‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 400 sur 689 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

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EDGAR

EDGAR

J'ai entendu moi-même proscrire ma tête! Heureusement que le creux d'uu arbre m'a dérobé à leur poursuite. Il n'est plus d'asile pour Edgar, plus de port, ni de lieu sûr pour lui. Des sentinelles et la plus sévère recherche épient mon passage pour me saisir. Tandis que je suis libre encore , je veux trouver un moyen de roc conserver. — Il me vient dans l'idée de me déguiser sous la forme la plus abjecte et la plus pauvre où jamais b misère ait abaissé l'homme dégradé , descendu presque au niveau de la brute. Je noir-

(1) Hors de ta bénédiction du tint, te voilà réduit à la chaleur du toleit. Suivait l lia m mer , ce proverbe se dit de ceux qui , chassés de leur maison . restent exposés à la chaleur du soleil. Peut-être se disait-il d'abord de ceux qui s'évadaient d'un bopiul. La bénédiction du ciel pourrait bien être le nom d'un de ces hospices des pau- | vrcs et des voyageurs.

Jounsom.

LE ROI LEAH

cirai , je défigurerai mon visage ; je ceindrai mes reins d'une couverture en lambeaux ; je nouerai ma chevelure en mille nœuds, et mes membres nus affronteront l'injure des vents et l'inclémence des cieux. Je veux prendre pour mes modèles ces mendians échappés des hôpitaux de la folie, qui, poussant des cris sauvages, enfoncent dans leurs bras nus et leur chair meurtrie des clous , des épingles, des épines et des branches de romarin, et, dans ce hideux accoutrement , sortent du fond des fermes misérables, des hameaux en masures, des parcs, des étables et des moulins, et viennent sur le chemin faire violence à la lente charité, tantôt par leurs prières, tantôt par leurs imprécations lunatiques. Le pauvre Turlupin (1) , 4e pauvre Tom! Encore est-ce quelque chose que cela ; en restant Edgar, je ne suis plus rien.

(il *«.)

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