‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 90 sur 185 · CHAPITRE XXXI. — BURGOS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI. — BURGOS

ginèrent, sans Tombre d'un motif, que nous avions dessein de nous Tapproprier. En réalité, c'était Dieu qui voulait nous faire mériter davantage. Ils nous obligèrent donc, le père provincial et moi, à promettre, par devant notaire, de nous retirer à la première injonction qui nous en serait faite. J'eus une certaine peine à m'y résoudre, parce que, cette veuve étant riche et bien apparentée, je craignais que sur un simple caprice elle nous fit déloger. Plus avisé que moi, le père provincial voulut qu'on accordât tout, afin que notre installation pût s'effectuer au plus tôt. On ne nous donnait que deux pièces et une cuisine. L'administrateur de l'hôpital, Ferdinand de Matanza, qui était un grand serviteur de Dieu, nous en donna encore deux autres pour nous servir de parloir. Il était très bon pour nous. Du reste, sa charité s'étend à tous, mais particulièrement aux pauvres (1).

François de Cuevas, maître des postes de la ville, et très dévoué à cet hôpital, nous fit aussi beaucoup de bien. Il a toujours pris nos intérêts dans toutes les occasions qui se sont présentées.

J'ai nommé nos premiers bienfaiteurs, afin que les reli-

les artisans, spécialement parmi les tailleurs, ravaudeurs, cordonnière et corroyeurs.

(1) Ferdinand de Matanza avait hérité de ses parents, Garcia de Matanza et Anne de la Cadena, une fortune considérable, et sa femme, Angèle de Salamanca, lui avait apporté en dot deux miUe cinq cents ducats.n faisait partie, du regimienio de la ville de Burgos, avait reçu par élection la verge d'alcade de la Santa Hemiandad, et appartenait à la confrérie de Saint- Jacques, au livre de laquelle se voit encore son portrait. Ferdinand de Matanza s'occupait de Thôpital de la Conception eu qualité de régidor, suivant les clauses de la donation. r(ous empruntons ces détails à un intéressant article de don Anselmo Salvd, de l'Académie d'histoire espagnole, paru en 1906 dans la Revue « El Monte-Carmelo -, sous le lilre de: Sania Teresa en Burgos.

gieuses de maintenant et celles des temps à venir ne les oublient point dans lem*s prières. C'est un devoir poor elles, devoir plus strict encore à Tégard des fondateur». Mon intention n'était pas tout d'abord que Catherine do Tolosa fût fondatrice, la pensée ne m'en était pas mémo venue. Mais ses vertus l'en avaient rendue digne devant Notre-SeigneuTy et ce divin Maître disposa tellement les choses, qu'on ne peut lui refuser ce titre. Outre qu'elle a payé la maison, alors que nous étions hors d'état de lo faire, il est impossible de dire combien elle fut sensible à toutes les résistances de l'archevêque. La seule pensé** que la fondation ne se ferait pas lui perchait le cœur. Enfin, elle ne se lassait point de nous faire du bien. Quoique l'hôpital fut très éloigné de sa demeure, elle venait nous voir presque tous les joiws avec la plus tendre affection. Tout ce dont nous avions besoin, elle nous l'envoyait, et cela, malgré les critiques sans cesse renouvelées dont eUv était l'objet. Pour un courag-e moindre que le sien, il y aurait eu de quoi tout abandonner. J'étais désolée on voyant ce qu'elle souffrait. Le plus souvent, elle n'en laissait rien paraître ; mais quelquefois aussi, elle ne pouvait le dissimuler, spécialement quand on incjuiétait sa conscience. Elle l'a si pure, qu'au milieu même des conjonctures les plus difficiles, je n'ai jamais entendu sortir do sa bouche une parole qui pût offenser Ken. On lui représentait qu'elle prenait le chemin de l'enfer, qu'il était surprenant qu'ayant des enfants, elle put agir comn>e elle le faisait (1). Et pourtant, elle se conduisait en tout d'après

(I) Catherine (1« Tolosa ayant donm»qnatP© filles au Carraol, H Ini r^^vteft encore ù pourvoir deux filles et deux fils, dont le plus jeune n'avait que

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