‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 3 sur 689 · CHAPITRE IIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIÏ

L'n intéressant sujet d'études dans l'histoire littéraire de Shakspeare est l'état de notre poésie dramatique , lorsqu'il commença à arranger età composer des pièces pour le théâtre anglais. Avant son temps, les mystères et les miracles purs, dans lesquels Adam et Eve paraissaient nus , le diable montrait ses cornes et sa queue , et la femme de Noé donnait des taloches au patriarche avant d'entrer dans l'arche, étaient comparativement tombés en désuétude après une vogue de quatre cents ans ; et

dans le courant du seizième siècle, le clergé reçut de Rome des ordres qui lui interdisaient déjouer un rôle dans ces pièces. Cependant les moralités , qui avaient fait leur apparition vers le milieu du quinzième siècle, étaient sur leur déclin aussi bien que ces spectacles et ces masques en l'honneur de la royauté , lesquels néanmoins aidèrent l'introduction du drame. En même temps , il ne faut pas croire que ces représentations finirent subitement et pour toujours; les Chesler Mysteries furent ressus-

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dtés pour la dernière fois en 1574 , et la dernière représentation de la Passion de Jésus- Christeut lieu un vendredi-saint, sous le règne de Jacques I"; le titre de masques, comme nous le voyons par le Cornus de Mil ton , Tut donné à une espèce de divertissement dramatique d'une époque encore plus récente.

Mais nous devons nos premiers drames réguliers aux universités, aux clercs de la basoche anglaise , et aux écoles publiques. Les écoliers de ces établissemens s'occupaient de traductions libres des dramatistes classiques, quoique avec si peu de goût que Sénèque était un de leurs auteurs favoris. Ils attrapaient la froideur de ce modèle sans cependant saisir la plus faible trace de ses minces grâces; ils jetaient les >eux sur les anciens sans les comprendre , et n'apportaient à leurs plans ni unité, ni but, ni intérêt attachant. 11 y a une ressemblance générale entre toutes les pièces qui précédèrent Sliakspcarc, quant à la mauvaise conception du plan, le style ampoulé et la monotonie de la tragédie, et la bouffonnerie triviale de la comédie.

Les plus distingués des prédécesseurs immédiats de notre grand poète furent Lyly, l'eete, (Ireene, Kyd, Nash, Lodge et Marlowc. Ljly n'était pas entièrement dépourvu de poésie, car nous avons de lui quelques bons vers lyriques; mais dans le drame il est froid, mythologique et recherché ; et même il pollua pendant un moment la jeunesse de notre littérature de son abominable euphuisme. Peele a laissé dans son David et Bethsabé quelques passages pleins de mélodie et d'imagination. Greene est avec raison estimé pour sa comédie de Frère Bacon et Frère Bungay. La Tragédie Espagnole de Kyd fut d'abord admirée, mais ensuite citée seulement pour ses échantillons de faux sublime. Nash n'écrivit aucune œuvre poétique , si ce n'est pour le théâtre; mais c'est un pauvre poète dramatique, bien que ses satires en prose soient remarquablement vigoureuses. Lodge ne fut pas beaucoup plus heureux que Nash sur le

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théâtre ; ses productions en prose ne sont pas d'une grande valeur ; mais il écrivit une satire en vers d'un très grand mérite, et diverses petites pièces lyriques qui ont de la grâce. Marlowe fut le seul grand homme parmi les précurseurs de Shakspcarc ; ses conceptions étaient fortes et originales; son intelligence saisissait un sujet dans son ensemble. Sans doute il disloquait les muscles de son langage par des efforts trop énergiques, dans le but de faire parade de sa force ; mais il traçait ses caractères avec un degré de vérité inconnu à ses prédécesseurs. Son Edward IT est pathétique, et son Faust est empreint d'une véritable grandeur. Si Marlowe eût vécu, Shakspeare aurait eu quelque chose comme un compétiteur.

