‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 78 sur 185 · CHAPITRE XXXI. — BUIIGOS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI. — BUIIGOS

Palencia sollicita pour moi la permission de fonder un monastère. L'archevêque répondit qu'il la donnerait de grand cœur : il avait désiré, disait-il, établir un couvent de notre réforme aux Canaries, parce qu'il savait avec quelle fidélité Notre-Seigneur était servi parmi nous ; du reste, il y en avait un dans sa xUle natale, et lui-même me connaissait parfaitement. Là-dessus l'évêque de Palencia me dit que je n'avais plus à me mettre en peine de l'autorisation : l'archevêque s'était même beaucoup réjoui de ce projet, et comme le concile ne parle pas d'une autorisation écrite, mais seulement de l'agrément de l'Ordinaire (1), cet agrément pouvait être regardé comme obtenu.

J'ai dit à propos de la fondation de Palencia, accomphe précédemment, la grande répugnance que j'éprouvais dans ce temps à en faire de nouvelles. Je relevais d'mie maladie que l'on avait jugée mortelle, et je n'étais pas encore rétablie. Un pareil abattement ne m'est pas ordinaire quand il s'agit du service de Dieu ; aussi, je ne m'explique pas la cause de ce profond dégoût. Etait-ce le peu de facilité qu'offrait la fondation ? Mais j'en avais eu moins encore en plusieurs autres. Maintenant que je vois la suite des événements, je suis portée à croire que c'était l'œuvre du démon. Voici une observation que j'ai faite. Chaque fois qu'une fondation doit être laborieuse, Notre-Seigneur, qui connaît toute l'étendue de ma misère, me \'ient en aide de parole et d'eflct, mais pour celles qui seront exemptes

(1) Au chapitre m de ]a session xxv, De Hc format ionc Regularium., le concile de Trente s'exprime ainsi : Nec de cxtero similia loca erigantur sine Episcopif in cujus diœcesi erigenda sunlj liceniia pnns oblenta.

Page 1