‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 99 sur 185 · CHAPITRE XXXI. — BURGOS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI. — BURGOS

iHaense qiao Dieu leur a faite en les délivrant du joug d'un homme. Un mari n'est-il pas cause, trop souvent, de la liEiort de sa femme ? Heinreux encore s'il ne lui enlève pas la vie de Tâuie ! O mon Epoux ! Vrai I>îeu et ytm lionmie ! "Comment peut-on faire pe« de cas du bonheur do vous appartenir? Bénisso©s-le, mes sceurs, d'avoir été l'objet <l'une telle faveur, et ne cessons jamais de donner des louang-es à un si grand Roi et Seigneur, qui nous prépaie un royaume sans fin, en retour d'une petite souffrance, cjui finira demain, et que d'ailleurs mille joies viennent adoucir. Qu'il en soit à jamais b(*ni ! Amen. Amen (1). Quelque temps après la fondation de ce monastère, il nous seml)la, au père pro^-incial et à moi (2), que les revenus assignés par Catherine de Tolosa n'étaient pas sans

(1) Il faut mentionner ici un événement que la sainte a passé sous sQence et qui donna bien à soutfiir à la oommunauté naissante. Ce ivtl

l'inondation qui eut lieu ti Bupgos le 2i mai de cette mt^me année li)82, par suite d'une crue de TArlanzon. « Lorsque la sainte m^re, raconte la mère Marie de Snint-Josepli (Daniispo^ eut fondé au nfiliou de tant de ditficullés le couvent de Burgos, il survint une crue si prodigieuse de la rivière, que l'eau envahit la viïle. Le couvent s'en trouva si Tcanpli, que la sainte dut faire enlever le ti-ès saint Sacrement et le faire porter ùiinc salle haute, où elle se retira avec ses religieuses. Les habitants de la ville, vo>-ant le danger, Im crièrent qne si elle le voulait, ils vietidraiemt la prendre en barque. Elle répondit qu'elle ne voulait point sortir. Eux, touchés de compassion, allèrent trouver TarcheA^êque, don Christophe Vela, et rengagèrent a loi intimer Tordre de sortir : « Laissez Térèse de Jésus, • répondit-il, elle a un sauf-conduit qui lui permet de venir à bout do « tout ce qu'elle entreprend. - S'il parla ainsi, c'est qu'il regardait la sainte comme une i)ersonne que Notrc-Seigneur favorisait de ses grâces. • (Inform. de Gonsnegra.) La -vénérable Anne de Saîiit-Baiiih(>leiny non* a •laissé de plus amples détails «ur les dangers que coururent alors la saiiite et ses filles. On les trouvera à la fin de ce vahune, Docum. 71. Aujoiirtlliui le t^cravent des carmélites est «éjiaré de l'Arlanson par la rouie et une ferle digue en maçonnerie, qui le met à l'abri des onies de cette rivière.

(2) Le père Gratien, adirés avoir pioché le carême A, Vadladolid, étairl TeveiMi & Burgos. Il se trouva pi'ésent à 'rétablissemenrt officiel du monastère, ainsi qu'il ressort de l'Acte des premières éleetions qui se trouve «u

inconv(?ments, qu'ils pourraient bien nous occasionner un procès et lui causer à elle-même quelques ennuis. Nous fûmes d'avis qu'il valait mieux nous abandonner à Dieu, que de l'exposer peut-être à des désagréments. Pour ce motif et d'autres encore, du consentement du père provincial, nous renonçâmes, par devant notaire, à la donation qu'elle nous avait faite, et nous lui en rendîmes tous les actes (1). La chose eut lieu en grand secret, de peur que l'archevêque ne vint à l'apprendre et ne le trouvât mauvais. Au fond, ce parti n'était onéreux que pour la communauté. Eiffectivement, quand on sait qu'un monastère est fondé sans revenus, il n'y a rien à craindre, tout le monde vient à son secours. Mais laisser croire au public que le nôtre avait des revenus, c'était Texposcr à manquer du nécessaire, au moins dans les premiers temps, car Catherine de Tolosa a pris des mesures pour qu'il n'en soii pas ainsi après samort. Deux de ses filles, qui devaient cette même année faire profession dans notre monastère do Palencia, avaient renoncé à leur bien en faveur de leur mère : elle leur a fait annuler cet acte et dresser leur renonciation au profit du couvent de Burgos (2). Une troisième, qui a voulu prendre l'habit dans ce couvent, lui assura d'autre part ce qui doit lui revenir de son père et de sa mère, don qui équivaut à la rente que la mère nous

Registre conventuel. (Voir Dociiin. 72.) U était encore là le 6 mai, puisqu^i cette date il signa un Acte relatif & une novice, dont il sera parlé plus loin.

(i) Gfr. Dcp. du licencié Aguiar.

(2) Nous avons encore la lettre par laquelle sainte Térf«e remercie les sœurs Marie de Saint-Joseph et Isabelle de la Trinité de la renonciation qu'elles ont faite en faveur du carmel de Burgos. Elle les déclare fondatrices de ce monastère, qui n'aurait pu s'établir sans leur générosité. Cette lettre est du printemps de 1582.

Page 1