Shakspeare commença sa carrière vingt ans après que le drame anglais eut acquis une habitation locale aussi bien qu'un nom ; après que les écoliers et les enfans de chœur curent cessé d'être exclusivement les comédiens , et lorsque les écoles , les réfectoires d'université, les palais de justice, les manoirs de la noblesse et les châteaux royaux ne furent plus les seuls théâtres. Des pièces, il est vrai , furent encore jouées, même à une époque avancée du règne d'Elisabeth , dans des églises , des chapelles et des maisons de nobles, et môme des comédiens régulièrement autorisés firent briller leur gloire théâtrale dans les cours des auberges. Je n'entre jamais dans une vieille construction de cette espèce sans penser à notre théâtre primitif. Mais lorsque Shakspeare vint à Londres, notre métropole avait des théâtres réguliers et autorisés, ainsi que des troupes dramatiques. Le premier bâtiment consacré exclusivement en Angleterre aux besoins du drame et appelé le Théâtre , fut élevé vers 1570 dansBIackfriars, près du présent hôtel des Apothicaires. Le nombre des théâtres s'accrut rapidement. Une salle de spectacle dans Whilcfriars , dans ou près Salisbury-Giurt , et une autre appelée le Rûkau daim Shoveditch , s'élevèrent avant

SUR LA VIE ET LES OUVRAGES DE SHAKSPEARE

!n80. I! est clair aussi, di< M. Collier, qu'il y arait des théâtres sur le Banksidc, presqu'au pied du pont de Londres , antérieurement à 1587; car dans le mois d'octobre de cette année , quelques uns des habitans de Southwark se plaignaient que . l'on représentât encore le dimanche des pièces et des intermèdes (1).

Je n'entrerai pas dans la question , intéressante pour les antiquaires, de savoir le nombre exact de théâtres qui existaient à la date de l'arrivée de Shakspeare à Londres ; il suffit de dire qu'il doit y en avoir eu plus d'un. Kntrc ce temps et sa retraite définitive à Stratford, il s'éleva plusieurs autres nouvelles salles; cependant il faut comprendre que ces théâtres n'étaient pas tous ouverts en mfme temps.

« Presque tous ces bâtimens , dit M. Dyce, étaient probablement construits en bois. Ceux, ajoute-t-il , qui pour une raison que nous ignorons , étaient appelés théâtres particuliers, étaient entièrement mis par un toit à l'abri des injures du temps, pendant que les théâtres publics n'avaient d'autre voûte que celle des deux , excepté la scène et les galeries qui i hieut couvertes. A l'extérieur de chaque théâtre l'on voyait une enseigne qui indiquait son nom , et, pendant la représentation , l'on hissait un drapeau sur le toit; leurs dispositions intérieures ressemblaient à celles d'aujourd'hui ; il y avait des rangées de galeries ou d échafauds; derrière, se trouvaient des loges ou des chambres destinées à des personnes de la classe la plus élevée, et qui, dans les théâtres particuliers , étaient assurées par des serrures dont on donnait les cles aux individus qui les retenaient. Au centre, dans |.\s théâtres particuliers, il y avait un espace séparé de la scène par deux palissades, à ce qu'il para ît), qu'on appelait the pit [ le trou } et qui était garni de sièges ; mais dans lis théâtres publics, le même espace était appelé the yard fia cour), et ne présentait point un pareil avantage.

(1) Colliers Armais of the Stase, vol. III. p. 310.

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» Des fanaux , ou de grandes lanternes ou ■ vertes, servaient à éclairer le corps du bâtiment, et deux énorme* branches semblables quant à la forme à celles que l'on suspend maintenant dans les églises, donnaient de la lumière à la scène. L'orchestre, qui était loin d'être nombreux, était assis, à ce que l'on suppose, dans un balcon supérieur, au dessus de ce que l'on appelle maintenant the stagebox (baignoires d'avant-scène). Les instruirions le plus en usage étaient les trompettes, les cornets, les hautbois, les luths , les flûtes, les violes et les orgues.

