SOS
Buckingham. C'est aujourd'hui le jour des morts, mes amis, n'e^t-ce pas?
Le shÉriff. Oui, Milord.
BucaiNGHAM. Eh bien, alors, le jour des morts est le jour de la condamnation de mon corps.
(Acte V, se. I.)
et n'a guère mine de vouloir les repousser : on croit que Richmond est l'amiral de cette flotte; ils restent là à se balancer, n'attendant que Buckingham pour venir les recevoir sur le rivage.
Le roi Richard. — Que quelque alerte ami coure en poste auprès du duc de Norfolk : — toimême, Ratcliff, ou bien Catesby; où est-il?
Catesby. — Ici, mon bon Seigneur.
Le roi Richard. — Catesby, cours auprès du duc.
Catisiy. — J'y cours, Monseigneur, avec toute la diligence possible.
Le roi Richard. — Ratcliff, approche ici; vat'en en poste à Salisbury : lorsque tu y arriveras ... — (« Catesby) stupide, oublieux coquin, pourquoi restes-tu là, et ne te rends-tu pas auprès du duc?
Catesby. — Mon puissant Suzerain, qu'il plaise
d'abord à Votre Altesse de me dire ce que je lui transmettrai, de la part de Votre Grâce.
Le roi Richard. — Ah! c'est juste, mon bon Catesby; dis lui de lever immédiatement les plus grandes forces qu'il pourra, et de venir sur-lechamp me rejoindre à Salisbury.
Catesby. — J'y vais. (// sort.)
Ratcliff. — S'il vous plaît, qu'est-ce que je ferai à Salisbury?
Le roi Richard. — Parbleu, que voudrais-tu y faire avant mon arrivée?
Ratcliff. — Votre Altesse me disait que je devais la précéder en toute hâte.
Entre STANLEY.
Le roi Richard. — J'ai changé d'avis. < ley, quelles nouvelles apportez-vous?
Stan-
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LE ROI RICHARD III
Stanley. — Aucune, mon Suzerain, qui soit assez bonne pour plaire à votre oreille, ni aucune qui soit assez mauvaise pour que je ne puisse pas la rapporter.
Le roi Richard. — Jour de Dieu, voilà une énigme! ni bonnes ni mauvaises! Quel besoin as- tu de prendre les choses de dix lieues, quand tu peux les dire tout directement? Une fois encore, quelles nouvelles ?
Stanley. — Richmond est sur les mers.
Le roi Richard. — Qu'il s'y enfonce, et que de la sorte les mers soient sur lui ! Fuyard au foie blanc! Que fait-il là?
Stanley. — Je ne le sais, puissant Souverain, que par supposition.
Le roi Richard. — Eh bien, qu'est-ce que tu supposes ?
Stanley. — Qu'excité par Buckingham, Dorset, et Morton, il vient en Angleterre pour y réclamer la couronne.
Le roi Richard. — Est-ce que le trône est vide? Est-ce que l'épée n'a pas de main qui la tienne? Est-ce que le roi est mort? Est-ce que le royaume est sans maître? Quel autre héritier d'York y a-t-il de vivant, que nous? et qui est roi d'Angleterre, si ce n'est l'héritier du grand York? Alors, dis-moi, que fait-il sur mer?
Stanley. — Si ce n'est pas pour ce que j'ai dit, je ne puis le deviner, mon Suzerain.
Le roi Richard. — Tu ne peux deviner pourquoi le Gallois vient ici, si ce n'est pas pour être votre Suzerain? Tu te révolteras, et tu iras le rejoindre, j'en ai peur.
Stanley. — Non, mon puissant Suzerain ; par conséquent, ne vous méfiez pas de moi.
Le roi Richard. — En ce cas, où sont tes forces pour le repousser? où sont tes tenanciers et tes compagnons? Ne sont-ils pas maintenant sur la côte de l'ouest, occupés à faire débarquer en sécurité les rebelles de leurs vaisseaux?
Stanley. — Non, mon bon Seigneur; mes amis sont dans le nord.
Le roi Richard. — Voilà de froids amis pour moi : que font-ils dans le nord, lorsqu'ils devraient servir leur Souverain dans l'ouest?
Stanley. — Ils n'ont pas reçu d'ordres, puissant roi : s'il plaît à Votre Majesté de m'en donner permission, j'irai rassembler mes amis et je rejoindrai Votre Grâce au lieu et au jour qu'il plaira à Votre Majesté de m'indiquer.
Le roi Richard. — Oui, oui, tu voudrais par-
tir pour aller te joindre à Richmond ; mais je ne me fierai pas à toi.
Stanley. — Très - puissant Souverain, vous n'avez aucune raison de tenir mon affection pour douteuse; je n'ai jamais été, et je ne serai jamais déloyal.
Le roi Richard. — Allez donc, et assemblez vos hommes : mais laissez derrière vous votre fils, Georges Stanley : faites en sorte que votre cœur tienne ferme, ou bien l'assurance que votre fils a de garder sa tête est faible.
Stanley. — Agissez avec lui selon que vous me trouverez loyal avec vous. {Il sort.)
Entre un messager.
Le messacer. — Mon gracieux Souverain, dans le Devonshire, ainsi que j'en suis bien informé par des amis, Sir Edward Courtney, et son frère aîné, le hautain prélat, l'évêque d'Exeter, sont en armes à cette heure avec beaucoup d'autres confédérés.
Entre un second messager.
Second messager. — Mon Suzerain, dans le Kent, les Guildfords sont en armes, et à chaque heure leur force s'accroît des nouveaux alliés qui viennent les rejoindre.
Entre un troisième messager.
Troisième messacer. — Monseigneur, l'armée du puissant Buckingham....
Le roi Richard. — Arrière, hiboux ! rien que des chants de mort? {Il le frappe.) Attrape cela toi, et garde-le, jusqu'à ce que tu m'apportes de meilleures nouvelles.
Troisième messager. — La nouvelle que j'avais à apprendre à Votre Majesté, est que par suite d'une crue subite des eaux et d'un grand déluge, l'armée de Buckingham s'est débandée et disséminée; luimême, il s'est enfui seul, et il erre, personne ne sait où.
Le roi Richard. — Je te demande pardon : voici ma bourse pour guérir le coup que je t'ai donné. Quelque ami bien avisé a-t-il fait proclamer une récompense pour celui qui arrêterait le traître ?
Troisième messager. — Une proclamation de ce genre a été faite, Monseigneur.
Entre un quatrième messager.
Quatrième messager. — Sir Thomas Lovel et