CHAPITRE XXXI. — RURGOS
les a>'is d'honmies très capiibles. D'ailleurs, Veut-elle voulu, je n'aurais consenti pour rien au monde à lui laisser prendre des arrangements contraires à son devoir, quand il se fût a^î de mille monastères ; à plus forte raison, lorsqu'il ne s'agissait que d'un seuL Du reste, les arrangements pris par elle restant secrets, je ne m'étonne pas qu'on grossît les choses. Elle répondait avec la sagesse qui la caractérise, et, à la n^anière dont elle endurait cette épreuve, il était visible que Dieu lui enseignait l'art de contenter les uns, de supporter les autres, et lui donnait un courage supérieur à tout.
Oh! combien, lors^ju'U s'agit d'exécuter de grandes choses, les serviteurs de Dieu l'emportent en courage sur ceux qui nont quune haute naissance! A la vérité, chez (Catherine de Tolosa, la piété s'alhait à la noblesse du sang, car elle est d'une famille trc^ illustre.
Je reviens à mon sujet. Le provincial ayant féussi à nous prociu'er un logement où nous pourrions entendre la messe, tout en gardant la clôture, il reprit courage et partit pour Valladohd, où il devait prêcher. Il n'en éprouvait pas moins une peine très vive de voir l'archevècjue si peu disj)osé à nous accorder son consentement. J'avais beau lui donner bon espoir, je n'arrivais pas à le convaincre, et cortes^, il y avait pour cela bien des raisons^ qu'il n'est pas à propos de signaler ici. S'il espérait peu.
sept ans. Déjà la petite llrièiu», manifestant la ferme résolution de devenir carmélite dédianssée, avait rejoint sainte Térèse et se* compagnes à l'hô- [>Ltal de la CoHcepLlon. Les deux îUi, Sébastien et Li>snu>s, devaient qjaelqucs années plus tard prendre ranj? parmi les carmes déchaussés. Quant ù n^atrix, Dieu l'appela ù lui avant qu'elle pût n'aliser son désir de recevoir, comme ses sccurs» Tliabit du (ùirmel.
â04 LES FONDATIONS.
ses amis espéraient moins encore et contribuaient à le décourager. Son départ me soulagea, parce que ma plus grande peine, je le répète, venait de la sienne. En partant, il nous ordonna de nous procurer une maison en propre; mais ce n'était pas chose facile, et jusque-là on n'en avait trouvé aucune qui pût nous convenir. Nos amis, notamment ceux du père provincial, qui s'étaient déclarés plus que jamais nos protecteurs, jugèrent d'un commun accord qu'il ne fallait plus dire un mot à l'archevêque, tant que nous n'aurions pas de local. Le prélat répétait qu'il désirait plus que personne la fondation, et sans doute il en était ainsi, car il a trop de religion pour parler contre la vérité. Ses actes néanmoins ne le donnaient pas à penser, car il exigeait de nous des choses (juî, vu notre situation, paraissaient impossibles. Evidemment, c'était une trame ourdie par le démon, pour empêcher le succès de notre entreprise. Mais, ô Seigneur, que votre puissance éclate admirablement ! Des moyens même que notre ennemi employait pour perdre cette œuvre, vous avez su tirer son plus grand avantage. Soyez-en éternellement béni!
Depuis la veille de saint Mathias, qui fut le jour do notre entrée à l'hôpital, jusqu'à la veille de saint Joseph, nous ne fîmes que débattre l'achat de telle maison, puis de telle autre. Toujours il y avait des inconvénients, qui nous empêchaient d'acquérir celles qui étaient à vendre. Enfin, on me parla de la maison d un gentilhomme, mise en vente depuis un certain temps déjà. Par une permission de Dieu, les religieux d'autres ordres, comme nous en quête d'un local, ne l'avaient pas trouvée à leur conve-