‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 162 sur 689 · JE · texte numérisé non relu

JE

RENVOIJO.

ice, cher Mercutio, retirons-nous. Le jour

MERCUTIO

qui ,

De grâce,

est brûlant , les Capulet sont sortis de leur mai- dans une taverne , prennent leur épée et la posent son; si nous v euons à nous rencontrer, jamais sur la table, en disant : « Dieu me fasse la grâce nous n'éviterons une querelle : dans ces ardeurs de n'avoir pas aujourd'hui besoin de toi. » Et de l'été le sang est bouillant et inflammable. I bientôt, au second verre de vin qu'ils avalent , les

aux prises avec ïe premier venu , sans motif

BENVOLIO.

Moi, je suis un de ces tapageurs !

MERCUTIO

Allons, allons, tu as la tète chaude plus que personne d'Italie; un rien te donne de l'humeur, et dans la mauvaise humeur un rien le rend querelleur.

BENVOLIO.

Et à quoi revient ce propos?

MERCUTIO

Oui, si tu rencontrais un autre homme de ton caractère, il y aurait bientôt deux hommes de moins ; car vous vous tueriez l'un l'autre. Toi ! tu te prendrais de querelle avec un homme pour un poil de plus ou moins que toi & la barbe ; ou parce qu'il casserait des noisettes, et que tu as les yeux couleur de noisette. Non , il ne t'en faut pas davantage pour engager une dispute ; ta tète est pleine comme l'œuf de rixes et de querelles ; et cependant elle devrait être épuisée, après toutes celles qui en sont écloscs. N'as-tu pas cherché dispute à un homme sur ce qu'il toussait dans la rue , parce que cela éveillait ton chien qui dormait au soleil ; a un artisan , parce qu'il portait son habit neuf avant les fêtes de Pâques ; a un autre encore, parce qu'un vieux ruban nouait ses souliers neufs? Et tu veux me faire la leçon sur l'humeur turbulente?

BENVOLIO.

Si j'étais aussi querelleur que loi , le premier venu pourrait acheter ma vie entière le prix d'une heure au plus.

MERCUTIO

A si grand marché? Tu extravagues.

(Entant TybabelaUN».) BENVOLIO.

Par ma tète ! voici les Capulet qui viennent k

guère. ;

TYBALT

Vous m'y trouverez tout disposé, pour peu que vous m'en donniez P<

MERCUTIO

Ne pouvez-vous prendre l'< vous la donne?

TYBALT

Mercol» , lu es de concert avec

ur.

;qu'(

De concert avec Romeo? Noos prends-tu pour des ménétriers'? ils pourraient te déchirer les oreilles. Voici mon archet qui te fera dauser , corbleu , de concert !

BENVOLIO.

Nous disputons ici au milieu d'une place publique; ou retirons-nous en quelque lieu écarté, ou raisonnons tranquillement sur nos griefs. Quittons cette place : tous les yeux se Sxent sur 1

Les hommes ont des yeux pour regarder : qu'ils nous regardent , si cela leur plaît ; moi , je ue bouge pas d'ici pour faire plaisir à qui que ce soit : je...

(B.taBoaeo)

TYBALT

Allons, la paix avec vous, seigneur t j'aperçois

MERCCTIO.

Que je sois pendu cependant, seigneur, s'il porte votre livrée ! Vous pouvez marcher le premier au rendez-vous, et il vot sens vous pouvez l'appeler votre :

TYBALT

Romeo, la haine que je te porte ne trouve pas de meilleur compliment à te faire que celui-ci : tu es un lâche.

Par mon talon ! je ne m'en

TYBALT

Suivez-moi de près : je veux leur parler. — Cavaliers t un mot avec un de vous.

MERCUTIO

Un mot avec un de nous!

que \r coup suive la

Tybalt , j'ai des raisons de l'aimer, et je dois excuser la fureur qui te fait m'adresser un pareil salut Je ne suis point un lâche : ainsi donc, adieu , je vois que tu ne me connais pas.

TYBALT

Jeune homme, ce subterfuge ne me donnera pas satisfaction des outrages qne tu m'as faits : ainsi reviens sur tes pas et mets-toi en défense.

ROMEO

Je proteste que je ne t'ai jamais offensé , et que je t'aime plus que tu ne peux dire, en

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