‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 237 sur 447 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Londres. — Un appartement dans le palais.

Entrent LE ROI HENRI, GLOCESTER et EXETER.

Le roi Henri. — Avez-vous parcouru les lettres du pape, de l'empereur et du comte d'Armagnac?

Glocester. — Oui, Monseigneur, et leur teneur consiste à prier humblement Votre Excellence de conclure une heureuse paix entre les royaumes de France et d'Angleterre.

Le roi Henri. — Et dans quelle mesure Votre Grâce approuve-t-elle leur proposition?

Glocester. — Je l'approuve tout à fait, mon bon Seigneur, et je la regarde comme l'unique moyen d'arrêter l'effusion du sang chrétien et d'établir la paix des deux cotés.

Le roi Henri. — Je suis exactement de votre avis, mon oncle, car j'ai toujours pensé qu'il était impie et contre nature, que des luttes aussi bar-

bares et . aussi sanglantes régnassent entre les croyants d'une même foi.

Glocester. — En outre, Monseigneur, pour former plus rapidement et pour resserrer plus solidement ce nœud d'amitié, le comte d'Armagnac , proche parent de Charles , homme de grande autorité en France, offre à Votre Grâce sa fille unique en mariage, avec un douaire considérable et somptueux.

Le roi Henri. — Un mariage! Hélas, mon oncle, je suis bien jeune encore 1 je suis mieux fait pour mes études et mes livres que pour badiner amoureusement avec une fiancée. Cependant, faites entrer les ambassadeurs, et rendez à chacun la réponse qui vous plaira : je serai content de tout choix qui tendra à la gloire de Dieu et au bien de ma patrie.

Entrent un légat et deux ambassadeurs avec L'Ë- VÈQUE DE WINCHESTER, maintenant CAR- DINAL BEAUFORT, revêtu du costume de sa dignité.

Exeter, h part. — Quoi! voilà Milord de Win-

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