» Les amusemens de l'auditoire, en attendant que la pièce commençât , consistaient à lire, à jouer aux cartes, ù fumer, à boire de l aie, et à manger des noix et des pommes ; même, pendant la représentation , c'était la coutume des beaux-esprits , des critiques et des jeunes gens à la mode, jaloux d'attirer l'attention , de se placer sur la scène , ou couchés sur des joncs, ou assis sur des escabeaux loués, pendant que leurs pa?es leur fournissaient des pipes et du tabac (1).

» Au troisième coup, ou fanfare de trompettes , la représentation commençait. Le rideau, qui cachait la scène à l'auditoire, se lirait alors, en s'ouvrant par le milieu et en glissant sur des tringles en fer. On employait d'autres rideaux appelés traverses au lieu de décors. Dans le fond , il y avait un balcon, dont la plate-forme s'élevait environ à huit ou neuf pieds du sol ; il servait de galerie à fenêtre, ou de chambre supérieure : de là se débitait quelquefois une portion du dialogue , et sur le devant il y avait des rideaux suspendus , pour cacher au besoin à l'auditoire ceux qui se trouvaient dans cette galerie. Le plafond , peint en bleu , ou orné de draperies de cette couleur, s'appelait the htavens (les cicux). Le plancher delà scène était généralement couvert de joncs; mais, dans des occasions extraordinaires, il

M! L'embarras causi* par ccui qui, étranger* à la i t in' s'v plaçaient ronllnua jusqu'au temps «lefiarrii U.

REMARQUES

l'était d'une natte. Assurément 11 n'y avait pas de décorations mobiles ; une planche contenant le nom du lieu de l'action en grosses lettres était mise dans un endroit où elle pouvait être vue de tout le monde. Parfois , lorsqu'un changement de scène était nécessaire, l'auditoire était prié de supposer que l'acteur, qui n'avait pas quitté les planches , avait passé dans un lieu différent. Un lit qu'on avait poussé sur la scène représentait une chambre a coucher, et une table avec des plumes et de l'encre faisait connattre qu'on était dans un comptoir. L'on employait de grossiers artifices pour imiter des tours, des remparts de ville, des gueules de l'enfer, des arbres, des dragons, etc. Les trappes avaient été en usage de bonne heure ; mais faire monter un personnage céleste à la voûte de la scène , c'était plus que les machinistes du théâtre ne pouvaient toujours exécuter.

» Les meilleures garde-robes théâtrales dans les meilleurs théâtres étaient coûteuses. Ceux qui remplissaient les rôles d'hommes portaient parfois des perruques; les rôles de femmes étaient joués par des enfans ou des jeunes gens qui se servaient quelquefois de masques. L'acteur chargé de prononcer le prologue était ordinairement revêtu d'un manteau de velours noir ; souvent on se passait d'épilogue. Pendant la prèce , le niais [tte ciown) devait se livrer à des bouffonneries impromptues; il y avait du chant et de la danse dans l'intervalle des actes ; la pièce se terminait par une chanson ou une jig, composition rimée , dans le genre des farces, d'une étendue considérable, chantée ou récitée par le niais, et accompagnée de. danses et d'un air de flageolet et de tambourin. Une prière pour la reine, prononcée par les acteurs à genoux , terminait le tout.

» Le prix d'entrée parait avoir varié suivant le rang et l'estime dont jouissait le théâtre : l'on prenait un shilling (1) par place dans les

(1) Vingt-cinq soos de notre monnaie.

meilleures loges, l'admission au parterre et

aux galeries était de six pence (1) , de deux pence , et quelquefois d'un penny ; la représentation commençait à trois heures. Pendant le règne d'Élisabcth , il y avait spectacle le dimanche aussi bien que les autres jours de la semaine; mais, sous ses successeurs, il parait que les représentations dramatiques le dimanche ne furent tolérées qu'à la cour. »

