SC£.\E IV
le ciutiiu oc coam m slocutek.
Routât LEAR, LE FOU, et UN GENTILHOMMF.
LEAR
11 est bien étrange qu'ils soient partis de leur château sans me renvoyer mon messager.
LE GENTILHOMME
Je sais pourtant que la nuit dernière encore ils n'avaient aucun projet d'en sortir.
LE COMTE DE KENT
Je vous salue, mon noble maître.
LEAR
Ah , ah , te fais-tu uu passe-temps de ta honte î
LE COMTE DE KENT
Non , monseigneur.
LE POU
Ma foi , il porte là de cruelles jarretières (2) !
(1) Turlygood ou Turlupin. Dans le quatorzième siècle, il parut une nouvelle espèce de vagabonds sorciers appelée Turlupin*; c'était une confrérie de mendians tout nus qui infectèrent l'Europe. Rome les condamna comme hérétiques; et il y en eut quelques-uns de brûlés a ParU : c'était une bande de gueux cl de fous cyniques.
Wabicbtox.
(3)Steerens croit que Sbakspcare a voulu jouer sur 1rs mots cruel garters (cruelles jarretières) et crewei garttrs ( jarretières de laine)
On lie les chevaux par la téle, les chiens et les ours par le cou , les singes par les reins ; les hommes, c'est par les jambes. Quand un homme est trop vigoureux de ses jambes, ou lui met des entraves lourdes.
LEAR
Quel est celui qui s'est si étrangement mépris sur la place qui te convient, pour te placer ici?
C'est lui et elle, votre fils et votre fille.
LEAR
Non.
LE COMTE DE KENT
Ce sont eux.
LEAR
Non , te dis-je.
LE COMTE DE KENT
Eh! oui, vous dis-je.
LEAR
Par Jupiter, je jure que non,
LE COMTE DE KENT
Par Junon , je jure que oui.
LEAR
Ils ne l'ont pas osé , ils ne l'ont pas pn , ils n'ont pas pu le vouloir I — Mais c'est plus qu'un assassinat , de faire un aussi violent outrage au ministère le plus respectable ! — Hâte-toi de m'expliquer par quelle conduite tu as pu mériter ce châtiment, ou comment ils ont pu te l'infliger, étant envoyé de notre part.
LE COMTE DE KENT
Monseigneur, arrivé à leur château , je leur ai recommandé la prompte lecture des lettres de votre altesse. Je n'étais pas encore relevé de l'humble posture où je leur témoignais à genoux mon respect , lorsque soudain survient un courrier tout en sueur, tout essoufflé, et respirant à peine , qui leur présente le salut de sa maîtresse Goneril, et une lettre de sa part ; ils la lisent sur-le-champ , interrompant la lecture qu'ils faisaient de la vôtre. Aussitôt ils donnent des ordres à toute leur maison , prennent des chevaux , me commandent de les suivre , et d'attendre leur loisir pour savoir leur réponse. Ils me regardaient froidement et avec indifférence. — Je rencontre ici l'autre messager, dont l'arrivée, si bien accueillie, avait, je le vois, bien empoisonné mon ambassade. C'est ce même coquin qui dernièrement s'est oublié avec tant