ACTE IV, SCENE III
ou à L'hôtelier au nez rouge de Daventry. Mais cela r:e fait rien, ils trouveront assez de linge sur toutes les haies.
Entrent LE PRINCE HEISRI et WESTMORE- LAND.
Le prince Henri. — Eh bien, ballon de Jack! comment ça va, gros matelas?
Falstaff. — Comment, Haï! te voilà, jeune insensé? Que fais-tu donc dans le Warwickshire ? Mon bon lord de Westmoreland, je vous demande pardon ; je croyais que Votre Honneur était déjà à Shrewsbury?
Westmoreland . — Ma foi, Sir John, il serait grand temps que j'y fusse et vous aussi; mais mes forces y sont déjà. Le roi, je puis vous le dire, compte sur nous tous : nous devons marcher toute la nuit.
Falstaff. — Bah! n'ayez pas peur pour ce qui me concerne; je suis aussi vigilant qu'un chat l'est pour voler de la crème.
Le prince Henri. — Pour voler de la crème, c'est la vérité; car tes vols t'ont déjà fait tout de .beurre. Mais, dis-moi, Jack; qu'est-ce que ces compagnons qui viennent à ta suite ?
Falstaff. — Ce sont mes soldats, Hal, mes soldats.
Le prince Henri. — Je n'ai jamais vu de plus pitoyables drôles.
Falstaff. — Bah, bah, c'est assez bon pour être hachés; chair à. canon, chair à canon; ils rempliront un fossé aussi bien que de meilleurs: bah, camarade, hommes mortels, hommes mortels.
West.moreland. — ■ Oui; mais, Sir John, ils me semble qu'ils sont pauvres et maigres à l'excès, trop déguenillés.
Falstaff. — Ma foi, pour ce qui est de leur pauvreté, je ne sais pas où ils l'ont prise, et quant à leur maigreur, je suis sur que je ne leur ai enseigné rien de pareil.
Le prince Henri. — Non, je le jure, à moins que vous n'appeliez maigreur, trois doigts de graisse sur les côtes. Mais, maraud, dépêchez-vous: Percy est déjà sur le champ de bataille.
Falstaff. — Quoi! le roi est déjà campé?
Westmoreland. — Ill'est, Sir John : je crains que ne nous soyons trop en retard.
Falstaff. — Bon, la fin dernière d'une bataille et le commencement d'un festin arrangent parfaitement un soldat qui n'a pas faim de se battre et un dîneur de bon appétit. [Ils sortent.)