‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 289 sur 689 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Ll C*»P I>K IULnCHOU A BftMTOl.

i nrrrm BOLINGBROCE , YORK, NORTHUMBERLANI), ROSS, PERCY, WILLOUGHBT,

»t*c BUSH Y e< GREEN , prf*»*»».

BOLINGBRORE.

Faîtes approcher ces prisonniers. — Bushy et Green, je ne veux point tourmenter vos ames (qui , dans un instant , vont être séparées de leurs corps), en vous reprochant trop les crimes de votre vie : cela ne serait pas charitable. Cependant, pour absoudre mes mains de l'effusion de votre sang, je vais ici, devant témoins, exposer quelques-unes des causes de votre mort. Vous avez perverti un prince, un digne roi, né d'un sang vertueux , d'une physionomie heureuse ; vous l'avez dénaturé, vous l'avez entièrement défiguré. Tous avez, en quelque sorte, en l'associant à vos débauches, établi le divorce entre la reine et lui. Vous l'avez dépossédée de la couche royale; vous avez flétri la beauté de ses traits et les grâces de son teint par les larmes que vos affronts odieux lui

s, que la fortune a

fait naître prince , uni au roi par les liens du sang et par une étroite amitié , avant que vous m'eussiez noirci dans son esprit , je me suis vu opprimé, et victime de votre haine. Né Anglais , il m'a fallu respirer sous une atmosphère étrangère, mangeant ; le pain amer de l'exil ; tandis que vous vous engraissiez sur mes seigneuries, que vous renversiez les clôtures de mes parcs, que vous abattiez mes fruit», que vous enleviez de mes femHres les armoiries de ma famille (1) , que vous effaciez partout mes écussons et ma devise, ne laissant plus d'autre indice .d'autre vestige, que la mémoire des hommes et ma race vivante , qui pût prouver au monde que je suis né noble. Ces iniquités, et bien d'autres excès sans nombre , vous coudamnent à

(1) Dans le temps que le* vitrages colo.ié* étaient d'usage, on avait coutume d'y peindre les armes de ia

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