NEFFTZER
{Presse.)
M. Taine a marqué et circonscrit les diverses époques de la littérature anglaise avec une originalité et une précision singulières ; il a analysé les ouvrages des grands écrivains anglais avec pénétration; il a établi les résultats de ses recherches avec une plénitude et une vigueur de pensée qui dénotent une science aussi minutieuse que complète et une admiration aussi sincère que rare pour tout ce qu'il y a de noble dans cette littérature. .
Comme composition historique, cette histoire a peu d'égales de nos jours. Comme galerie de peintures, elle rivalise avec l'incomparable ouvrage de Macaulay. Comme exposition de vues philosophiques, elle fait plus qu'égaler
les profondes investigations de feu M. Buckle Aucune
autre histoire de la littérature anglaise n'approche de celle-ci pour l'étendue et l'énergie de la pensée, pour l'éclat du style, et la fidélité de l'exposition.
{Westminster Review.)
Le résultat des observations de M. Taine est une esquisse de l'Angleterre qui, en tenant compte de ses proportions, est certainement l'une des meilleures qui aient jamais été écrites par un étranger.
{Saturday Review.)
A côté des volumes de M. Taine, il faudrait dire quelque chose des articles déjà nombreux qu'il a publiés et qui tous portent son cachet. Il excelle, quel que soit le sujet, et qu'il s'agisse de Shakespeare, de Saint-Simon, de Fléchier, de Bunyan, de Thackeray, etc., à situer (je l'ai dit) le personnage dans son époque "et dans son milieu, à établir les rapports exacts de l'un à l'autre, à i y enserrer comme dans un réseau, à rapprocher, à faire saillir coup sur coup, dans des phrases fermes et courtes qui tombent dru comme grêle, les traits et îes signes visibles du talent personnel , de la faculté principale dominante qu'il poursuit etqu'il veut démontrer. Donnez-lui un auteur quelcoaque par ses écrits; il y applique son mode d'analyse. Sa tête est comme un creuset ; il sait tirer des choses ce qu'il cherche, pour peu qu'il y en ait des éléments : il les concentre. Chaque sujet de l'histoire littéraire, traité de la sorte et soumis à cette espèce de réactifs, chaque nom célèbre d'écrivain, remis en question, retourné et comme refondu dans ce moule, va devenir nouveau. Les traductions qu'il insère chemin faisant dans son texte, quand il s'agit d'un auteur 'de l'antiquité ou d'un écrivain moderne appartenant à une littérature étrangère, sont des modèles d'exactitude et d'art. Chacun de ses articles est composé et se tient; il fait un ensemble. Si l'impression qui en reste est celle de la force, la qualité qui jusqu'ici lui a le plus manqué est la douceur, la grâce. Un des derniers articles qu'il a écrit et qui a pour sujet ou pour prétexte la Princesse de Clèves de Mme de La Fayette, montre pourtant qu'il sait toucher, quand il le veut, ces cordes délicates, et qu'il a en lui tous les tons; que le savant chez lui, ne domine
pas trop le littérateur; c'est là le seul conseil général qu'on doive lui donn Il est d'une nation où, tôt ou tard, les gens de talent, s'ils veulent produ tout leur effet et toute leur action utile, doivent se résoudre à plaire.