SCENE II
Le camp français.
Entrent LE DUC D'ORLÉANS, RAMBURES et autres.
Le duc d'Orléans. — Voilà le soleil qui dore nos armures ; debout, Messeigneurs !
Le Dauphin. — Montez h cheval! Mon cheval ! VarVetj lacquay, hé !
Le duc d'Orléans. — O vaillant courage!
Le Dauphin. — Viaj les eaux et la terre .
Leduc d'Orléans. — Rien puis ? l'air et le feu.
Le Dauphin. — Ciell cousin d'Orléans.
Entre LE CONNÉTABLE.
Le Dauphin. — Eh bien, Monseigneur le Connétable !
Le Connétable. — Écoutez, comme nos coursiers hennissent, réclamant leur service immédiat!
Le Dauphin. — Montez-les et faites-leur aux flancs de fortes incisions pour que Iciir sang bouillant vole aux yeux des Anglais et les aveugle du trop plein de leur courage. Ah !
Piamrures. — Comment! vous voulez qu'ils pleurent le sang de nos chevaux ? Comment alors reconnaîtrons nous leurs larmes naturelles?
Entre un messager.
Le Messager. — Pairs de France, les Anglais sont rangés en bataille.
Le Connétable. — Achevai , vaillants princes! à cheval immédiatement ! jetez seulement les yeux sur leur pauvre bande affamée là-bas, et le rayonnement de votre apparition suffira pour pomper leurs âmes, et pour ne laisser d'eux que des ecorces et des cosses d'hommes. Il n'y a pas là assez d'ouvrage pour tous nos bras ; leurs veines épuisées contiennent à peine assez de sang pour faire une tache sur l'acier de tous les poignards que nos braves Français dégaineront aujourd'hui et seront forcés de rengainer faute de proie. Soufflons1 seulement sur eux et la vapeur de notre vaillance va les renverser. Il est positif, de toute façon, Messeigneurs, que le superflu de nos valets et de nos manants qui fourmille avec une inutile agitation autour de nos bataillons, suffirait pour purger cette plaine d'un aussi méprisable ennemi, quand bien même nous resterions oisifs à bavarder au pied de cette montagne : mais cela notre honneur ne le