CHAPITRE XXXI. — BURGOS
tenu le chanoine, il écrivit aussi à sa Seigneurie (1), lui disant qu'il s'en remettait à Elle de la conduite de cette affaire, que s'il faisait quelques observations, c'était qu'il connaissait Burgos et savait que le consentement de la ville était nécessaire. La conclusion était que je devais venir à Burgos, et qu'auparavant on traiterait avec la ville. D'ailleurs, disait l'archevêque, si la ville refusait son consentement, elle ne lui ôtait pas le pouvoir d'accorder le sien ; mais, ayant été témohi du trouble et des oppositions extrêmes suscités dans Avila autour du premier monastère, il désirait en prévenir de semblables ; il fallait ile deux choses l'mie : ou que la ville accordât son consentement, ou que le monastère fût rente; je me trouverais mal d'agir autrement, et c'est pour cela qu'il en faisait la remarque.
L'évêque de Palencia crut l'affaire terminée, et avec raison, puisque l'archevêque m'appelait à Burgos. Ainsi, il me fit dire de me mettre en chemin. Pour moi, je ■croyais démêler chez l'archevêque un certain manque de fermeté. Je lui écrivis néanmoins pour le remercier de la bonté qu'il me témoignait, lui disant en même temps -cpi'à mon sens, il valait mieux fonder sans prévenir la ville que de le faire une fois qu'elle aurait refusé son -consentement : agir d'une autre manière serait exposer sa Seigneurie à des désagréments sérieux. Je devinais, ce semble, le peu d'appui que je trouverais en ce prélat, dans le cas où quelque difficulté surviendrait. J'ajoutai .que je ferais moi-même les démarches nécessaires. Du
(1) L'évêque de Palencia.
reste, le coiisenteinent de la ville me paraissait difficile à obtenir, cîir eu senil)lal)le occurrence il y a toujoui^ diversité d'avis.
J'écrivis éfjalenient à Tévéque de Palencia, le priant, vu la saison avancée et des infirmités auxquelles un climat aussi froid que celui de Burgos était extrêmement contraire, de me laisser remettre mon voyage à plus tard. Mais je ne lui témoignai aucune inquiétude au sujet de rarchevéque : il était assez mécontent déjà de voir qu'après avoir paru avec lui si bien disposé, il faisait des difficultés. Puis, les deux prélats étaient amis, et je ne voulais pas les mettre mal ensemble (1). Je (piittai donc Soria pour Avila, bien éloignée de la i>ensée de repartir si tôt. Plusieurs motifs rendaient mon retour au monastère de Saint-Joseph d'Avila extrêmement nécessaire.
Il y avait dans cette ville de lUirgos(2)une sainte veuve, originaire de Biscaye, qui se nommait (]atherine de ïolosa (3). Je serais trop longue si je voulais redire ses vertus, sa pénitence, son oraison, ses grandes aumônes, sachante, son excellent jugement, son courage. Il y avait quatre ans, ce me semble, qu'elle avait fait entrer deux de ses filles dajis notre monastère de la (>)nception, à VaUadolid(i). Pour en placer deux autres parmi nous, elle avait
(1) Sainte T(*rèse exposait de Soria, le 13 juillet 1581, à Jérôme Reinoso. chanoine de Palencia, les préliminaires de la fondation de Diii-gos d'une façon de tout point conforme à ce qu'elle en dit ici.
(i) Esta ciudud de Banjos. Sainte Térôse, en effet, écri^•ait îi Burgos même le dernier chapitre du Livre des Fondations, Plusieui'S auti-es passages «le ce chapitre nous le montreront non moins claii'ement.
(3) On trouvera plus loin : Monastère de Palencia, la notice de Catherine (le Tolosa, devenue carmélite sous le nom de Catherine du Saint-Esprit.
(i) Catherine de l'Assomption et Casilde de Saint-Ange, sur les(juelles