ACTE n, SCÈNE II
Si vous entrez dans mes vues, quand je serai décidé, elles sont de nature à tous procurer de l'honneur.
BANQUO
Si je ne risque pas de perdre l'iionneur en cherchant a l'augmenter , et que je puisse toujours conserver mon cœur loyal, et mou hommage fidèle à mon souverain, je suis prêt à écouter vos
En attendant , nuit heureuse et bon repos.
BANQUO
Je vous rends grâces , et recevez le môme vœu.
intL)
Va, dis à ta maîtresse de sonner un coup de cloche quand ma boisson sera prête. Ya te mettre au Ut. (u dooeMitM ton.) Est-ce un poignard que je vois là devant moi, la poignée tournée vers ma main ? Viens , que je te saisisse. — Tu m'échappes, et cependant je te vois toujours. Fatale vision , n'es-tu pas sensible pour le toucher, comme tu l'es pour les yeux? ou n'es-tu qu'une illusion vaine, produite par un cerveau échauffé? Pourtant je te vois, et sous une forme aussi palpable que celui que je tire en ce moment de son fourreau. — Tu me précèdes (ti ur. M poi»B*rd.) dans le chemin que j'allais suivre , et tu m'offres un instrument pareil à celui dont j'avais dessein de me servir. — Mes yeux seuls sont abusés d'une erreur que mes autres sens ne partagent point; ou, si mes yeux voient la vérité, ils valent seuls tous mes autres sens. — Tu es toujours présent à mes regards , et sur ta lame affilée j'aperçois des gouttes de sang que Je n'y avais pas vues d'abord. Ce n'est rien de réel. — C'est mon projet sanguinaire qui peint cette vaine image à mes yeux déçus. — Maintenant, sur la moitié do globe , la nature semble morte , et des songes funestes troublent le sommeil des mortels. Maintenant les sorcières paient a la pâle Hécate leur culte et leurs offrandes nocturnes. — Voici L'heure où l'assassin, au teint hâve et flétri, s'éveille aux hurlemcns du loup, sentinelle dont il reçoit le signal : comme autrefois le ravisseur Tarquin , touchant à pas alongés,en silence et d'un pied suspendu , U s'avance vers son crime , comme un fantôme dans les ténèbres. — 0 toi, terre solide et ferme, sois sourde à mes pas, ignore la route
que je prends; tir et révéler où je suis , et me ravir l'exécution de ce forfait, tout prêt à ce moment favorable et si bien fait pour lai ! — Tandis que je menace, il vit.\— On est trop froid , quand on s'amuse à parler dans la chaleur de l'action.
( Une c lof ht sonne.)
J'y vais. C'en est fait ; la cloche m'invite. Doncan , n'entends pas ces sons ; car c'est ta cloche funèbre qui t'appelle des enfers,
(II»ort.)