‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 380 sur 447 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Londres. — Une chambre de conseil dans le palais.

Fanfares. RICHARD, couronné; RUCKINGHAM, CATESRY, un page et autres.

Le roi Richard. — Tenez-vous tous à l'écart. — Cousin de Ruckingham ?

Buckingham. — Mon gracieux Souverain!

Le roi Richard — Donne-moi ta main. (// monte sur son trône.) C'est à cette hauteur-ci que par ton conseil et ton assistance le roi Richard s'est assis. Mais ces dignités, est-ce pour un jour seulement que nous les porterons, ou bien devrontelles durer et nous donner joie et bonheur?

Buckingham. — Elles existent, et puissent-elles durer à jamais!

Le roi Richard. — Ah, Ruckingham, maintenant je fais office de pierre de touche, pour éprouver si tu es de l'or pur. Le jeune Edouard vit; — devine maintenant ce que je voudrais dire.

Buckingham. — Dites, mon affectionné Seigneur.

Le roi Richard. — Parbleu, Ruckingham, je dis que je voudrais être roi.

Buckingham. — Mais, c'est ce que vous êtes, mon trois fois illustre Souverain.

Le roi Richard. — Ah, suis-je roi? peut-être bien.... mais, Edouard vit.

Buckingham. — C'est vrai, noble prince.

Le roi Richard. — Oh 1 la triste conséquence qui sort de ta réponse ! — faut-il qu'Edouard vive encore, « c'est vrai, noble prince ! » Cousin, tu n'avais pas coutume d'être si lourd d'intelligence : dois-je parler clairement? Je voudrais que ces bâtards fussent morts, et je voudrais que la chose fût exécutée sans délai. Que dis-tu, maintenant? parle vile, sois bref.

Buckingham, — Votre Grâce peut agir selon son bon plaisir.

Le roi Richard. — Ta, ta, tu es tout de glace, ta sensibilité gèle : dis, me donnes-tu ton consentement pour qu'ils meurent?

Ruckingham. — Accordez-moi quelques minutes, le teiiips de respirer un peu, cher Seigneur, avant que je vous donne une réponse positive : je vais vous faire connaître sans délais ma résolution. (// sort.)

Catesbv, à un autre assistant. — Le roi est en colère ; voyez, il mord sa lèvre.

Le roi Richard, descendant de son trône. — Je vais m'adresser à des brutes à âme de bronze et îi des enfants à cervelle légère ; ceux qui m'examinent avec des yeux scrupuleux ne sont pas mon fait : l'audacieux Buckingham devient circonspect. Enfant !

Un page. — Monseigneur?

Le roi Richard. — Ne connais-tu pas quelqu'un que la corruption de l'or pourrait engager à commettre secrètement une besogne de meurtre?

Le pace. — Je connais un gentilhomme mécontent dont les humbles moyens ne sont pas en rapport avec son orgueil : l'or vaudrait auprès de lui vingt orateurs, et le pousserait inconteslablement à entreprendre quelque chose que ce fût.

Le roi Richard. — Quel est son nom?

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