‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 76 sur 185 · CHAPITRE XXX. — SORIA · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX. — SORIA

profondes racines, les accidents extérieurs ont peu de prise (1).

Enfin, grâce à Dieu, nous vîmes le terme de ce malencontreux voyage. Nous arrivâmes à Saint- Joseph de Ségovie la veille de la fête de saint Barthélémy 2). Nos sœurs étaient bien en peine de nous voir si longues à venir, et vraiment les mauvais chemins nous avaient causé un retard considérable. Elles prirent de nous tout le soin possible. C'est ainsi que Dieu ne me donne jamais rien à souffrir sans m'en récompenser aussitôt. Je me reposai là huit jours, et même davantage (3). En somme la fondation de Soria s'étant effectuée avec tant de facihté, il n'y a pas à tenir compte des petits contretemps cjue je viens

(1) Dans une lettre au chanoine Rcinoso, écrite de Soria le 13 juUlet 1581, sainte Térèse louait déjà la vertu de Ribem, « este sanlito de racionerOf ce petit saint de prébende -, comme elle le nomme. « Certainement, remarque-t-elle, cette âme n'est pas connue, car une si profonde humilité ne peut qu'être accompagnée de grandes richesses spirituelles. -

(2) Le 23 août 1581. La sainte avait fait trente-deux: lieues par des chemins abrupts et détestables.

(3) Pendant ce court séjour, sainte Tér^se écrivit à sa sœur Jeanne de ^Vhumada, une ^lettre datée du 26 août. Elle se dit arrivée depuis le 23, et tr^s fatiguée, par suite des mauvais chemins. Elle exprime rintention de prolonger son séjour & Ségovie de six ou sept jours encore, afin de se reposer. Ce fut effectivement au commencement de sei>iembre qu'elle imi la route d'Avila. En s'éloignant, elle ne cacha point à ses filles de Ségovie cpie la séparation serait définitive. Elle dit à la sœur Agnès de Jésus qu'elle ne la re verrait plus en c6 monde, x>arce que la fin de son exil approchait. (Dép. de cette religieuse. Inform. de Ségovie.) A moitié chemin entre Ségovie et Avila se trouve la petite ville de Villacastin. La sainte mère s'y arrêta le 1, et écrivit de là à Marie de Saint- Joseph, prieure de Séville. Elle lui parle des difficulté et des périls du voyage, et elle ajoute : « Plaise au Seigneur de tirer sa gloire de tant de souffrances! » (Lettre du 5 septembre 1581.) A Saint-Joseph d'Avila ce n'était pas le repos qui l'attendait : à peine de retour, elle dut reprendre la charge de prieure. L'élection eut lieu le 10 septembre, ainsi qu'il conste de l'Acte canonique que nous donnerons à la fin de ce volume. Voir Docum. 60.

de signaler : ce n'est absolument rien. Je revenais contente, dans la pensée que Dieu tirerait sa gloire de Féial)lissement d'un monastère en cette région, et déjà l'on s'en aperçoit. Qu'il en soit loué à jamais, béni dans tous les siècles des siècles ! Amen.

Dec gratias.

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