‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 366 sur 447 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

Londres. — Une rue.

Les trompettes sonnent. Entrent LE PRINCE DE GALLES, GLOCESTER, BUCKINGHAM , CATESBY, LE CARDINAL BOURCHIER, et

autres.

Buckinghaii. — Soyez le bienvenu dans Londres, votre chambre royale, doux prince.

Glocester. — Soyez le bienvenu, cher neveu, souverain de mon âme : ce voyage fatigant vous a rendu mélancolique.

Le prince de Galles. — Non, mon oncle ; mais les contrariétés que nous avons éprouvées en chemin m'ont rendu ce voyage ennuyeux, fatigant, et pénible; j'aurais besoin d'un plus grand nombre d'oncles pour me souhaiter ici la bienvenue.

Glocester. — Doux prince, la vertu sans tache de voire jeunesse n'a pas encore plongé dans la dissimulation du monde; tout ce que vous distinguez d'un homme, c'est son aspect extérieur, cl I/ieu sait que cet extérieur correspond rarement,

et même ne correspond jamais au cœur. Ces oncles que vous demandez étaient dangereux; Votre Grâce ne faisait attention qu'à leurs paroles sucrées, mais n'apercevait pas le poison de leurs cœurs : Dieu vous garde d'eux, et de tels faux amis I

Le prince de Galles. — Dieu me garde des faux amis ! mais ils ne l'étaient pas.

Glocester. — Monseigneur, le maire de Londres vient vous féliciter.

Entre LE LORD MAIRE avec sa suite.

Le lord siaire. — Dieu donne à Votre Grâce santé et heureux jours!

Le prince de Galles. — Je vous remercie, mon bon Lord, je vous remercie tous. {Sortent le maire et autres.) J'aurais cru que ma mère et mon frère York seraient venus depuis longtemps à notre rencontre sur la route : fi, quel colimaçon est Hastings, qui n'arrive pas pour nous dire s'ils viendront ou non!

Buckinciiam. — Et voici venir, au moment demandé, le Lord tout en sueur.

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