‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 94 sur 185 · CHAPITRE XXXI. — BURGOS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI. — BURGOS

leur propriété devenir un monastère, qu'ils ratifièrent tout; du reste, ils ne pouvaient plus faire autrement. Dès le lendemain, on passa les actes, et le tiers de la somme fut versé. Enfin, nous fimes tout ce que le bon ecclésiastique désira. On nous imposa bien quelques charges, dont on n'était pas convenu, mais, à cause de lui, nous n'élevâmes aucune réclamation (1).

On trouvera peut-être singulier de me voir tant insister sur Tachât de cette maison. Et pourtant, ceux qui suivirent de près toute l'affaire ne virent rien moins qu'un vrai miracle, soit dans la modicité du prix, soit dans cette sorte d'aveuglement qui avait empoché tous les religieux, après examen, d'en faire Tacquisition. Quant aux habitants

(1) On trouvera, & la fin de co volume, Docum. 6o, TActo de ratification du contrat de vente, au nom des propriétaires. I>e texte de cette pièce montre quelles étaient ces conditions plus onéreuses dont parle ici la sainte. Le paiement devait avoir lieu à échéances plus rapprochées : au Ueu d'attendre un an le versement complet, les vendeurs rccc\Taîent au bout de quatre mois la moitié de la somme encore due, et après un intervalle de quatre autres mois, la fin du versement. Le même jour, 16 mai*s, sainte Térèso donnait procuration au père Pierre de la Purification pour prendre possession en son nom des bâtiments nouvellement acquis, et le père accomplissait aussitôt dans les formes cette prise de possession. (Voir Docum. 66 et 67.) Ces diverses pièces se conservent encore avec vénération aux archives do VAyuntamienio de Burgos, dans un livre manuscrit renfermant nombre d*actes relatifs & la sainte mère et portant sa signature. Ce livre est connu sous le nom de Libro de santa Teresa. C'est en réalité le registre du notaire Jean Ortega de la Torrefria, par devant lequel furent passés les actes dont il s'agit. Les signatures de la sainte se trouvent passablement p&lies, par suite de la fréquence avec laqueUe on lès présente & baiser. Il est notamment d'usage, toutes les fois que le roi visite la casa-palacio de l'Excelentisimo AyuntamientOy do descendre & la chapelle le livre qui renferme les pièces signées par elle et de les présenter & Sa Majesté, qui baise h. son tour les vénérables signatures. GeUe de la procuration donnée au père Pierre de la Purification semble avoir souffert plus que les autres de ces marques de dévotion ; néanmoins elle se distingue encore clairement.

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2tÔ LES FONDATIONS.

(.le Biirgos, comme si c«tte maison venait de surgir dans l€«r ville, ils ne revenaient pa* de leur surprise en la considérant ; ils hlàiïuiient et taxaient de folie ceun. qui nen avaient point voulu. De fait, elle avait encore été laissée de eôté par une communauté de religieuses, ({.ui cherchait lufte maison à acheter, ou plut<U par deux communautés, dont Tune était établie depuis peu et Fautre avait dû se retfferdaiius la ville, à la suite d'un incendie. Enfin, tout réeeramemt, elle avait été dédaiynée de môme, aptes esamen, par une personne riche qui s'occupe de fonder tm monastère. Aujourd'hui tous ces gens s'en repentent. Au brndt cpie cette affaire fit dans la ville, nocrs reconnûmes, jusqu'à Tévidence, combien le bon licencié avait été heureusement inspiré en la tenant secrète et en no perdant pas un moment. Nous pouvons dire avec vériU' qu'après Weu, c'est à lui qu« nous devons cette acquisition. Un esprit solide est d'un immense secom's en toutes choses : or, comme celui du licencié l'est en un haut degré et que Dieu lui a, en outre, inspiré à notre endroit un dévouement sans bornes, il fut l'instrument dont sa Providence se servit pour terminer l'afiaire. Le licencié travailla ensuite pour nous pendant phis d'un mois, veillant à ce que les bâtiments fussent ada}^>4és à nos besoins^ san» trop (le frais (1). 11 semblait vraiment que Notre-Scigneur

(1) • Les rpligien!«*s s'étant transporfcéos sans d^al dans leur mai^oB. raconte Agtiiar, jViis alors des relations eucon* plus fréqiienles avec la sainte m^re, et si intimes, qu'elle me racontait souvent ses ennuis et les parlimlant«^ (le ses fondations, enfin tont ce qu'elle pouvait rae dire sai» abonler les matà^res (ko confession. J'excepte a»8si les révélationa ♦♦ les fn*àees de Dien, dont elle ne me parla janmis. Je passais là une gnméf partir de mes journées, ca* sa commnniratioB étast on ne peut pins {irofitable à mon ûme. H se trouva que Ton (lis)KMa la cfaapeUe sur rempkacemfBt

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