‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 25 sur 689 · ACTE 1, s · texte numérisé non relu

ACTE 1, s

J'bysope, ou si nous y cul ti tous du thym, si nous les garnissons d'une seule espèce d'herbes ou de plusieurs, que nous les rendions stériles par notre oisiveté ou productifs par noire travail , C'est dans nos volontés que résident le pouvoir et l'autorité punissables. Si la balance de notre vie n'avait pas le poids de la raison à opposer aux passions, le sang et les basses inclinations de notre nature nous conduiraient aux plus absurdes inconséquences ; mais nous avons la raison pour refroidir nos désirs ardens, les aiguillons de noire chair et nos passions effrénées : d'où je conclus ceci, que ce que vous appelez amour n'est qu'un rejeton parasite.

Cela ne peut être.

JAGO

C'est simplement un bouillonnement du sang que permet la volonté. Viens, sois un homme. Te noyer! noie des chats et leurs petits aveugles. Je me suis déclaré ton ami, et je proteste que je suis attaché à ton mérite par des câbles solides; je ne pourrais jamais mieux te poster que maintenant Mets de l'argent dans la bourse ; suis ces guerres ; cache ta grâce sous une barbe empruntée : je le répète, mets de l'argent dans ta bourse. Il est impossible que Desdemona soit long-temps amoureuse du More ; — mets de l'argent dans ta bourse ; — ni lui d'elle. Le début fut violent chez elle, et tu verras une séparation qui y répondra. — Mets de l'argent dans ta bourse. Ces Mores sont changeans dans leurs volontés ; remplis ta bourse d'argent. La nourriture qui maintenant lui est aussi douce que des carouges lui sera bientôt aussi amère que coloquinte. Elle doit changer, car elle est jeune ; quand elle sera rassasiée des caresses du More, elle verra l'erreur de son choix. — Il faut qu'elle change, il le faut : c'est pourquoi mets de l'argent dans ta bourse. — Si tu veux alisolument te damner, fais-le d'une manière plus délicate qu'en te noyant. Fais autant d'argent que tu pourras. Si le sacrement et un vœu fragile entre un barbare errant et une rusée Vénitienne ne sont pas trop forts contre mon esprit et toute la tribu de l'enfer, tu jouiras d'elle : c'est pourquoi fais de l'argent. Fi ! loin de toi l'idée de te noyer ! elle choque le bon sens. Cherche plutôt à te faire pendre en satisfaisant ton désir, qu'à te noyer et à partir sans elle.

Veux-tu être attaché à mes espérances, st je me confie à leur suças?

CENE III. tl

Tu es sûr de moi ; — va , fais de l'argent — Je te l'ai dit souvent, et je te le redis encore : je hais le More. Ma cause me tient au cœur, la tienne n'est pas moins fondée. Soyons unis dans notre vengeance contre lui. Si tu peux le déshonorer, tu te procureras un plaisir et à moi un divertissement Il y a dans le sein du temps plus d'un événement dont il accouchera. Traverse, va; procure-toi de l'argent Nous aurons une plus longue conversation demain. Adieu.

Où nous trooverons-nous demain matin?

JAGO

A mon logement

Je m'y rendrai de bonne heure.

JAGO

Pars; adieu. Entends-tu, Rodcrigo?

Que dites-vous?

JAGO

Ne songe plus à te noyer, entends-tu?

J'ai changé d'idée. Je vais vendre toutes mes terres.

JAGO

Va, adieu; mets assez d'argent dans ta bourse. (Roderigo tort.) C'est ainsi que je sais trouver la mienne dans la dupe qui m'écoute ; et ne serait-ce pas profaner mon expérience que de perdre le temps avec un pareil idiot sans plaisir ni profit pour moi? Je hais le More, et c'est l'opinion commune qu'entre mes draps il a rempli mon office. Je ne sais pas si cela est vrai; mais, pour un simple soupçon de ce genre , je veux agir comme si j'étais sûr. Il m'estime : mes desseins n'en opéreront que mieux sur lui Cassio est l'homme qu'il me faut — Voyons maintenant... Gagner sa place et accomplir ma volonté : double coquinerie. — Comment? comment? — Voyons. — Au bout de quelque temps , insinuer dans l'oreille abusée du More que Cassio est trop famiber avec sa femme. H (Cassio) a une personne, une fraîcheur qui prêtent aux soupçons; il est taillé pour rendre les femmes infidèles. Le More est d'une nature franche et ouverte, et regarde comme honnêtes les hommes qui ne font que le paraître : il se laissera conduire par le nez aussi aisément que les ânes. Je l'ai ; — il csj. engendré : l'enfer et la nuit doivent faire éclore à la lumière ce fruit monstrueux.

OTHELLO

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