‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 438 sur 447 · ACTE V, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE I

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Le roi Hkmu. Eh bien, Milord, vous désirez savoir pourquoi je vous ai envoyé cliercl Cranmer, s'agenouillant. C'est mon devoir d'attendre le bon plaisir de Votre Altesse.

(Acte V, se. I.)

mon honnêteté ; si ce terrain se trouve faux, je triompherai de moi-même avec mes ennemis, car je n'ai plus souci de ma personne, si je découvre que ces vertus manquent en moi. Je ne crains rien de ce qui peut être dit contre moi.

Le roi Henri. — Ne savez-vous pas dans quelle position vous vous trouvez dans le monde, contre le monde entier? Vos ennemis sont nombreux et ne sont pas de petits personnages ; leurs manoeuvres doivent être redoutables en proportion de leur puissance, et le verdict d'une cause n'est pas toujours rendu conformément à la justice et à la vérité de cette cause. Avec quelle facilité, des âmes corrompues ne peuvent-elles pas se procurer des drôles aussi corrompus que leurs patrons , pour témoigner contre vous? ces choses-là se sont vues. Vous avez des adversaires puissants , et d'une malice égale à leur puissance. Vous figurez-

vous que sur ce point des faux témoins, vous aurez meilleure chance que ne l'eut pendant qu'il vivait sur cette misérable terre , votre Maître, celui dont vous êtes le minisire? Allez, allez; vous prenez un précipice pour un trou qu'on peut sauter sans danger, et vous caressez votre propre ruine.

Cranmer. — Que Dieu et Votre Majesté protègent mon innocence, ou je vais tomber dans la trappe qui est préparée pour moi!

Le roi Henri. — Ayez bon courage; ils ne prévaudront pas plus que nous ne céderons. Gardez votre fermeté, et ce matin ayez soin de vous présenter devant eux : s'il leur arrive, après vous avoir accusé, de vous faire arrêter, ne manquez pas de leur résister par les meilleures raisons et avec toute la véhémence que la circonstance pourra vous inspirer : si les prières ne peuvent

LE ROI HENRI VIII

vous sauver, remettez-leur cet anneau, et en leur présence même faites appel à notre personne. Voyez ! l'excellent homme pleure ! il est honnête, sur mon honneur! Sainte mère de Dieu ! je jure qu'il est honnête, el qu'il n'est pas dans mon royaume une meilleure âme. Partez, et faites comme je vous ai dit. (Sort Cranmer). Ses larmes ont étranglé ses paroles.

Entre une vieille dame.

. Un gentilhomme, de V extérieur , — Revenez; à quoi pensez-vous donc?

La vieille dame. — Je n'ai pas à revenir; mon audace est respect, vu les nouvelles que j'apporte. — Que les bons anges descendent sur votre tète royale, et ombragent votre personne sous leurs ailes bénies!

Le koi Henri. — Je devine ton message dans tes yeux. La reine a-t-elle accouché? dis oui, et que c'est d'un garçon.

La vieille dame. — Oui, oui, mon Suzerain, et d'un gentil garçon : le Dieu du ciel la protège maintenant et à jamais ! c'est une fille qui promet des garçons pour plus tard. Sire, votre reine désire que vous alliez la voir, et que vous fassiez connaissance avec cette nouvelle venue : elle vous ressemble comme une cerise à une cerise.

Le koi Henri. — Lovell.

Rentre LOVELL.

Lovell. — Sire?

Le roi Henri. — Donnez-lui cent marcs. Je vais aller voir la reine. (Il sort.)

La vieille dame. — Cent marcs! par cette lumière, j'en veux davantage. C'est une gratification bonne pour un valet ordinaire. J'en aurai davantage, ou je lui en ferai honte. Est-ce pour si peu que je lui ai dit que la petite lui ressemblait? J'en aurai davantage, ou je démentirai mes paroles, et je vais tacher d'enlever la chose pendant que le fer est chaud. (Ils sortent.)

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