‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 103 sur 447 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Entrent WORCESTER et VERNON.

Worcester. — Oh! non, Sir Richard, il n'est pas nécessaire d'informer mon neveu des offres affectueuses et libérales du roi.

Vernon. — Il vaudrait mieux l'en informer.

Worcester. — Alors nous sommes tous perdus. Il ne se petit pas, il n'est pas possible que le roi tienne sa parole de nous aimer. Il nous soupçonnera toujours et trouvera une occasion de punir celte offense dans d'autres fautes. Toute notre vie, ce soupçon fixera sur nous ses milliers d'yeux, car on se confie à la trahison comme on se confie au renard qui, quelque apprivoisé, caressé et casemate qu'il soit, n'en conservera pas moins toujours quelque chose de la ruse sauvage de ses ancêtres. Quelle que soit notre physionomie, ou triste ou joyeuse, nos regards seront interprétés à mal, et nous serons nourris comme ces bœufs à l'étable, qui sont d'autant plus soignés qu'ils sont plus près de la mort. Le délit de mon neveu pourra bien être oublié, il a l'excuse de la jeunesse et de la chaleur du sang, il a le privilège du surnom adopté, Hotspur au cerveau de lièvre, gouverné par la fantaisie de son humeur. Toutes ses offenses reposent sur ma tète et celle de son père; c'est nous qui l'avons élevé ; et comme c'est de nous qu'il a pris sa corruption, nous payerons pour tout comme étant la source de tout. Par conséquent, mon bon cousin, il ne faut pas qu'Harry connaisse en aucune circonstance l'offre du roi.

Vernon. — Racontez lui ce que vous voudrez, je dirai que cela est vrai. Voici venir votre neveu.

Entrent HOTSPLR et DOUC>LAS; des officiers et des soldats les suivent.

Hotspur. — Mon oncle est revenu : mettez en liberté Milord de W'estmoreland. Mon oncle, quelles nou\ elles?

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