‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 117 sur 447 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

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L'archevêque. Maintenant vous avez entendu notre cause et vous connaissez nos moyens.

(Acte I, se. m.)

sième nécessairement contre nous : ainsi ce roi chancelant est coupé en trois et ses coffres sonnent creux de vide et de pauvreté.

L'archevêque d'york. — Nous n'avons pas à craindre qu'il réunisse ses divisions séparées et qu'il vienne contre nous avec toutes ses forces.

Hastings. — S'il faisait cela, il laisserait ses derrières sans protection, et il aurait, aboyant à ses talons, les Français et les Gallois; ne craignez rien de pareil.

Lord Bardolph. — Quels sont les chefs vraisemblables des forces envoyées ici?

Hastings. — Le duc deLancastre et Westmoreland; contre les Gallois, le roi lui-même et Harry Monmouth; niais quel lieutenant est envoyé contre les Français, je n'en ai aucun avis certain.

L'archevêque d'york. — Levons-nous et proclamons les motifs de notre prise d'armes. La na-

tion est fatiguée du choix qu'elle a fait; l'appétit d'affection qu'elle ressentait pour lui est rassasié : celui qui bâtit sur le cœur du vulgaire n'a qu'une habitation chancelante et incertaine. O folle multitude! de quels bruyants applaudissements tu frappa!s le ciel en bénissant Bolingbroke avant qu'il fut ce que tu voulais qu'il fût ! et maintenant que te voilà satisfaite dans tes désirs, tu es tellement soûle de lui, gloutonne bestiale, que tu te provoques à le vomir. C'est ainsi, c'est ainsi, chien de vulgaire, que tu dégorgeas ton cœur vorace du royal Richard, et maintenant tu voudrais remanger le mort que tu as vomi et tu hurles pour retrouver ton vomissement. Comment se fier à des temps pareils? Ceux qui, lorsque Richard vivait, souhaitaient qu'il fût mort, se sont maintenant énamourés de sa tombe; et toi, multitude, qui jetais de la poussière sur sa tête bé-

LE ROI HENRI -IV

nie, lorsqu'il traversa Londres en soupirant, derrière les talons de l'admiré Rolingbroke, tu cries maintenant: «O terre, rends -nous ce roi et prends celui-là ! » 0 pensées des hommes maudits! Les choses passées et futures semblent les meilleures, les choses présentes les pires.

Mowbray. — Allons-nous réunir nos forces et nous mettre en mouvement?

Hastings. — Nous sommes les sujets du temps et le temps nous ordonne de partir.

[Ils sortent.)

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