ACTE II
Voici ce que je dois suppléer : Rome sera-t-tiU immobile de crainte et de respect sous le regard d'un homme? Quoi ! Rome ! mes ancêtres chassèrent des rues de Rome le Tarquin qui portait le nom de roi. Parie, frappe, fais justice. Estce moi qu'on exhorte à parler et à frapper! O Rome! je t'en fais la promesse; s'il est possible de faire justice, tu obtiens ta pleine demande de la main de Brutus.
(Rentre Laclos.)
Seigneur, le quatorzième jour de mars est expiré,
BRUTUS
C'est bon. (On frappe a la porta eilerieere.) Va à la
porte, quelqu'un frappe. (Locùis ««i.) Depuis que Cassius a commencé à m'exciter contre César, je n'ai point dormi. — Entre la première pensée d'une entreprise terrible et son exécution , tout l'intervalle est un rêve plein de fantômes et de hideuses apparitions. Le génie de l'homme et ses passions armées pour l'homicide tiennent conseil alors; et comme un royaume en discorde, t»on anie éprouve le soulèvement d'une révolte.
(Rentre Laclos.)
Seigneur , votre frère Cassius est à la porte ; il demande à vous voir.
BRUTUS
Est-il seul?
luqus.
Non, seigneur, quelques autres l'accompagnent
BRUTUS
Les connais-tu?
Luaus.
Non, seigneur; leurs bonnets sont rabattus sur leurs yeux, et la moitié de leurs visages est ensevelie dans leurs manteaux , au point que je r/ai pu voir aucun de leurs traits qui me les fit reconnaître.
BRUTUS
Fais-les entrer. (Lneinesort.) C'est la troupe liguée. O conspiration ! as-tu boute de montrer ton front sinistre dans la nuit , lorsque les attentats sortent en liberté? Oh ! dans le jour, où trouveras-tu donc une caverne assez sombre pour couvrir ton visage farouche? Conspiration, n'en cherche point; cache-le sous le masque de la bienveillance et de son sourire caressant; car si tu marches sous tes traits naturels, l'Érèbe même n'a