M EN EMIS
L'ami , l'ami
<KBtmtCorioUa«tAaflJii*.)
CORIOLAN
Dequois'2giL-il?
MENENIUS.
Je vais te recommander au général : tu vas voir dans le moment quel cas on fait ici de moi , et qu'un malheureux soldat n'est pas fait pour m'empêcher d'approcher mon Coriolan , que j'aime comme mon fils. Tremble sur le sort qui t'attend.
— Que les dieux assemblés à toutes les heures s'occupent sans cesse de ton bonheur, et qu'ils t'aiment seulement autant que 't'aime ton vieux père Mencnius. O mon fils, mon fils, tu prépares des flammes pour nous! Vois mes larmes, et qu'elles éteignent ta colère. Il a fallu bien me presser, bien me prier pour me déterminer à venir vers toi ; mais on était sûr que personne que moi ne pouvait te fléchir, et j'ai été poussé hors des portes de Rome , à force d'instances et de soupirs. Je le conjure de pardonner à Rome , et à tes concitoyens supplians devant loi. Que les dieux propices apaisent ta fureur, et en fassent tomber le dernier ressentiment sur ce misérable qui, comme une masse insensible, s'opposait à moa passage, et m'a refusé tout accès vers loif
CORIOLAN
CORIOLAN
Loin de moi.
MENEKL'S.
Coinmcnl, loin de moi!
CORIOLAN
Femme, mère, enfant, je n'en connais plus. Ma volonté ne m'appartient plus : elle est engagée au service (Tautrui ; et quoique je me doive à mot ma vengeance personnelle, le pardon de Rome est dans le cœur des Volsques. N'importe que nous ayons été intimes amis ; je l'oublierai avec ingratitude , plutôt que de faire voir par ma pitié à. quel \mnt nous l'avons été. — Ainsi , laisse-moi : mon oreille op|)osc à tes demandes une Pureté plus inflexible que le fer que vos portes opposent à ma force. Pourtant, car je t'ai tendrement aimé, prends avec toi cet écrit : je l'ai tracé pour toi , et je te l'aurais envoyé. <u m mac m tan») Une parole de plus , Mencnius , je ne L'écouterai pas de toi. — Ce vieillard, Aufidius» était pour moi un père dans Rome ; et lu vois comme je l'ai....
ai* nnn s»
Tu sais soutenir ton caractère.
'Ib aortcai. Retteat Xeecalw et U garde.) PRKMlKtt SOLDAT.
Eh bien , votre nom est donc Meneniusî
SECOND SOLDAT
C'est un nom, comme vous voyez, dont le charme est bien puissant ? — Yous savez |»r quel chemin on retourne à Rome?
PREMIER SOLDAT
Avez -vous vu comme nous avons été réprimandés pour avoir fermé le passage à votre grandeur?
SECOND SOLDAT
Croyez-vous que j'aie sujet de m'évanouir de peur dans l'attente du châtiment ?
MENENltS.
Je ne m'embarrasse plus ni du monde , ni de votre général. Pour vous, chétifs atomes, à peine daigné-je croire à votre existence, tant vous êtes petits et vils à mes yeux ! Celui qui est décidé à se donner la mort lui-même ne la craint point d'un autre. Que votre général suive à son gré ses fureurs. Vous, puissiez- vous vivre long-temps dans la bassesse de votre état obscur, et puisse votre misère s'acci oîlrc avec vos années ! Je vous
renvoie le mot qui m'a été adressé : Loin dr. moi !
(Il wrl.)
PREMIER SOLDAT
Un illustre mortel , je le garantis.
SECOND SOLDAT
L'illustre mortel , c'est noire général : un rocher n'est pas plus inébranlable que lui
' (Loi KiUaU wrlam.:
SCOE UK
lalrv»! CORIOLAN c< \t'KII)lt& CORIOLAN.
nous rangeons notre armée devant le* murs de Rome. Toi , mon collègue dans cette expédition , tu dois rendre compte au sénat volsque de la loyale franchise que j'ai mise dans ma conduite.
AUFIDICS.
Oui , tu n'as envisagé que les intérêts des Volsques : tu as fermé l'oreille a la prière universelle de Rome ; tu ne t'es permis aucune conférence secrète , pas même avec tes plus intimes amis , qui s* croyaient surs de te gagner;
Le dernier, ce vieillard que j'ai renvoyé à Rome le cœur brisé, m'a aimé plus tendrement qnc n'aime un père : il m'aimait , oui , comme son dieu. I<eur dernière ressource était de me l'envoyer. C'est pour V amour de lui, malgré la dureté que je lui ai montrée, que je leur ai offert encore une fois les premières, conditions : tu sais, qu'ils les ont refusées ; maintenant ils ne peuvent plus les accepter. C'était uniquement pour ne pas refuser tout à ce vieillard, qui se flattait d'obtenir bien davantage ; et c'est lui avoir accordé bien peu. A présent, de nouvelles dépulations, de nouvelles requêtes, ni de la part de l'état , ni de celle de mes amis particuliers, je n'en veux plus écouter désormais. — Ah ? quelles sont ces clameurs? (On entend dei rri«.) Vient-on tenter de me faire enfreindre mon serment , au moment même où je viens de le prononcer ? Je ne l'enfreindrai pas.
( Entreat Virgilie , Volamnie, Y alerte, le Jean» Marries «ree an cortège, toe» en robe* de deuil.)
Ah ! c'est ma femme qui marche à leur tête ;