‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 81 sur 185 · CHAPITRE XXXI. — BURGOS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI. — BURGOS

attendu rétablissement de celui de Palencia, et les y avait ejïectivement amenées avant mon départ (1). Toutes quatre ont fait honneur à l'éducation d'une telle mère ; on les prendrait pour des anges. Catherine les dota très bien, et comme c'est une personne accomplie, elle arrangea tout d'iine manière parfaite. Aussi bien, elle était à même de faire les choses grandement, car elle a une belle fortune. Lorsqu'elle vint à Palencia, nous regardions la permission de l'archevêque comme si assurée, que nous étions sur ce point sans la moindre inquiétude. Je priai donc cette dame de me chercher une maison à louer, qui pût servir pour la prise de possession, et d'y faire placer à mon compte des grilles et des tours. Je n'avais nullement la pensée que cette dépense serait à sa charge, et je comptais bien la lui rembourser. La fondation lui tenait tant au cœur, que son chagrin fut profond quand elle la vit ajournée. Aussi, tandis que j'étais de retour à Avila, ne songeant plus, pour lors, à notre projet, elle ne resta point inactive. Dans la pensée que la fondation ne dépendait plus que du consentement de la ville, sans m'en parler, elle entama des démarches en vue de l'obtenir. Elle avait pour voisines deux personnes d'une naissance distinguée, la mère et la fîUe, l'une et l'autre grandes servantes de Dieu, qui, elles aussi, désiraient ardemment la fondation. La mère se nommait dona Marie Manrique et avait un fils appelé don Alphonse de Santo Domingo

nous avons donné des détails biographiques au tome précédent, p. 403 et 407.

(1) C'étaieat Mario de Saint-Joseph et Isabelle de la Trinité. Voir plus loin : Monastère de Palencia»

Manrique, qui était régidor. La fille s'appelait dofta Catherine. Toutes deux exposèrent Taffaire à don Alphonse, le priant de solliciter la municipahté. Don Alphonse en conféra avec Catherine de Tolosa, et lui demanda quelle garantie il pouvait promettre eu notre nom, parce que, s'il n'y avait rien d'assuré, il fallait s attendre à un refus. Elle répondit qu'elle s'obligerait à nous fournir une maison, si nous n'en avions point, et de plus, à pourvoir à notre subsistance, ce qu'elle fit dans la suite. Puis, elle dressa une requête, qu'elle signa (1). Don Alphonse sut si bien s'y prendre, qu'il obtint le consentement de tous les régidors et porta lui-même à l'archevêque l'autorisation écrite (2), Une fois les démarches conunencées, Catherine

(1) Le texte de cette requête, présentée le 7 novembre 1581, se voit encore h YAyuntamiento de Burgos, au Libro de Acias, année 1581. Nous le donnerons an Docom. <)2.

(2) Don Alphonse Santo Domingo y Manrique était procurador mayor. Or, les procuradores mayores avaient alors droit de veto sur les dé^^isions prises par le regimiento. Son intervention dans cette affaire était doue do grand poids. Daus la séance du 4 novembre 1581, il pri^ la municiiiaiitr d*aulorisor rétablissement d'un monastère de carmélites déchaussées. Après délibération, le regimiento décida qu'on on conférerait avec l'arciievéquc et donna charge au procurador tfiayor, Alphonse Manrique hii-méine. d'aller trouver sa Seigneurie, avec le régidor Ferdinand Rniz de (Castro. On lit au Libro de Actax de VAyuntamienio de Burgos, foL 388 et 2S9, la mention de la pétition de don Alphonse Santo Domingo y Manrique, du consentement donné par le regimiento^ et de la commission confire au procurador mayor et au n''gidor Ruizdo Castro à l'égard de l'arc lie véque. H est à présumer que don Christophe Vêla objecta la pauvreté des religieuses, car le bruit se répandit que la mère TéW'se manquait des retwonrces n<''<v5saires pour faire la fondation. C'est ttl()i*s que Catlicrine de Tolosa pn'*senta la requête dont la sainte vient de nous parter. La iM'tilion fut favorablement accueillie, ainsi qu'il conste de l'apostille qu'on y voit encore. La sainte nous apprend ici qu'Alphonse Manrique pn*senla lui-même « l'ardievdque l'autorisation du regimiento. Quaml la fondatrice fut arrivée & Burgos, les relations devinrent intimes et fréquentes entre elle et la laaiUe du procurador mayor. Don Alphonse avait un fils, encore au berceau. Souvent le petit Ange Manrique, lîorlé par sa mère, venait recevoir

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