d'où vient cela.' Et il me sembla recevoir cette réponse : Ma fille, je veux qu'il se sauve. Tout en croyant que cette psurole venait de I>ieu, cette religieuse n'osait y ajouter foi sans la communiquer. Elle s'en ouvrit donc à la mère, qui lui répondit : La même chose m'est arrivée à moi-même. Recommandez-le à Dieu, car telle est sa volonté, il a passé par de grandes tribulations et il lui en reste beaucoup à supporter. Ceci, ajoute Isabelle, je l'ai su de toutes les deux au moment où la chose eut lieu, c'est pourquoi je me hasarde à la consigner ici. La chose s'est passée, j'en ai la certitude, U y a vingt-deux ou vingt-trois ans. » Isabelle de Saint-Dominique s'exprimait ainsi en 159t), alors que Philippe II vivait encore. Après la mort de ce prince, elle déclara ouvertement à une carmélite de Saragosse, qui avait sa confiance, la mère Félicienne de Saint- Joseph, que c'était bien du monarq[ue qu'eUe avait parlé. Philippe II mourut à l'Escurial le 13 septembre 15d8, après une longue et douloureuse maladie, durant laquelle il donna les marques de la résignation la plus chrétienne. 11 voulut rendre lo dernier soupir tenant entre ses mains le crucifix avec lequel était mort l'empereur son père et demanda qu'on l'ensevelît avec l'habit de l'ordre de Saint-François. En apprenant que PhiUppe U avait quitté la ten-e. Clément VIII s'écria que l'Église perdait eu lui un grand défenseur. (Gfr. He forma de los Descalzos, t. III, lib. X, cap. Tiii. ~ Dép. de la sœur Pétronille-Baptiste, Inform. d'Avila, 1610. — Lanuza : Vida de la Hendila Madré Isabel de S. Domingo, lib. III, cap. xiii.)

l'amour de Notre-Seigneur, qn'ils ne laissent jamais déchoir la perfection, ne fût»-ce que sur un point seulement ! Qu'on ne dise pas de nous, par leur faute, ce qu'on dit de certains ordres : les commencements en furent louables. Nous commençons maintenant. Efforçons-nous de commencer toujours, et d'aller sans cesse de bien en mieux. Songez-y, c'est par de très petites infidélités que le démon ouvre les brèches par où passent les très grandes. Qu'il ne nous arrive donc jamais de dire : Ceci importe peu, ce sont là des exagérations. 0 mes filles ! tout est grave, du moment que l'on cesse d'avancer. Je vous en supplie, pour l'amour de Notre-Seigneur, rappelez-vous la rapidité avec laquelle tout passe, la faveur que Dieu nous a faite en nous appelant à cet ordre, et le rigoureux châtiment dont sera frappée celle d'entre nous qui introduira le relâchement. Tenez les yeux attachés sur la race des saints prophètes dont nous descendons. Que de saints nous avons au ciel, qui ont porté notre habit ! Concevons la sainte présomption de nous rendre, avec la grâce divine, semblables à eux. La bataille durera peu, mes sœurs, et le terme est éternel. Laissons toutes les choses d'ici-bas, qui, après tout, ne sont rien, et occupons-nous uniquement de celles qui nous rapprochent de cette fin qui ne finit point, de celles qui nous aident à mieux aimer, à mieux servir Celui qui vivra éternellement. Amen. Amen.

Grâces soient rendues à Dieu!

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