II y a toute raison de croire que Shakspeare commença sa carrière d'auteur dramatique en adaptant à la scène les ouvrages des écrivains qui l'avaient précédé. Avant la fin de l'année 1592, il avait certainement été employé de cette manière. Cette année mourut Creen, qui laissa prêt a être mis sous presse son Groat' s-worth of W 'it ( pour un groat d'esprit ) , dans lequel faisant évidemment allusion à Shakspeare , il dit : « Il y a un corbeau parvenu , paré de nos plumes ; dans son propre orgueil, le seul Shakscene (2) d'un pays ! »

Il est probable , cependant, que Shakspeare avait fait quelques tentatives, quoique peu nombreuses, pour être u n d ramatu rge origin al . En même temps, il y a motif à croire qu'il peut avoir écrit quelques uns de ses poèmes non dramatiques, qui, apparemment, élevèrent très haut sa renommée , pendant que sa réputation dramatique était encore à son aurore. Il appelle lui-même son poème intitulé Venus et Adonis . le premier héritier de ton invention. Ce poème parut en 1593, et Y Enlèvement de Lucrèce l'année suivante. La prolixité du premier poème est fatigante, la moralité du second engendre l'ennui ; cependant ils lui gagnèrent de la réputation, non seulement avant que quelques uns de ses meilleurs drames eussent paru, mais même plus lard. Tous les deux ils furent dédiés au comte de Southampton , qui, au rapport de Rowe, fit

(i) Si» MUJ , ,

(S) Il y a ici un jeu de mots entre Shakscme qui signifie garçon de théâtre , littéralement itcoueur de di~ cors, et Shaktpeart, qui veut dire teeoueurde

SUR LA VIE ET LES OUVRAGES DE SHAKSPEARE

en effet , à cette

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présent à notre barde de mille livres sterling. La vérité de cette anecdote peut être mise en question ; mais an moins nos cœurs penchent ë croire à cette largesse.

Maintenant que je suis sur le sujet de ses poèmes non dramatiques, je suis tenté de et de les présenter sous nn seul me réservant de f onsidérer plus tard quelques uns de ses drames, qui furent écrits avant certaine» de ses pièces non dramatiques.

Ses sonnets et sa Plainte de l'amant furent publiés ensemble en 1609. Quelques uns de tes sonnets avaient été composés certainement plusieurs années avant celte date ; car Mères , en 1598, fait allusion aux Sonnets sucres de

avoir été lancés a différentes époques de sa vie.

Quelques uns de ces jets , mais non pas tous, rae paraissent dignes de Shakspeare. Parmi les plus admirables sont le huitième, le trentième, et au dessns de tous, le cent-trente-

het me oot to tbe marnage or truc minds Admit impcdimenU , etc.

Je ne veoi pas

à un autre , de terminer par votre amant dévoué, comme nous disons maintenant je suis votre obéissant serviteur. Or, dans ces sonnets, notre poète complimente ses amis d'une manière totalement différente de l'usage moderne, et qui ne peut s'expliquer que par la

La plus grande partie des sonnets est adres sée à un ami, que M. Boaden, suivant moi, a prouvé être le comte de Pembroke ; au moins nous devons le penser ainsi jusqu'à ce qu'il s'en trouve un autre dont les droits soient plus fondés.

,etc.

Celui-ci , en vérité, est bien de Shakspeare : c'est l'amour regardant sa propre image dans le ruisseau delà poésie. Cependant, en somme, ces sonnets n'ajoutent pas plus à la renommée de notre poète qu'une boule de neige au sommet de l'Olympe.

