‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 32 sur 447 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Entrent LOUIS et sa suite.

Louis. — Il me semblait que le soleil avait honte de se coucher, mais qu'il s'arrêtait et for-

LE ROI JEAN

Pembroke. C'est le comte Melu Salisbury. Blessé a mort.

(Aete V, se. iv.)

çait le ciel d'occident à rougir, tandis que les Anglais mesuraient à reculons la propre terre de leur patrie, dans une retraite hésitante. Oh ! nous avons brillamment clos la journée lorsqu'après tant de sanglantes fatigues, nous leur avons souhaité la bonne nuit avec une inutile volée de notre mousqueterie, et lorsque restés les derniers sur le champ de bataille, et presque maîtres du terrain , nous avons replié glorieusement nos drapeaux déchirés.

Entre un messager.

Le messager. — Où est mon prince, le Dauphin ?

Louis. — Le voici, quelles nouvelles?

Le messager. — Le comte Melun est tué; les

Lords anglais, sur ses conseils, ont déserté de nouveau, et les renforts que vous désiriez depuis si longtemps ont fait naufrage et ont péri sur les sables de Goodwin.

Louis. — Oh 1 les exécrables, détestables nouvelles ! Maudit sois-tu ! Je ne croyais pas être cette nuit aussi triste que m'ont fait ces nouvelles. Qui avait dit que le roi Jean s'était enfui une ou deux heures avant que l'arrivée de la nuit eût séparé nos armées fatiguées?

Le messagkr. — Quel que soit celui qui a dit cela, il a dit la vérité, Monseigneur.

Louis. — Bien; choisissez de bons campements et prenez bien vos précautions pour cette nuit: le jour ne sera pas aussitôt levé que je le serai pour tenter l'heureuse chance de demain.

{Ils sortent.)

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