ANCE
DEPUIS LES TEMPS LES PLUS RECULÉS
PAR
M. GUIZOT
Ouvrage illustré d'environ 200 gravures sur bois
D'APRÈS LES DESSINS D'A. DE NEUVILLE
Tous les esprits sérieux reconnaissent aujourd'hui qu'un des moyens les plus sûrs de contribuer à la grandeur et à la tranquillité de notre pays est de répandre largement l'instruction. Notre gouvernement, nos chambres le sentent bien : de nouvelles lois sont faites, d'autres sont préparées, des conférences sont ouvertes et encouragées. Les particuliers s'associent à ce mouvement, ils fondent des bibliothèques, ils achètent des livres utiles et les mettent en quelque sorte sous la main des lecteurs. Enfin les publications destinées à la jeunesse et à ceux que l'instruction n'atteignait pas autrefois se multiplient, et chaque année voit paraître, dans ce genre, des ouvrages excellents, quelques-uns même d'un grand mérite. Cependant on peut encore regretter que, chez nous, les hommes qui occupent les situations éclatan-
tes dans les sciences et dans les lettres ne daignent pas i consacrer quelques-uns de leurs travaux à l'enseignem du peuple et de la jeunesse.
Un noble exemple va leur être donné par l'un des ] illustres d'entre eux : M. Guizot commencera très-procl nement sous le titre « L'Histoire de France raconti mes petits enfants » la publication d'un ouvrage écrit i tout pour ces jeunes générations qui entreront bientôl possession des destinées de la France.
Quelles circonstances ont fait naître l'idée de cet ouvr; Dans quel esprit a-t-il été composé ?
Nous sommes heureux de pouvoir répondre à ces cj
Le prince Henri. Je mourrai cent mille fois plutôt que de manquer de la plus petite syllabe au vœu que je forme.
Le roi Henri. Ce vœu est la mort de cent mille rebelles. Tu auras un commandement et ma plus entière confiance. (Acte III se. a.)
LE ROT HENRI IV
dire je ne sais combien de fois que cette bague était en cuivre.
Falstaff. — Comment ! Le prince est un Jacquot, un pisse-froid. Mordieu! s'il était ici et qu'il parlât de la sorte, je le bâtonnerais comme un chien.
Entrent LE PRINCE HENRI et POINS battant le pas de charge. FALSTAFF marche au devant du prince qui joue du fifre sur son épèe.
Falstaff. — Qu'est-ce à dire, mon garçon? Le vent souffle-t-il donc de ce côté? Devons-nous tous marcher?
Rakdolph. — Oui, deux par deux, à la façon de Newgate.
L'hôtesse. — Monseigneur, écoutez- moi, je vous en prie.
Le prince Henri. — Que dis-tu , Mistress Quickly ? Comment se porte ton mari? Je l'aime beaucoup; c'est un honnête homme.
L'hôtesse. — Mon bon Seigneur, écoutez-moi.
Falstaff. — Ne fais pas attention à elle, je t'en prie, et écoute-moi.
Le prince Henki. — Que dis-tu, Jade?
Falstaff. — L'autre nuit je me suis endormi derrière la tapisserie et j'y ai eu mes poches volées. Cette maison est devenue infâme, on y vole les poches.
Le prince Henri. — Qu'est ce que tu as perdu, 'Jack?
Falstaff. — Voudras-tu me croire, Hal? trois ou quatre billets de quarante livres chacun et une bague ;i cachet de mon grand-père, •
Le prince Henri. — Une bagatelle, quelque chose de la valeur de quatre pences.
L'hôtesse. — C'est ce que je lui ai dit, Monseigneur, et je lui disais que j'avais entendu Votre Grâce parler ainsi ; et, Monseigneur, il parle trèsvilainement de vous, comme un homme mal embouché qu'il est, et il a dit qu'il vous bàtonnerait.
Le mince Henui. — Comment! il n'a pas dit cela?
L'hôtesse. — Si, Monseigneur, ou bien je n'ai ni foi, ni véracité, ni sexe féminin.
Falstaff. — Il n'y a pas plus de foi en toi que dans une prune cuite; il n'y a pas plus de véracité en toi que dans un renard traqué; et quant au sexe, la purelle Marianne pourrait servir de femme ii celui qui serait chargé de te garder. Allez, bahut, allez.
L'hôtesse. — Bahut! quel bahut, dites? quel bahut?
Falstaff. — Quel bahut parbleu 1 un bahut sur lequel on peut remercier Dieu.
L'hôtesse. — Je ne suis pas un bahut sur lequel on peut remercier Dieu, je veux que tu le saches bien; je suis la femme d'un honnête homme, et en mettant à l'écart ta chevalerie, tu es un drôle de m'appeler ainsi.
Falstaff. — Et toi, ton sexe féminin mis à part, tu es une bête de dire autrement.
L'hôtesse. — Dis, quelle bête, drôle, dis?
Falstaff. — Quelle bête? Parbleu, une loutre.
Le prince Henri. — Une loutre, Sir John, pourquoi une loutre ?
Falstaff. — Parbleu, elle n'est ni chair ni poisson; un homme ne saurait par où la reconnaître.
L'hôtesse. — Tu es un homme injuste de dire cela; toi ou tout autre homme, vous savez fort bien par où me reconnaître , drôle que tu es !
Le prince Henri. — Tu dis vrai, hôtesse, et il te calomnie très-grossièrement.
L'hôtesse. — C'est ce qu'il fait, Monseigneur, et il disait l'autre jour que vous lui deviez mille livres.
Le prince Henri. — Maraud, est-ce que je vous dois mille livres?
Falstaff. — Mille livres, Hal ? un million : ton affection vaut un million ; tu me dois ton affection.
L'hôtesse. — Bien plus, Monseigneur, il vous a appelé Jacquot, et il a dit qu'il vous bâtonnerait.
Falstaff. — Ai-je dit cela, Bardolph?
Bardolph. — En vérité, Sir John, vous l'avez dit.
Falstaff. — Certes, il avait dit que mon anneau était du cuivre.
Le prince Henri. — Je dis que c'est du cuivre : oseras-tu soutenir ta parole maintenant?
Falstaff. — Parbleu, Hal, tu sais : j'oserais la soutenir, si tu n'étais qu'un homme; mais comme tu es prince, je te crains comme je crains le rugissement du petit du lion.
Le prince Henri. — Et pourquoi pas comme le lion?
Falstaff, — C'est le roi lui-même qu'on doit craindre comme le lion. Crois-tu que je vais te craindre comme je crains ton père? ma foi, si cela m'arrive, que Dieu fasse éclater ma ceinture!
Le prince Henri. — Oh! si cela arrivait, comme