En décrivant les grands hommes, Dugald Stewart remarque qu'un de leurs caractères est d'imprimer leur sceau sur la physionomie de leur époque ; mais la plupart de ces sonnets montrent Shakspeare recevant le cachet de son siècle, loin de le lui imprimer. C'était nn temps de recherches en fait d'imagination ; et l'immortel rimeur de sonnets n'est pas exempt de ce défaut. C'était l'âge des expressions hyberboliques d'amitié entre hom- I Shakspeare ne ressentit jamais la passion de

tateurs de Shakspeare de ne pas avoir découvert, dans les productions ci-dessus mentionnées, une mine de renseignemens sur la biographie du poète ; mais , à l'exception de quelques expressions générales sur ses sentimens naturels, les sonnets de ShaksDeare ne nous donnent aucun accès à son histoire personnelle. Scfalegel dit qu'ils peignent ses passions sans équivoque ; mais il n'en est rien ; car ils peignent son amitié d'une manière hy» perbolique, avec un mélange de jalousie qui n'appartient pas à l'amitié d'un homme pour un autre; et quoique une vingtaine de ses sonnets soient adressés à une femme dont il feint d'être amoureux , est-il certain que son langage érotique, même dans ces pièces, n'était pas coloré d'imagination? n menace son idole féminine de devenir fou, et de l'accuser faussement des faveurs qu'elle ne lui avait jamais accordées. On ne peut nier qu'il ne parle dans ces sonnets à une amante , réelle ou imaginaire, plus jeune que lui ; en même temps sa menace de l u ter qu'il ait eu un profond attachement l'objet qu'il traitait ainsi. Bien plus, je soupçonne que, si cette affaire d'amour eût été vraie , il en aurait moins dit à ce sujet. Cependant je suis loin d'entretenir l'opinion que

REMARQUES

l'amour pour aucune autre femme que pour Anne Hathaway. Elle l'épousa , ou plutôt elle le fit tomber dans le mariage comme dans un

et lui enfant de dix-huit ans. Mettant de côté que la naissance de Suaanne Shakspeare ait été prématurée, pour la réputation de sa mère, la circonstance en elle-même du mariage d'une femme faite avec un jeune homme de dix-huit ans , fait peu d'honneur à la mémoire de celle-ci , et nous laisse sans une grande sympathie pour elle, si Shakspeare, parmi les séductions de Londres, oublia la foi conjugale.

Mais il est pénible de voir le digne docteur Drake dans une si grande perplexité à ce sujet. Il commence tout d'abord par nier la possibilité que Shakspeare ait eu aucune affaire d'amour a Londres, vu qu'il était marié et père de famille. Un peu plus loin, il regrette que Ton ne puisse prouver que ces sonnets , adressés à une femme de mauvaises mœurs, et aux yeux noirs, aient été adressés à un objet imaginaire; mais bientôt il découvre, dans son propre cerveau, l'entière conviction qu'ils s'adressaient à un objet purement idéal. Bien plus, le docteur Drake blâme cette femme idéale d'avoir été l'une des femmes les plus perverses qui aient jamais été décrites par la plume d'un poète. Or, c'est assurément une désagréable affaire pour une pauvre femme

aux yeux noirs que tout d'abord son existence soit contredite, et qu'ensuite on mette sur son compte les fautes commises par elle pendant son état de non existence!

Un autre des poèmes non dramatiques de Shakspeare est la Piamte de l'amant. Il renferme plusieurs beautés, mais aussi un grand nombre d'expressions recherchées. La Jeune fille abandonnée, décrivant son amant, conjure un être qui ressemble à Shakspeare luimême :

For, on tbe tip of his subduing longue , Ail kînds of arguments and questions deep; Ail replications prompt, and reason strong , For DU advantage still did wake and sleep , To make the weeper laugh— the laugher weep.

Car sur le bout de ta langue victorieuse Il y avait toutes sortes d'argumens et de questions profondes;

Toutes les promptes répliques cl les fortes raisons. Pour son avantage se réveillaient ou dormaient toujours,

faire rire celui qui pleure , pleurer celui qui rit

Dans les mélanges du PauionaU Pilgrim (1) , quelques portions de poésie sont attribuées à la plume de notre barde ; mais ces mélanges paraissent avoir été envoyés à l'imprimerie sans le consentement de Shakspeare, ou même à son insu, et l'on ne peut maintenant, parmi ce qu'ils contiennent, découvrir ce qui provient de sa plume.

(i) Le Pèlerin Passionné.

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