ACTE II, SCÈNE III
Le père. Mais voyons : — est-ce là le visage de notre adversaire? Oh non, non, non, c'est mon fils unique!
(Acte II, se. v.)
yeux, ou que la fortune m'ait donné vengeance avec bonne mesure !
Edouard. — O Warwick, je courbe mon genou devant toi, et j'enchaîne dans ce serment mon àme à la tienne ! O toi qui élèves et abats les rois, grand Dieu, avant que mes genoux se relèvent de la froide surface de la terre, je lève vers toi mes mains, mes yeux, mon cœur, en te conjurant, si telle est ta volonté, de donner ce corps comme une proie à mes ennemis, mais d'ouvrir cependant les portes de bronze de ton ciel, et de livrer un doux passage à mon âme pécheresse ! Maintenant, Lords, prenons congé mutuellement jusqu'à notre prochaine réunion, où qu'elle se fasse, au ciel ou en enfer.
Richakd. — Frère, donne-moi ta main, et toi, genlit Warwick, laisse-moi t'étreindre dans mes
bras fatigués : moi qui ne pleurai jamais, je me fonds maintenant de douleur, de ce que l'hiver de la défaite ait pu ainsi couper court au printemps de notre fortune.
Warwick. — Partons, partons! Une fois encore, adieu, mes chers Lords.
Georges. — Allons cependant tous ensemble retrouver nos troupes, et donnons permission de fuir à ceux qui ne voudront pas rester; appelons ceux qui tiendront avec nous, nos colonnes, et promettons leur, si nous triomphons, les récompenses que les vainqueurs portent aux jeux olympiques. Cela pourra replanter le courage dans leurs coeurs ébranlés; car il y a encore espérance de vie et de victoire. Ne tardons pas davantage, partons d'ici immédiatement.
{Ils sortent.)
LE ROI HENRI VI