C0RI0L4N
Adieu , et vis en paix : tu es chargé d'années, et trop rassassié des travaux de la guerre , pour venir encore courir les hasards avec un homme dont toutes les forces sont entières. Accompagnemoi seulement jusqu'aux portes de Rome. — Venez , ma tendre épouse; et vous, ô mère chérie; et vous , mes nobles et vrais amis ; et lorsque je serai hors des murs, faites-moi vos adieux, et quittez-moi le sourire sur les lèvres. Je vous prie, venez. Tant que je serai debout sur la surface de la terre, vous entendrez toujours parler de moi, et vous n'apprendrez jamais rien qui démente ce que j'ai été jusqu'à ce jour.
MENF.N1US.
Jamais l'oreille humaine n'a rien ouï de plus noble que cette promesse. Allons, séchons nos pleurs. — Ah ! si je pouvais secouer de ces bras et de ces jambes affaiblis par l'âge, seulement sept années J'atteste les dieuxqueje tesuivrajs partout.
CORIOLAN
Donne-moi ta main, viens.
(lltMrtMt.)
SCÈXE II.
SICINIUS, BRLTLS.»...
siaNius.
Ordonnez au peuple de rentrer dans ses demeures : il est sorti de Rome , et nous n'irons pas plus loin. Ce coup atterre les nobles , qui , nous le voyons, se sont rangés de son parti.
BRL'TUS.
A présent que nous avons fait sentir notre pouvoir, songeons à paraître plus humbles après le succès.
SICINIUS.
Faites retirer le peuple ; dites-lui qu'il n'a rien perdu de son ancienne vigueur, et que son grand adversaire est sorti de ces murs.
HRL'TDS.