‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 419 sur 447 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

Le roi Henri. Qui est là, eb?

INorfolk.. Prions Dieu qu'il ne soit pas en colère.

(Acte II, se. il.)

donnés par les princes, en remettant volontaire ment vos scrupules à la décision de la chrétienneté. Qui maintenant pourrait être irrité ? quelle calomnie pourrait vous atteindre? L'Espagnol , qui est lié à la reine par le sang et l'affection 5 doit avouer aujourd hui, s'il a quelque franchise, que le débat est loyal et noble. Tous les clercs — les clercs instruits, j'entends, — dans les royaumes chrétiens, sont appelés à donner librement leurs avis ; Rome, l'éducatrice de l'opinion, invitée par votre noble personne, nous a envoyé un interprète universel, cet homme vertueux, ce prêtre juste et instruit, le cardinal Campeius, que je présente une fois encore à Votre Altesse.

Le roi Henri. — Et une fois encore, je lui souhaite la bienvenue dans mes bras, et je remercie le saint conclave pour son affection ; il m'a député précisément l'homme que j'aurais souhaité.

Campeius. — Votre Grâce doit nécessairement conquérir tous les coeurs des étrangers ; elle est si noble ! Je remets ma commission entre les mains de Votre Altesse; — et en vertu de cette commission (ainsi l'ordonne la cour do Rome), vous Milord cardinal d'York, vous m'êtes adjoint à moi le serviteur de cette cour, pour le jugement impartial de cette affaire.

Le roi Henri. — Deux hommes égaux en mérite. La reine sera informée sur-le-champ du sujet qui vous conduit ici. Où est Gardiner?

Wolsey. — Je sais que Voire Majesté l'a toujours aimée d'un si tendre cœur qu'elle ne lui refusera pas ce qu'une femme de moindre condition pourrait demander au nom de la loi, c'est-à-dire t\es clercs qui puissent librement plaider pour elle.

Le roi Henri. — Oui, et elle aura les meilleurs

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LE ROI HENRI VI II

de tous, et ma faveur ira à celui qui s'acquittera le mieux de fa tâche ; Dieu défende qu'il en soit autrement. Cardinal, appelle, je t'en prie, Gardiner, mon nouveau secrétaire; j'ai trouvé en lui un garçon capable. {Sort ffolsej.)

WOLSEY rentre bientôt avec GARDINER.

Wolsey , à part à Gardiner. — Donnez-moi votre main : je vous souhaite grande joie et grande faveur; vous êtes au roi maintenant.

Gardiner, à part à Wolsey. — Mais pour être commandé à jamais par Votre Grâce dont la main m'a élevé.

Le roi Henri. — Venez ici, Gardiner. [Ils conversent à part.)

Campeius. — Milord d'York, n'était-ce pas un certain docteur Pace qui occupait auparavant la place de cet homme?

Wolsey.. — Oui, c'était lui.

Campeius. — N'était-il pas regardé comme un homme instruit?

Wolsey. — Oui, assurément.

Campeius. — Croyez-moi, il court à son sujet une fâcheuse opinion qui vous atteint vous-même, Lord Cardinal.

Wolsey. — Comment, moi-même?

Campeius. — On ne se gène pas pour dire que vous lui portiez envie, et que craignant qu'il ne s'élevât, à cause de ses grandes vertus, vous le teniez perpétuellement à l'étranger, ce qui lui causa un tel chagrin qu'il en devint fou et mourut.

Wolsey. — La paix du ciel soit avec lui ! ce vœu suffit aux devoirs d'un chrétien; quant aux vivants qui murmurent, il y a pour eux des lieux de correction. C'était un sot, car il voulait être vertueux à toute force ; ce bon garçon-ci, quand je lui commande, exécute mes ordres : je n'en veux pas d'une autre espèce si près de moi. Apprenez ceci, frère; nous ne sommes pas faits pour être contrecarrés par des gens de basse sorte.

Le roi Henri. — Remettez ceci avec respect à la reine. {Sort Gardiner.) Le lieu le plus convenable que je puisse trouver pour un tel concours de savants est Black-Friars; c'est là que vous vous assemblerez pour cette lourde affaire. Mon Wolsey, ayez soin que la salle soit préparée. Oh, Monseigneur, cela n'est -il pas fait pour affliger un homme sensible, d'être obligé de quitter une si douce compagne? Mais la conscience, la

conscience! oh, quelle faculté susceptible! aussi faut-il que je quitte la reine. {Ils sortent.)

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